{"id":526792,"date":"2025-02-25T20:04:31","date_gmt":"2025-02-25T19:04:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=526792"},"modified":"2025-02-25T20:04:31","modified_gmt":"2025-02-25T19:04:31","slug":"entrepreneurs-parlement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/suisse\/entrepreneurs-parlement\/","title":{"rendered":"La d\u00e9sertion de l\u2019entrepreneur des Chambres parlementaires"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Les grands entrepreneurs ont particip\u00e9 directement \u00e0 la construction de l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral n\u00e9 en 1848. Ces figures de l\u2019\u00e9conomie se sont ensuite faites plus rares, c\u00e9dant souvent la place aux dirigeants d\u2019associations patronales. Une \u00e9volution qui a laiss\u00e9 des traces.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Les chefs d\u2019entreprise ne sont pas l\u00e9gion sous la Coupole f\u00e9d\u00e9rale. La duret\u00e9 de la vie \u00e9conomique, la n\u00e9cessaire conqu\u00eate de nouveaux march\u00e9s, parfois lointains, l\u2019accumulation des normes techniques ont de quoi freiner les ardeurs politiques des entrepreneurs, condamn\u00e9s \u00e0 vouer tout leur temps \u00e0 leurs soci\u00e9t\u00e9s. Les patrons de groupes importants ont fini par d\u00e9serter les trav\u00e9es des parlements, d\u2019autant qu\u2019elles sont d\u00e9sormais priv\u00e9es du prestige que les fonctions publiques offraient autrefois.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on rep\u00e8re encore de ces figures dans les couloirs de la Berne f\u00e9d\u00e9rale, les derniers repr\u00e9sentants d\u2019une entreprise jouant un r\u00f4le de leader sur la place \u00e9conomique de notre pays furent le PLR Johann Schneider-Ammann, conseiller f\u00e9d\u00e9ral de 2010 \u00e0 2018, et les UDC Peter Spuhler, jusqu\u2019en 2012, Christoph Blocher, en 2014, ainsi que la fille de ce dernier, Magdalena Martello-Blocher, encore en fonction \u00e0 la Chambre basse, \u00e0 laquelle s\u2019est ajout\u00e9e aux derni\u00e8res \u00e9lections l\u00e9gislatives le conseiller national PLR soleurois Simon Michel. Il n\u2019en a pas toujours \u00e9t\u00e9 ainsi.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-les-entrepreneurs-au-berceau-du-jeune-etat-federal\">Les entrepreneurs au berceau du jeune Etat f\u00e9d\u00e9ral<\/h3>\n\n\n\n<p>La Suisse moderne qui sort de la Constitution f\u00e9d\u00e9rale de 1848 a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e en grande partie par de grands entrepreneurs. Certains ajouteraient imm\u00e9diatement qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 aussi construite pour eux. Ce n\u2019est pas totalement faux, bien que pareille affirmation doive \u00eatre nuanc\u00e9e. Les entrepreneurs, dans une application bien comprise du syst\u00e8me de milice, ont particip\u00e9 activement \u00e0 la mise en place du jeune Etat f\u00e9d\u00e9ral. Ils ont donn\u00e9 ses contours \u00e0 la Suisse lib\u00e9rale dont ses g\u00e9niteurs souhaitaient, dans la conviction, largement partag\u00e9e parmi les radicaux vainqueurs du Sonderbund, que seul un Etat f\u00e9d\u00e9ral \u00abl\u00e9ger\u00bb pourrait favoriser l\u2019essor d\u2019une Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e9prise des valeurs individualistes et f\u00e9d\u00e9ralistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que le r\u00e9seau ferroviaire suisse pi\u00e9tinait avant 1848, c\u2019est le Zurichois Alfred Escher qui donna le coup d\u2019envoi de son \u00e9dification. La loi qu\u2019il fit voter par les Chambres f\u00e9d\u00e9rales en 1852 \u00e9tablit un compromis entre l\u2019\u00e9conomie priv\u00e9e, qu\u2019il d\u00e9fendait avec les radicaux romands \u00e9tatistes mais hostiles au centralisme, et le Bernois Jakob St\u00e4mpfli, partisan d\u2019un r\u00e9seau conduit et g\u00e9r\u00e9 par l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral. Des compagnies furent fond\u00e9es, drainant les fonds colossaux n\u00e9cessaires \u00e0 la construction des lignes, elles-m\u00eames d\u00e9pendantes de concessions d\u00e9livr\u00e9es par les cantons. En quelques ann\u00e9es, adoss\u00e9e \u00e0 un r\u00e9seau d\u00e9sormais extr\u00eamement dense, la Suisse rattrapa son retard sur les autres pays, puis les d\u00e9passa.