La Suisse doit-elle se rapprocher de l’OTAN?

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écrit par Sébastien Lapaire · 18 March 2025 · 0 commentaire

Durant son mandat, la conseillère fédérale centriste Viola Amherd a prôné un rapprochement avec l’OTAN, provoquant un mécontentement à gauche comme à droite. Son départ surprise de l’exécutif rebat les cartes et laisse en suspens l’orientation stratégique du pays dans un contexte mondial instable.

Alors, la Suisse doit-elle se rapprocher de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord? Le Regard Libre a posé la question à deux élus fédéraux.

Charles Juillard

Conseiller aux Etats jurassien Le Centre

OUI. La question est de savoir si la Suisse peut faire face seule à l’évolution rapide et terrible de la situation géopolitique mondiale. Les très nombreux conflits ont changé de configuration et sont devenus interconnectés et mondialisés, n’en déplaise à ceux qui croient que la Suisse n’est pas concernée. Le constat est pourtant implacable: une nouvelle forme de guerre est bel et bien là, en Suisse aussi. Les cyberattaques se multiplient dans le but de déstabiliser les institutions et semer le doute quant à leur capacité à protéger la population. Des sabotages et des actes terroristes sont planifiés aussi contre la Suisse. La souveraineté des Etats est mise à mal. Comment lutter efficacement contre ces actes de guerre, comment les prévenir, comment lutter contre un ennemi invisible ? La seule réponse est la collaboration avec des Etats amis qui partagent nos valeurs et notre vision du monde libre. Oui, la Suisse doit se rapprocher de l’OTAN dans l’intérêt de la sécurité de sa population.

Manfred Bühler

Conseiller national bernois UDC

NON. En tant que pays neutre par excellence, même par définition est-on tenté d’écrire, la Suisse ne doit en aucun cas se rapprocher de l’OTAN et encore moins y adhérer. La prospérité et la crédibilité de la Suisse au plan international reposent sur quelques piliers centraux, dont la neutralité fait partie. Celle-ci serait irrémédiablement écornée par un rapprochement au traité militaire prévoyant une participation obligatoire à un conflit armé intenté contre un quelconque membre de l’alliance. Dans un monde qui sort de plus en plus rapidement de l’ordre américain consécutif à la Seconde Guerre mondiale, la Suisse doit s’adapter à une nouvelle multipolarité et à la fin de la prédominance de l’Occident. La neutralité, reconnue dans le monde entier, constitue un atout majeur pour s’assurer la bienveillance des pays du monde entier, et disposer d’une crédibilité renforcée. En refusant le politiquement correct moralisateur qui domine en Europe, la Suisse tirera son épingle du jeu avec succès.

Vous venez de lire un débat tiré de notre édition papier (Le Regard Libre N°114).
Sébastien Lapaire
Sébastien Lapaire

Correspondant au Palais fédéral pour «L’Agefi», auteur-compositeur-interprète et essayiste, Jonas Follonier est le fondateur et rédacteur en chef du «Regard Libre».

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