{"id":526766,"date":"2025-02-25T20:04:50","date_gmt":"2025-02-25T19:04:50","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=526766"},"modified":"2025-02-25T20:04:50","modified_gmt":"2025-02-25T19:04:50","slug":"caran-dache-interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/economie\/caran-dache-interview\/","title":{"rendered":"\u00abJongler entre tradition et innovation est un d\u00e9fi permanent\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Fond\u00e9e en 1915 \u00e0 Gen\u00e8ve, Caran d\u2019Ache \u2013&nbsp;\u00abcrayon\u00bb en russe&nbsp;\u2013 fait partie du patrimoine culturel du pays. Carole Hubscher, pr\u00e9sidente du conseil d\u2019administration et visage de la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 la t\u00eate de l\u2019entreprise, nous livre quelques secrets de fabrication.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Fief de Caran d\u2019Ache depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es&nbsp;1970, Th\u00f4nex est devenue une sorte de capitale du crayon. En arrivant sur place, le voyageur aper\u00e7oit une plume m\u00e9tallique g\u00e9ante qui d\u00e9core un arr\u00eat de tram. Plus loin, un crayon rouge tr\u00f4ne fi\u00e8rement \u00e0 l\u2019entr\u00e9e qui m\u00e8ne au b\u00e2timent principal de l\u2019entreprise. C\u2019est derri\u00e8re ces murs, et non dans un pays lointain, que sont fabriqu\u00e9s les crayons et stylos qui marquent tant les enfants du pays. Et ceux qui ont su le rester. Une fois la porte franchie, on assiste \u00e0 un savant m\u00e9lange de travail industriel et manuel. Un parfait r\u00e9sum\u00e9 des d\u00e9fis de l\u2019entreprise, qui doit \u00e9crire son futur entre histoire et modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le Regard Libre<\/em>: Quand je pense \u00e0 Caran d\u2019Ache, j\u2019ai d\u2019abord des souvenirs de mon enfance et de vos vitrines dans certaines gares. Cet imaginaire est-il r\u00e9pandu?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Carole Hubscher: Les vitrines dans les gares avec les automates de Caran d\u2019Ache \u2013 les oursons, h\u00e9rissons et autres figurines \u2013 sont un sujet passionnant et r\u00e9sonnent dans le c\u0153ur des Suisses. Malheureusement, en raison de travaux, la vitrine de la gare de Berne s\u2019appr\u00eate \u00e0 dispara\u00eetre quelque temps. A l\u2019interne, ceux qui trouvent que ce moyen d\u2019atteindre le public est devenu quelque peu d\u00e9suet avec le temps sont presque toujours ceux qui n\u2019ont pas eu la chance d\u2019avoir cette madeleine de Proust \u00e9tant enfant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une fois adulte, cet enfant nostalgique reste-t-il un client Caran d\u2019Ache?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne savons pas si nos clients les plus fid\u00e8les sont aussi ceux qui croisent nos vitrines dans les gares ou se sont servis de nos crayons \u00e9tant enfants. Caran d\u2019Ache est souvent per\u00e7ue comme une <em>love&nbsp;brand<\/em>. Chez certains jeunes adultes, ce lien avec l\u2019enfance pourrait aussi \u00eatre un frein: quelques artistes en \u00e9cole d\u2019art lient en effet les Caran d\u2019Ache \u00e0 leur enfance et souhaitent \u00e9galement tester d\u2019autres produits. Toutefois, quand ils utilisent nos gammes pour les artistes, ils finissent presque toujours par se rendre compte que la qualit\u00e9 de nos produits est irrempla\u00e7able.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce que ces souvenirs positifs vous aident \u00e0 convaincre les gens de venir travailler pour vous?