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps, ce sont des banquiers b\u00e2lois comme Achilles Bischoff qui aid\u00e8rent le Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 organiser sa politique mon\u00e9taire. Globalement, les capitaines d\u2019industrie suisses furent fortement repr\u00e9sent\u00e9s aux Chambres, favoris\u00e9s par un syst\u00e8me \u00e9lectoral majoritaire lib\u00e9r\u00e9 de toute \u00abmauvaise\u00bb surprise, et allaient fonctionner comme conseillers d\u2019un Conseil f\u00e9d\u00e9ral \u00e9paul\u00e9 par une administration lymphatique. Non que cette situation n\u2019ait pas engendr\u00e9 de s\u00e9rieux probl\u00e8mes. Patron de la compagnie du Nord-Est, fondateur de Credit Suisse et de la Rentenanstalt, \u00e0 l\u2019origine de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Zurich (EPFZ) fournisseuse des ing\u00e9nieurs dont le rail a besoin, Escher se trouva au centre d\u2019une machine politique et \u00e9conomique redoutable, qui acquit une position de force \u00e0 Berne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses amis industriels et banquiers, souvent li\u00e9s aux int\u00e9r\u00eats ferroviaires, ne furent pas surnomm\u00e9s par hasard les \u00abbarons du rail\u00bb. Tenant dans leur toile plus de la moiti\u00e9 des parlementaires, s\u00e9par\u00e9s des radicaux \u00abhistoriques\u00bb et d\u00e9sormais organis\u00e9s en un centre lib\u00e9ral, ils eurent un poids d\u00e9cisif lors des \u00e9lections des sept Sages. Ce qui finit par provoquer l\u2019ire des autres composantes du radicalisme h\u00e9g\u00e9monique. Les radicaux romands rompirent leur alliance avec eux en 1855 et c\u2019est notamment contre les amis d\u2019Escher que se forma, en Suisse septentrionale, le mouvement d\u00e9mocrate dans les ann\u00e9es 1860. Celui-ci s\u2019imposa en Zurich en 1869. N\u00e9anmoins, d\u00e8s cette \u00e9poque, alors que les hommes de l\u2019\u00e9conomie \u00e9taient encore nombreux aux Chambres, les collaborations entre l\u2019\u00e9conomie et les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales emprunt\u00e8rent d\u2019autres voies.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-l-apparition-des-faitieres-economiques\">L\u2019apparition des fa\u00eeti\u00e8res \u00e9conomiques<\/h3>\n\n\n\n<p>En 1870 naquit l\u2019Union suisse du commerce et de l\u2019industrie, connue sous le nom de Vorort, puis l\u2019artisanat et les petites entreprises s\u2019organis\u00e8rent \u00e0 leur tour, sept ans plus tard, sous la d\u00e9nomination de l\u2019Union suisse des arts et m\u00e9tiers (USAM). L\u2019introduction du r\u00e9f\u00e9rendum l\u00e9gislatif facultatif dans la Constitution f\u00e9d\u00e9rale en 1874 allait bient\u00f4t transformer le r\u00f4le des milieux \u00e9conomiques, mais graduellement. Pour lors, les conflits politiques \u00e9taient encore marqu\u00e9s par la haine que se vouaient conservateurs catholiques et radicaux la\u00efques, avec le Centre lib\u00e9ral comme arbitre. Dans ce contexte, le Vorort livrait expertises et statistiques au Conseil f\u00e9d\u00e9ral et, avec ses dirigeants, dont Konrad Cramer-Frey, soutenait le gouvernement notamment dans les n\u00e9gociations relatives aux accords commerciaux, dans