Des Moon Shoes aux Spikes, comment Nike a conquis l’Oregon

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écrit par Sébastien Lapaire · 09 September 2022 · 0 commentaire

En 1962, Phil Knight, un ancien grand spécialiste du Mile, rêvait de mettre au point un prototype de chaussures qui permette de courir toujours plus vite et surtout mieux. Il découvre alors deux choses. La première, c’est qu’à cette époque les leaders du marché étaient tous manufacturés au Japon. La seconde, c’est que son ancien entraîneur Bill Bowerman – très reconnu en Oregon – partageait le même rêve. Ainsi, quand Knight s’est associé à Bowerman et qu’il est parvenu à convaincre une grande marque japonaise de revendre une pièce de leur collection aux Etats-Unis, les prémices d’une histoire folle ont été lancées. A cette époque, Nike n’avait pas encore vu le jour, mais l’industrie des chaussures de course était sur le point de connaître un grand chambardement.

C’est toujours un sentiment particulier de poser les pieds dans l’un des magasins fondateurs de Nike. Le local n’est pas très grand, mais reste spacieux. Il est situé dans un angle de rue qui reflète la parure de perfection que dégage la marque à la virgule. On est au croisement entre la 6e Avenue et Pearl Street, dans le downtown d’Eugene, en Oregon. La devanture est rayonnante. Au-devant de la vitrine en verre feuilleté, on aperçoit un véhicule stationné, érigé en monument. Sa couleur rouge resplendit au loin. D’aucuns savent qu’elle est le premier témoin du passé à succès de Nike, dont le logo était souvent floqué sur un fond rouge dans les années 1970 et 1980. On découvre cet espace chaleureux, travaillé et soigné, servant de cour à un paisible lieu de vie. Une allée marchande et un immeuble d’appartements avec cachet, les Gordon Lofts, lui sont d’ailleurs attenants, tous deux protégés par un toit à l’architecture réfléchie.

A l’intérieur, bien sûr, la marchandise de toujours, sweats, shirts et chaussures à pointes, parfaitement dessinées pour la pratique de l’athlétisme. Mais à la différence d’ailleurs, chaque élément présent dans la boutique donne instantanément le sentiment d’appartenir à un tout, provoquant même l’impression de faire corps avec l’histoire à succès débutée en 1967. Et comprenez: si l’on entre avec curiosité dans ce local aéré en cette chaude journée d’été, c’est moins pour compléter une collection personnelle que pour en savoir plus sur un mythe de perfection qui laisse croire aux moins avertis que des chaussures de conception très spéciale puissent mener, par magie, tout bon athlète à casser les plus vieux records du monde qui tiennent encore en athlétisme. On a souhaité en savoir plus sur les Spikes. Mais rien n’est plus difficile, en vrai, de démêler la réalité de la fantaisie pure. On est alors remontés dans les années, au temps de l’innovation zéro – chez Nike.

Il n’a pas fallu feuilleter longtemps le livre d’histoire de la marque Nike que certains considèrent, avec son titre «Irreverence Justified», comme la bible de l’entreprise. La toute première chaussure conçue par la marque, la Moon Shoe, apparaît en page une. Elle était travaillée avec un revêtement de cuir aux teintes brunes. Des lamelles de peau beiges étaient, par-ci, par-là, maculées de taches marron dont certaines se sont sans doute renforcées avec l’âge.

Ces premières chaussures ont été cousues main par l’un des tout premiers employés de Nike, Geoff Hollister. Geoff était un indigène de là-bas, né à Portland dans le courant de l’année 1946. A l’adolescence, il déménage toutefois à Eugene, pour y suivre sa formation à l’Université d’Oregon. Sur place, il est rapidement enrôlé dans l’équipe d’athlètes constituée par Bill Bowerman, l’entraîneur le plus célèbre d’Hayward Field. Hollister s’y était révélé un excellent steeplechaser avant de devenir, avec le temps, l’une des pièces maîtresses de la start-up Nike dans les années 1970.