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je parle souvent de la famille Caran d\u2019Ache. Il ne faut jamais oublier que nous sommes une entreprise \u00e0 taille humaine, avec environ 300&nbsp;salari\u00e9s. Nous nous connaissons tous et l\u2019ambiance g\u00e9n\u00e9rale est tr\u00e8s bonne. Aussi parce que les gens qui travaillent ici ont l\u2019impression que ce qu\u2019ils font \u00e0 du sens. Quand quelqu\u2019un dit qu\u2019il travaille pour notre manufacture, les gens ont en g\u00e9n\u00e9ral une r\u00e9action sympathique. Car tout le monde poss\u00e8de une histoire avec la marque. Au fond, Caran d\u2019Ache appartient un peu \u00e0 tous les Suisses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce lien existe-t-il \u00e9galement en Suisse allemande?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Partout dans le pays, les gens s\u2019identifient \u00e0 nos produits. Cependant, ce lien est un peu moins fort de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Sarine. En plus de la barri\u00e8re de la langue, l\u2019influence de l\u2019Allemagne et ses crayons n\u2019est pas n\u00e9gligeable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous incarnez la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 la t\u00eate de l\u2019entreprise. Comment envisagez-vous la succession?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La prochaine g\u00e9n\u00e9ration est encore jeune. Mais nous organisons r\u00e9guli\u00e8rement des rencontres \u00e0 la manufacture, durant lesquelles un employ\u00e9 explique son m\u00e9tier et son savoir-faire. Notre but est que la prochaine g\u00e9n\u00e9ration apprenne \u00e0 mieux les conna\u00eetre et qu\u2019ils comprennent bien de quoi il s\u2019agit. Etre une entreprise familiale est une chance, mais aussi une responsabilit\u00e9 qui peut faire peur. Alors nous sommes l\u00e0 pour les rassurer en leur disant qu\u2019ils sont libres de faire les \u00e9tudes et les carri\u00e8res qu\u2019ils veulent. Mais que Caran d\u2019Ache est aussi une option pour eux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous-m\u00eame, avant de reprendre les reines, vous avez voulu voir autre chose.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s mes \u00e9tudes \u00e0 l\u2019\u00e9cole h\u00f4teli\u00e8re, je voulais vivre une exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. J\u2019ai donc travaill\u00e9 quelque temps pour le distributeur de Caran d\u2019Ache aux Etats-Unis. Ensuite, j\u2019ai souhait\u00e9 d\u00e9couvrir d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s. Ma famille m\u2019a encourag\u00e9 dans ce choix, sans me mettre de pression particuli\u00e8re. J\u2019ai pu travailler pour Swatch Group, qui est \u00e9galement une marque forte. Puis, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 active dans le <em>branding<\/em>, avec diff\u00e9rentes entreprises qui voulaient renforcer ou moderniser leur marque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce travail \u00e9tait-il \u00e9galement n\u00e9cessaire pour Caran d\u2019Ache \u00e0 votre retour en 2012?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Non, l\u2019image de marque de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait coh\u00e9rente avec sa r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Tout r\u00e9volutionner n\u2019aurait servi \u00e0 rien, car l\u2019entreprise fonctionnait bien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Savoir g\u00e9rer votre histoire sans manquer une \u00e9volution n\u2019a rien d\u2019\u00e9vident.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jongler entre tradition et innovation est un d\u00e9fi permanent. Avec internet, nous avons pu renforcer nos contacts avec des artistes. Ils nous permettent de rester agiles et anticiper les tendances. Nous collaborons aussi avec eux en amont du lancement d\u2019un nouveau produit. Ils utilisent nos articles et nous prodiguent des conseils d\u2019am\u00e9lioration, ce qui est extr\u00eamement pr\u00e9cieux. Par ailleurs, nous tentons de cultiver une culture d\u2019entreprise innovante \u00e0 l\u2019interne. Ainsi, chaque nouvel employ\u00e9 peut remplir un \u00abrapport d\u2019\u00e9tonnement\u00bb apr\u00e8s ses premi\u00e8res semaines de travail. Avec des yeux neufs, on per\u00e7oit parfois des choses \u00e0 changer que d\u2019autres ne voient plus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au fond, ce risque de d\u00e9su\u00e9tude n\u2019est-il pas un d\u00e9fi g\u00e9n\u00e9ral pour une entreprise de produits d\u2019\u00e9criture, \u00e0 l\u2019\u00e8re du num\u00e9rique?