une ambiance de plus en plus protectionniste, stimul\u00e9e, depuis 1873, par une crise \u00e9conomique tenace. Le Conseil f\u00e9d\u00e9ral cr\u00e9a un secr\u00e9tariat ouvrier, \u00e0 un moment o\u00f9 la question sociale, avec gr\u00e8ves \u00e0 l\u2019appui, prenait le dessus sur la question religieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre la fin du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et le d\u00e9but du si\u00e8cle suivant se dessina ainsi une tendance qui allait s\u2019\u00e9panouir pleinement apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Laissant au Vorort les questions relevant des questions g\u00e9n\u00e9rales de l\u2019\u00e9conomie, comme l\u2019\u00e9nergie ou les politique commerciale, le monde patronal renfor\u00e7a son organisation avec la cr\u00e9ation, en 1908, de l\u2019Union centrale des associations patronales suisses (UCAPS), sous les auspices du grand industriel Eduard Sulzer-Ziegler, aux ambitions sociales affich\u00e9es, mais farouchement antisyndicaliste. C\u2019est ce que l\u2019on appellera la \u00abVerwirtschaftlichung\u00bb de la politique, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019affirmation d\u00e9finitive de la question \u00e9conomique. Elle fut attis\u00e9e, d\u00e8s 1918, par le marasme caus\u00e9 par la guerre, par la traumatisante victoire des bolch\u00e9viques en Russie et par les questions existentielles que commen\u00e7ait \u00e0 se poser une bourgeoisie d\u00e9stabilis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce climat morose, sur le plan tant politique qu\u2019\u00e9conomique, les milieux entrepreneuriaux s\u2019autonomis\u00e8rent de la vie politique. Ils agirent d\u00e9sormais par le biais de leurs organisations patronales, en appui de parlementaires relais, ou devinrent des interlocuteurs directs du Conseil f\u00e9d\u00e9ral. S\u2019ils soutinrent les partis bourgeois dans leur combat comme l\u2019initiative dite de crise lanc\u00e9e par la gauche, grosse d\u2019un riche dispositif d\u2019interventions \u00e9tatiques dans l\u2019\u00e9conomie, mais rejet\u00e9e de peu en 1936, ils jou\u00e8rent un r\u00f4le central dans l\u2019\u00e9laboration de la \u00abPaix du travail\u00bb, sign\u00e9e l\u2019ann\u00e9e suivante \u2013 certes dans un premier temps \u00e0 leur corps d\u00e9fendant.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la crise \u00e9conomique mondiale qui s\u2019intensifia \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 en Suisse, les syndicats, qui avaient cong\u00e9di\u00e9 les vell\u00e9it\u00e9s r\u00e9volutionnaires du parti socialiste, approch\u00e8rent l\u2019association des industries de machines et de l\u2019horlogerie en leur proposant un arrangement destin\u00e9 \u00e0 stabiliser la vie \u00e9conomique et sociale du pays, harcel\u00e9 par la crise.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-la-paix-du-travail-et-ses-effets\">La Paix du travail et ses effets<\/h3>\n\n\n\n<p>D\u2019abord r\u00e9ticent \u00e0 pactiser avec le \u00abdiable\u00bb syndicaliste, le patronat de l\u2019horlogerie se fit forcer la main par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral, qui brandit la menace de se m\u00ealer directement du dialogue social. La \u00abPaix du travail\u00bb \u00e9tait n\u00e9e. Elle repoussa la gr\u00e8ve comme recours ultime en cas de conflit du travail, avant de stimuler l\u2019essor des conventions collectives apr\u00e8s 1945. C\u2019est \u00e0 partir de cette date que le r\u00f4le des organisations \u00e9conomiques dans les processus de la d\u00e9mocratie directe se d\u00e9veloppa v\u00e9ritablement. Elles \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 largement consult\u00e9es sur les projets de loi, mais leur fonction centrale dans leur \u00e9laboration fut officialis\u00e9, et syst\u00e9matis\u00e9, en 1947, ann\u00e9e o\u00f9 non seulement le peuple suisse adopta l\u2019assurance vieillesse et survivants (AVS), pilier de l\u2019Etat providence \u00e0 la mode helv\u00e9tique, mais aussi les articles \u00e9conomiques de la Constitution. En plus d\u2019approuver une s\u00e9rie d\u2019interventions \u00e9tatiques dans certains domaines, ces derniers valid\u00e8rent l\u2019obligation de consulter patronat et syndicats dans le cadre de proc\u00e9dures de consultation cens\u00e9es \u00e9galement limiter le risque de r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le monde \u00e9conomique ne brisa ses liens avec l\u2019ar\u00e8ne parlementaire. Ils chang\u00e8rent toutefois de nature. Les entrepreneurs, surtout petits, ne disparurent pas m\u00eame si l\u2019\u00e9conomie fut surtout repr\u00e9sent\u00e9e par des membres de conseils d\u2019administration n\u2019ayant pas forc\u00e9ment \u0153uvr\u00e9 comme chefs d\u2019entreprise proprement dits. D\u00e9buta l\u2019\u00e8re des avocats d\u2019affaires, qui brill\u00e8rent par leur art d\u2019exhiber la liste de leurs mandats d\u2019administrateurs, comme Leporello d\u00e9roule le catalogue des ma\u00eetresses de son ma\u00eetre Don Giovanni ou, vu la provenance de certains d\u2019entre eux, comme des croyants \u00e9grainent leur chapelet.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le s\u2019amor\u00e7a \u00e9galement l\u2019\u00e8re des permanents d\u2019associations professionnelles, qui accompagn\u00e8rent les derniers journalistes parlementaires, comme Willy Bretscher, r\u00e9dacteur en chef de la <em>NZZ<\/em>. Il y en avait d\u00e9j\u00e0 eu, comme le directeur du Vorort Alfred Frey \u00e0 la fin de XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Ernst Wetter, \u00e9lu conseiller f\u00e9d\u00e9ral en 1940, ou encore Walther Stampfli, directeur de l\u2019association industrielle du canton de Soleure et \u00abp\u00e8re\u00bb de l\u2019AVS. Mais la tendance se g\u00e9n\u00e9ralisa.<\/p>\n\n\n\n<p>Otto Fischer fut conseiller national bernois et directeur de l\u2019Union suisse des arts et m\u00e9tiers. Membre de l\u2019aile droite des radicaux, il fit alliance en 1987 avec Christoph Blocher contre l\u2019Organisation des Nations unies (ONU). On peut aussi rep\u00e9rer Richard Reich, directeur de la Soci\u00e9t\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie suisse (SDES) fond\u00e9e en 1943 et \u00abbras arm\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie\u00bb, Heinz Allenspach, directeur de l\u2019UCAPS, et Pierre Triponez d\u00e8s 2000, directeur de l\u2019USAM.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette organisation a progressivement ressenti un plus grand besoin de proximit\u00e9 du Parlement et pris soin de choisir syst\u00e9matiquement ses pr\u00e9sidents dans cette enceinte. Et les derniers entrepreneurs encore pr\u00e9sents \u00e0 Berne ne se consid\u00e8rent pas comme les h\u00e9ritiers de leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Ainsi, si Blocher, comme les autres, poursuivit ses int\u00e9r\u00eats, il n\u2019eut gu\u00e8re l\u2019habitude de se mettre au service du gouvernement. Il en fut au contraire l\u2019un des adversaires les plus virulents. Son parti tendit cependant, malgr\u00e9 ses propres contradictions li\u00e9es \u00e0 son combat isolationniste, \u00e0 se substituer aux radicaux comme repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats des entreprises.