La vitrine de la plus grande boutique Nike de Portland, dans l’Etat d’Oregon. Dans l’affiche dévoilée, les Nike Waffle de 1974 et ses descendantes. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Portland, OR]
La vitrine de la plus grande boutique Nike de Portland, dans l’Etat d’Oregon. Dans l’affiche dévoilée, les Nike Waffle de 1974 et ses descendantes. © leMultimedia.info / Oreste Di Cristino [Portland, OR]

Lorsque Blue Ribbon Sports – boutique créée par Bill Bowerman et Phil Knight – casse son partenariat avec le groupe japonais Nissho-Iwai et lance sa toute première collection Nike en 1972, la marque nouvellement nommée part à la conquête d’un marché déjà dense sans aucune garantie: celui des chaussures de course. Nike concentre alors ses efforts à la production d’une paire destinée à la très haute performance. Cette année-ci, Geoff Hollister gère ainsi la promotion des premiers prototypes. Dix paires de chaussures à la conception inédite – avec des semelles gaufrées comme l’avait vivement souhaité Bowerman – sont proposées à plusieurs marathoniens en amont des qualifications pour les Jeux Olympiques 1972 à Munich.

Parmi eux, l’espoir américain sur les distances de fond Dave Russell reçoit une paire. Russell, qui finira à une difficile 55e place aux trials américains en vue des JO de Munich, avait été le premier à faire confiance à cette chaussure qui faisait alors office de pionnière. Invité un soir à retirer plusieurs marchandises de la collection Nike dans l’un des locaux aménagés de la marque à Eugene, Russell a tout de suite souhaité devenir l’un des douze propriétaires de ce prototype jugé «exotique». Il surnommera affectueusement la paire quelques semaines plus tard «Moon Shoes», en référence à la marque laissée sur la lune par les astronautes de la mission Apollo 11 en 1969.

Fabriquées avec des tiges de nylon du Japon et des semelles en caoutchouc, ces chaussures avaient été produites de la façon la plus artisanale possible, avec de la colle et du fil de pêche. Au final, ces chaussures n’ont pas mené les athlètes vers leur plus haut niveau de performance, mais les idées jetées sur la conception de cette première paire ont mené Nike vers la confection de chaussures toujours plus profilées pour les courses sur piste. Toutes les chaussures qui sont descendues de leur ancêtre, la Moon Shoe, portaient, elles aussi, une semelle gaufrée. C’est notamment le cas de la Nike Waffle Trainer, commercialisée dès 1974.

Aujourd’hui, la plupart des Moon Shoes de première génération restent introuvables. Seules quelques paires ont retrouvé le chemin de la maison, à Eugene, ville-mère de l’athlétisme aux Etats-Unis et terre natale de Nike. La paire portée par Dave Russell (en photo à la page précédente) est, à ce jour, exposée dans le hall de l’hôtel Graduate situé sur le flanc opposé de la 6e Avenue, après avoir probablement voyagé plusieurs années durant, de propriétaire en propriétaire.

L’ère des Super Spikes

Cinquante ans plus tard, la recherche de la performance chez Nike est restée la même. Les collections ont bien sûr évolué, des équipes d’ingénieurs travaillent spécifiquement sur les possibilités de rendre les paires de chaussures toujours plus adaptées à la pratique du sport de haut niveau. Mais l’esprit de Bill Bowerman, décédé en décembre 1999, et celui de son associé Phil Knight, toujours parmi nous, n’ont jamais disparu. Le savoir-faire de Geoff Hollister, décédé en 2012, est lui aussi resté ancré dans l’histoire de Nike. 