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le num\u00e9rique pourrait \u00eatre vu comme un de nos \u00abconcurrents\u00bb. Mais plut\u00f4t indirect. Le dessin et l\u2019\u00e9criture restent les outils pour exprimer sa cr\u00e9ativit\u00e9 aujourd\u2019hui. Quand un architecte dessine ses premiers dessins, il ne va pas le faire \u00e0 l\u2019ordinateur. Car son exp\u00e9rience serait compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Caran d\u2019Ache offre cette possibilit\u00e9 d\u2019une cr\u00e9ativit\u00e9 personnelle. De leur c\u00f4t\u00e9, l\u2019informatique et les outils num\u00e9riques sont davantage des outils de productivit\u00e9. Je ne connais personne qui n\u2019ait pas un crayon ou un stylo sur son bureau. Nous en avons tous un pour vite r\u00e9diger une note ou laisser une trace de quelque chose qui nous passe par la t\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce vraiment le cas chez les jeunes? Si les \u00e9coles primaires passent au num\u00e9rique en classe, le rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture dispara\u00eet.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des essais ont eu lieu dans ce sens, oui, mais ils sont peu concluants. L\u2019apprentissage de l\u2019\u00e9criture est important pour le d\u00e9veloppement de l\u2019enfant. Certaines \u00e9tudes montrent que les jeunes qui prennent des notes \u00e0 la main retiennent beaucoup mieux que ceux qui tapent directement sur l\u2019ordinateur. Ecrire \u00e0 la main est plus lent, donc on doit se limiter \u00e0 l\u2019essentiel et hi\u00e9rarchiser les choses. Ce qui fait que l\u2019\u00e9coute est bien plus r\u00e9fl\u00e9chie. N\u00e9anmoins, il est vrai que lorsqu\u2019on regarde de vieux documents, on voit que l\u2019\u00e9criture \u00e9volue: les lettres ne sont plus aussi bien form\u00e9es qu\u2019avant. Aujourd\u2019hui, les gens \u00e9crivent en g\u00e9n\u00e9ral de fa\u00e7on plus rapide.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/still_supracolor_arnaud-childeric-studio-kalice_03.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/still_supracolor_arnaud-childeric-studio-kalice_03-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-526775\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Caran d\u2019Ache utilise du bois californien pour ses crayons. Ce mat\u00e9riau a notamment moins de n\u0153uds que le bois suisse. Photo: Arnaud Child\u00e9ric \/ Studio-Kalice<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce que cette transformation de l\u2019\u00e9criture s\u2019observe partout dans le monde?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En Asie, l\u2019\u00e9criture reste tr\u00e8s fine et \u00e9l\u00e9gante. Les gens \u00e9crivent encore beaucoup \u00e0 la main au quotidien. Aussi les plus jeunes, qui sont toujours nombreux dans les magasins qui accueillent nos produits l\u00e0-bas. Aux Etats-Unis, les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations ont une \u00e9criture qui est plus enfantine. En Europe, les enfants apprennent encore \u00e0 \u00e9crire en \u00e9criture cursive \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le num\u00e9rique vous permet \u00e9galement de vous adresser directement \u00e0 votre public, sans passer par des interm\u00e9diaires comme les papeteries. En quoi cela a-t-il marqu\u00e9 une r\u00e9volution pour vous?