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-une-evolution-pernicieuse\">Une \u00e9volution pernicieuse<\/h3>\n\n\n\n<p>Cette pr\u00e9sence de plus en plus marginale des entrepreneurs au fa\u00eete de la politique est r\u00e9v\u00e9latrice d\u2019une \u00e9volution qui n\u2019est pas sans poser de vrais probl\u00e8mes. Non que la monopolisation des si\u00e8ges par les \u00abbarons du rail\u00bb, anciens ou modernes, se soit toujours pass\u00e9e sans accrocs. Les risques de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats n\u2019ont pas toujours pu \u00eatre \u00e9limin\u00e9s. Mais leur absence refl\u00e8te surtout la grande mutation \u00e0 l\u2019\u0153uvre depuis les ann\u00e9es 1990 \u00e0 la t\u00eate des grandes entreprises. Certes, les exigences du temps absorbent toute leur \u00e9nergie. N\u00e9anmoins, on voit alors fleurir une g\u00e9n\u00e9ration de \u00abCEO\u00bb souvent de culture anglo-saxonne et pas toujours au fait des m\u0153urs politiques suisses relativement consensuelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Un ph\u00e9nom\u00e8ne analogue s\u2019observe dans les syndicats, parfois anim\u00e9s par des <em>leaders<\/em> form\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise, gu\u00e8re r\u00e9put\u00e9e pour sa mod\u00e9ration. Ces d\u00e9veloppements doivent attirer notre vigilance. La pr\u00e9sence de grands patrons au Parlement a le m\u00e9rite de mieux faire comprendre leur r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 un monde politique qui a tendance \u00e0 vivre pour lui-m\u00eame et, si l\u2019on tire un bilan historique, on constate qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t b\u00e9n\u00e9fique au pays. Dans ce sens, la fusion entre le Vorort et la SDES, en 2000, a particip\u00e9 d\u2019un \u00e9loignement possiblement regrettable entre les deux sph\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Olivier Meuwly<\/strong> est historien. Sp\u00e9cialiste du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle helv\u00e9tique, il est l\u2019auteur de nombreux essais sur la d\u00e9mocratie directe, le lib\u00e9ralisme et les partis politiques suisses.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-vous-venez-de-lire-une-analyse-en-libre-acces-tiree-de-notre-operation-esprit-entrepreneurial-et-contenue-dans-notre-supplement-vive-l-esprit-d-entreprise-le-regard-libre-hors-serie-n-5\">Vous venez de lire une analyse en libre acc\u00e8s, tir\u00e9e de notre op\u00e9ration <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/esprit-entrepreneurial\/\">\u00abEsprit entrepreneurial\u00bb<\/a> et contenue dans notre suppl\u00e9ment \u00abVive l\u2019esprit d\u2019entreprise!\u00bb (<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cpt-editions\/hors-serie-5-esprit-entrepreneurial\/\"><em>Le Regard Libre\u00a0<\/em>hors s\u00e9rie N\u00b05<\/a>).<\/h6>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les grands entrepreneurs ont particip\u00e9 directement \u00e0 la construction de l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral n\u00e9 en 1848. Ces figures de l\u2019\u00e9conomie se sont ensuite faites plus rares, c\u00e9dant souvent la place aux dirigeants d\u2019associations patronales. Une \u00e9volution qui a laiss\u00e9 des traces.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":526799,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[105],"tags":[36,1113,1114,695,727],"class_list":["post-526792","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-suisse","tag-analyses","tag-entreprises","tag-esprit-entrepreneurial","tag-parlement","tag-patronat"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526792","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=526792"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526792\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=526792"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=526792"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=526792"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}