La marque à la virgule a d’ailleurs passé un cap en 2019 en créant, puis en testant auprès de certains de leurs athlètes, des chaussures à pointes. En devenant le tout premier équipementier à produire, puis à populariser de telles moutures, Nike a forcé l’ensemble de ses concurrents, dont Adidas, Puma, New Balance et Saucony, à dessiner leurs propres versions. La nouvelle paire, les Super Spikes, est d’ailleurs réalisée avec une combinaison de matériaux inédite. Elle dispose d’une plaque en carbone rigide sous la semelle et d’une mousse ultra-souple sur le dessus, offrant aux coureurs un regain d’énergie lors de chaque foulée. Concrètement, lorsque l’athlète court, toute l’énergie du corps – qui s’écrasait auparavant dans le sol – remonte dans les jambes, lui donnant ainsi l’impression de bondir sur la piste.

L’élément clef de cette conception réside dans la mousse légère servant de contrecoup entre le pied et la semelle crantée. Autrefois, les mousses n’étaient pas (ou peu) intégrées dans les chaussures de sport, car les anciennes compositions faisaient d’elles des types de mousse beaucoup trop lourds. C’est le cas de notamment des mousses servant pour la pratique de la gymnastique et faites en éthylène-acétate de vinyle. Une semelle fabriquée avec une composition similaire aurait produit l’effet inverse de ce qui était véritablement recherché; tout équipement destiné à la haute compétition était jugé en fonction de sa pesanteur.

C’est alors dans la création d’une mousse ultralégère, mais très résistante – la Pebax – que Nike est parvenu à imposer ses Super Spikes dans les hautes sphères de l’athlétisme. La conception de cette mousse a été réalisée grâce aux connaissances de plusieurs coureurs d’élite et après de nombreuses heures d’analyse biomécanique. La mousse était apparue pour la première fois en 2016 dans les Nike Zoom Vaporfly, les chaussures avec lesquelles le double champion olympique Eliud Kipchoge s’est d’abord rapproché – avant de la pulvériser – de la barrière des deux heures sur marathon en octobre 2019.

Les Super Spikes marquent, aujourd’hui, une évolution certaine vis-à-vis des anciennes Zoom et ZoomX, mais ne constituent pas une révolution pour autant – comme beaucoup se l’imaginent. Elles ne seraient, selon Nike, que le pendant de la Vaporfly pour les courses sur piste. Et pourtant, elles deviennent source de débat, formant des divergences d’opinion intergénérationnelles, mais aussi entre ambassadeurs de marques concurrentes.

Les Super Spikes vues par Karsten Warholm

Dans une précédente interview menée pour l’édition 79 du Regard Libre (novembre 2021), l’actuel détenteur du record du monde du triple-saut depuis 1995, le Britannique Jonathan Edwards, expliquait que l’apparition des Spikes semblait prendre une dimension tout à fait dramatique. «Personne ne peut nier qu’elles se définissent comme une aide à la performance, expliquait-il. Nous sommes entrés dans une dimension où l’équipement que l’on utilise et les composantes de la piste entrent véritablement en ligne de compte, avec les avantages et inconvénients que cela peut engendrer.»

Le Jamaïcain Usain Bolt, actuel détenteur des records du monde sur 100 et 200 mètres, avait quant à lui affirmé dans les colonnes de Reuters que les Super Spikes donnaient aux coureurs actuels un avantage certain sur les anciennes générations. «C’est injuste pour beaucoup d’athlètes», ajoutait-il.

Le champion olympique en titre sur 400 mètres haies, le Norvégien Karsten Warholm (29 ans), avait lui aussi fulminé contre la technologie utilisée dans la fabrication des Super Spikes, comparant les semelles à des trampolines et «formant un danger pour la crédibilité de notre sport», avait-il lâché face aux journalistes à Tokyo en 2021.

Lorsque le Norvégien avait remporté l’or aux JO de Tokyo l’année passée, il avait établi un nouveau record du monde. Le précédent datait d’un peu plus de 29 ans. A ses pieds, il portait la nouvelle gamme de chaussures Evospeed Tokyo Future Faster+ Spikes de Puma, son équipementier. Sur la piste, il avait devancé l’Américain Rai Benjamin qui, lui, portait les Air Zoom Maxfly Super Spikes de Nike. Toutes deux avaient été conçues selon un procédé similaire, avec une plaque en carbone rigide et une mousse ultralégère. Et toutes deux ne pesaient pas plus lourd que 135 grammes.