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Caran d\u2019Ache \u00e9tait la premi\u00e8re entreprise du secteur \u00e0 se lancer dans le e-commerce. Le fait que nous puissions avoir un contact direct avec notre communaut\u00e9 de clients a \u00e9t\u00e9 formidable pour nous. Nous restons une modeste PME, avec des moyens qui sont diff\u00e9rents de ceux des grands groupes qui peuvent se permettre de s\u2019offrir des pages de publicit\u00e9 \u00e0 n\u2019en plus finir dans les journaux. Ce n\u2019est pas notre cas. Avec le num\u00e9rique, vous avez un retour plus pr\u00e9cis de votre public. Avant, c\u2019\u00e9tait toujours indirect, \u00e0 travers des diffuseurs ou des papeteries. De m\u00eame quand vous faisiez des campagnes de publicit\u00e9. Vous n\u2019aviez pas vraiment d\u2019\u00e9change direct avec les clients et peu de possibilit\u00e9s de tenir compte de leurs retours. D\u00e9sormais, les nombreux commentaires en ligne nous permettent de mieux comprendre pourquoi certains produits fonctionnent si bien et ce qu\u2019il reste encore \u00e0 am\u00e9liorer pour les autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On vous reproche sans doute souvent le prix de vos produits.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fabriquer nos crayons et stylos en Suisse fait qu\u2019ils ont un certain prix, celui de la qualit\u00e9. Nos tarifs restent comp\u00e9titifs avec ceux de nos concurrents qui sont dans le m\u00eame positionnement <em>premium<\/em>. En revanche, il y a \u00e9norm\u00e9ment de produits de notre secteur qui sont aujourd\u2019hui fabriqu\u00e9s en Chine. Le niveau de prix de ce genre de marchandise est difficile \u00e0 concurrencer. Mais nous nous adressons \u00e0 un public diff\u00e9rent, qui a de hautes exigences en termes de qualit\u00e9 et de durabilit\u00e9. C\u2019est notre promesse, qui nous oblige \u00e0 \u00eatre intransigeants, quitte \u00e0 parfois retarder la sortie d\u2019un nouveau produit ou \u00e0 y renoncer s\u2019il n\u2019est pas \u00e0 la hauteur. Finalement, sur le long terme, la qualit\u00e9 co\u00fbte infiniment moins cher au client, car le produit dure plus longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>En 1928, Arnold Schweitzer, figure historique de Caran d\u2019Ache, recevait d\u00e9j\u00e0 le courrier d\u2019un client qui lui assurait avoir r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9crire 87&rsquo;367&nbsp;mots avec un seul de vos crayons.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Schweitzer \u00e9tait un vrai g\u00e9nie du <em>marketing<\/em> avant l\u2019\u00e2ge. Pour faire conna\u00eetre l\u2019entreprise, il a command\u00e9 des bateaux en forme de crayons m\u00e9talliques ou une voiture avec un crayon sur le toit. Lors de travaux \u00e0 proximit\u00e9 de la gare de Gen\u00e8ve, il avait r\u00e9ussi \u00e0 faire suspendre de grands crayons aux grues. Les successeurs d\u2019Arnold Schweitzer ont, eux, davantage travaill\u00e9 sur la performance industrielle et sur l\u2019internationalisation de la marque. Chacun a apport\u00e9 sa pierre \u00e0 l\u2019\u00e9difice.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce que Caran d\u2019Ache se positionne de la m\u00eame mani\u00e8re en Suisse et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, nous avons une strat\u00e9gie globale, avec quelques nuances selon les pays, bien entendu. Si l\u2019on parle de prix, il y a des variations entre la Suisse et l\u2019\u00e9tranger. Nos produits sont un peu meilleur march\u00e9 en Suisse, car nous les distribuons en direct et la TVA y est plus basse. Dans un pays o\u00f9 le pouvoir d\u2019achat est moins grand, nos produits sont per\u00e7us comme <em>premium<\/em>. Prenons un exemple: quand vous envoyez vos produits aux Etats-Unis, ils doivent prendre le bateau et franchir les douanes. Toutes ces \u00e9tapes ont un co\u00fbt, qui, \u00e0 la fin, se reporte sur le prix pay\u00e9 par les consommateurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce que vous sentez le retour du protectionnisme?