Afin de contrebalancer la puissance fournie par les Super Spikes de Nike, Puma s’en est alors remis à Warholm et à son entraîneur Leif Olav Alnes qui ont aidé à concevoir le dessin de la nouvelle chaussure. Mieux, la marque s’est aussi appuyée sur l’expertise de l’écurie de Formule 1 Mercedes, dont la connaissance et l’expérience de travail avec des fibres de carbone sont reconnues. «Ce procédé est vraiment unique, avait alors assuré le Norvégien dans la tribune officielle de communication de Formula 1. Le produit final est vraiment parfait – une Spike qui agresse la piste et qui permet de ressentir une bonne propulsion vers l’avant.»

Mais alors, où résident encore les points de friction, si les chaussures de Nike et Puma se valent?

Pour le comprendre, il faut aller chercher un peu plus loin. Peu avant les Jeux olympiques, Nike avait encore ajouté un coussin élastique et souple sur l’avant des semelles permettant à ses Maxfly de conserver encore plus d’énergie. C’est ce que d’aucuns nomment la «Zoom Air Unit», bien sûr brevetée par la marque à la virgule. C’est cette couche supplémentaire sur la plaque en carbone qui anime encore les débats. «Oui, nous avons tous des plaques en carbone, mais nous avons essayé, avec Mercedes et Puma, de la rendre la plus fine possible, parce que c’est comme ça qu’elle doit être», lâchait Warholm, toujours à Tokyo. «Certes, la technologie nous accompagnera toujours, mais elle doit rester à un niveau qui permette encore à tous les athlètes de se valoir sur la piste. Si l’on ajoute des trampolines sous les chaussures, cela ne va plus.»

Avec le recul, onze mois plus tard, Karsten Warholm n’était plus dans le même état d’esprit, ni dans les mêmes conditions physiques. Arrivé à Eugene pour y disputer les championnats du monde, après une blessure contractée quelques mois plus tôt, il n’a pas été en mesure de se porter à la hauteur de la concurrence mondiale. Le 19 juillet dernier, il a terminé à une lourde septième place en finale du 400 mètres haies, laissant ses deux principaux rivaux, le Brésilien Alison Dos Santos et l’Américain Rai Benjamin occuper les deux premières places du podium.

Paradoxalement, face à ses propres difficultés, le Norvégien semble pourtant avoir changé son fusil d’épaule. A demi-mot, alors que Puma avait rendu disponible la toute dernière version de ses pointes en carbone juste avant le début de la compétition à Hayward Field. Les nouvelles Evospeed Nitro Spikes sont de fait encore plus légères et donc plus compétitives. «Les améliorations portées sur les chaussures étendent le champ des possibles, lâchait-il. Nous sommes encore dans une phase de développement. Ma forme actuelle m’apprend aussi que ce n’est pas que la chaussure qui marque une différence vis-à-vis des autres, mais aussi la puissance qu’est capable de fournir l’athlète. Le futur restera marqué par les nouvelles technologies et il faut en prendre acte.»

Un avis également partagé par le nouveau champion du monde de la discipline: «Je crois qu’il faut que nous arrêtions nos simagrées», tranche Alison dos Santos. «La performance n’a rien à voir avec les Spikes, elle n’a rien à voir non plus avec l’uréthane qui compose la piste. Elle a à voir avec le niveau de forme de l’athlète, son degré d’entraînement et son rapport au public. Nous nous entraînons si dur tout au long de l’année qu’il est injuste d’imputer un résultat aux seules chaussures. Un jour, un homme passera sous la barre des 45 secondes sur 400 mètres haies parce qu’il aura démontré son potentiel. Et peut-être qu’une nouvelle technologie l’aura aidé dans son effort. C’est la vie et c’est juste ainsi.»

En quelques années, Nike a ainsi réussi à faire quelque chose de grand: mettre de grands athlètes d’accord sur la place de la technologie dans le sport. Si bien que la magie des Super Spikes est aujourd’hui répandue jusqu’en Suisse. La plupart des athlètes du pays profitent désormais de pointes en carbone. Certes, tous ne sont pas affiliés à Nike, mais tous n’omettent pas le regain de puissance imputé aux recherches et aux analyses biomécaniques entamées par Nike en 2019. 

«Just Do It»

«Beaucoup de professionnels pensent que les dirigeants de Nike ne sont pas opposés à la controverse, parce que cela fait parler d’eux», écrivait Tracy Carbasho dans son livre Nike, Corporations That Changed the World. «Mais je pense que la marque détient un arsenal puissant de technologies innovantes, de produits de qualité et surtout d’un crédit de publicité si dynamique qu’ils n’ont pas besoin d’envahir l’espace pour être reconnus comme une grande marque.» En somme, Nike est déjà connu pour ce qu’ils sont. Cette impression, traduite ici par Carbasho, est largement partagée à Eugene, où l’on accorde à l’entreprise une crédibilité bien au-delà de la sphère sportive.

Nike est élevé à un rang de considération qui n’a jamais été contesté en Oregon, puis dans l’ensemble des Etats-Unis. Leur slogan «Just Do It» n’est pas un simple produit de communication, mais avant tout une philosophie de vie basée sur la persévérance et la résilience. Le slogan descend d’ailleurs de la célèbre phrase prononcée un jour par Bill Bowerman: «Si tu as un corps, tu es un athlète.»

«La phrase a immédiatement eu un effet positif sur plusieurs millions de personnes à travers le monde, se sentant d’un coup rapides, agiles et aussi puissantes que les athlètes portant des produits dérivés Nike», écrivait Carbasho. Entre les lignes, comprenez que tout est toujours possible. Lorsque Bill Bowerman réfléchissait déjà à la manière la plus simple de parvenir à créer des chaussures rapides et à moindre coût, son futur associé Phil Knight engageait, lui aussi, mais seul dans son coin, en 1962, des recherches tirées de sa propre expérience d’athlète afin de réaliser des chaussures qui puissent servir la performance sportive.

Knight avait même écrit un article expliquant comment des chaussures manufacturées au Japon, à bas coût et très performantes, étaient sur le point de faire basculer la domination de manufacturiers allemands sur les marchés américains. Inspiré par le Japon, il avait envoyé plusieurs lettres en direction de ce pays pour tenter de comprendre les dessous de la fabrication de l’industrie japonaise et leur proposer ainsi un contrat de partenariat.

Concrètement, Knight souhaitait être le revendeur d’une des marques dominantes au Japon. Las de n’avoir reçu aucune réponse en retour, il n’a pourtant jamais lâché l’affaire. Jusqu’au jour où, se rapprochant de Bowerman, il finit par obtenir l’accord de l’entreprise Onitsuka Tiger. Ensemble, ils fondent Blue Ribbon Sports (ancêtre de Nike) et revendent, en seulement trois semaines, une première salve de 300 paires. Performantes et abordables, les Onitsuka Tiger – dont une paire fut littéralement disséquée et étudiée à la loupe par Bowerman – ont alors servi de modèle à suivre, dessinant ainsi les prémices de la grande industrie Nike. «Si vous demandez à quiconque aux Etats-Unis de raconter en quelques mots l’histoire de Nike, tout le monde sera sans doute en mesure de vous citer les noms de Bowerman et Knight», concluait Tracy Carbasho. Nike a ainsi conquis l’Oregon, l’Amérique et le restant du monde à la fois grâce à son savoir-faire, mais probablement aussi grâce à son savoir-être.

Ecrire à l’auteur: yves.dicristino@leregardlibre.com

Sébastien Lapaire
Sébastien Lapaire

Correspondant au Palais fédéral pour «L’Agefi», auteur-compositeur-interprète et essayiste, Jonas Follonier est le fondateur et rédacteur en chef du «Regard Libre».

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