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Assez peu pour l\u2019instant. Les tensions, nous les avons surtout ressenties apr\u00e8s le Covid dans les co\u00fbts de transport et de l\u2019\u00e9nergie qui ont fait que nos prix ont d\u00fb \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vos crayons sont-ils soumis \u00e0 des droits de douane?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, mais \u00e0 des niveaux diff\u00e9rents selon les march\u00e9s. En Inde, par exemple, si vous ne produisez pas sur place, vous \u00eates \u00e9norm\u00e9ment tax\u00e9s. Cette dynamique mondiale m\u2019inqui\u00e8te, car elle rend les \u00e9changes plus difficiles. Sp\u00e9cialement pour un petit pays exportateur comme le n\u00f4tre, c\u2019est dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si vos produits sont fabriqu\u00e9s en Suisse, une partie des mati\u00e8res premi\u00e8res vient d\u2019ailleurs. C\u2019est notamment le cas du bois des crayons, qui est du c\u00e8dre californien. Pourquoi ce choix?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les diff\u00e9rentes essences de bois que l\u2019on trouve en Suisse ont beaucoup plus de n\u0153uds, elles sont plus compactes et dures, ce qui les rend difficiles \u00e0 tailler ou \u00e0 travailler. Le c\u00e8dre de Californie est au contraire parfait pour en faire des crayons de haute qualit\u00e9. La nature d\u2019un bois est d\u00e9pendante de nombreux facteurs. Que ce soit le vent, la temp\u00e9rature et bien d\u2019autres, le c\u00e8dre californien est imbattable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019enjeu n\u2019est pas nouveau. Durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, Caran d\u2019Ache avait d\u00fb se rabattre sur du bois local en raison des probl\u00e8mes de livraison. Ce fut un \u00e9chec\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si c\u2019est difficile, nous ne l\u00e2chons pas l\u2019affaire. Nous collaborons avec la Haute \u00e9cole du bois \u00e0 Bienne pour tenter de reproduire les qualit\u00e9s du bois californien en Suisse. Notre pays est une grande source de bois, donc, dans l\u2019id\u00e9al, nous souhaiterions en utiliser davantage, \u00e0 condition que cela ne mette pas en danger la qualit\u00e9 de nos produits.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Directeur adjoint de l\u2019Institut lib\u00e9ral et essayiste, <strong>Nicolas\u00a0Jutzet<\/strong> est r\u00e9dacteur au <\/em>Regard\u00a0Libre<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-vous-venez-de-lire-une-interview-en-libre-acces-tiree-de-notre-operation-esprit-entrepreneurial-et-contenue-dans-notre-supplement-vive-l-esprit-d-entreprise-le-regard-libre-nbsp-hors-serie-n-5\">Vous venez de lire une interview en libre acc\u00e8s, tir\u00e9e de notre op\u00e9ration <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/esprit-entrepreneurial\/\">\u00abEsprit entrepreneurial\u00bb<\/a> et contenue dans notre suppl\u00e9ment \u00abVive l\u2019esprit d\u2019entreprise!\u00bb (<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cpt-editions\/hors-serie-5-esprit-entrepreneurial\/\"><em>Le Regard Libre&nbsp;<\/em>hors s\u00e9rie N\u00b05<\/a>).<\/h6>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fond\u00e9e en 1915 \u00e0 Gen\u00e8ve, Caran d\u2019Ache \u2013\u00a0\u00abcrayon\u00bb en russe\u00a0\u2013 fait partie du patrimoine culturel du pays. Carole Hubscher, pr\u00e9sidente du conseil d\u2019administration et visage de la quatri\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 la t\u00eate de l\u2019entreprise, nous livre quelques secrets de fabrication.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":526772,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[38],"tags":[1113,1114,600,57,1116],"class_list":["post-526766","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","tag-entreprises","tag-esprit-entrepreneurial","tag-innovation","tag-interviews","tag-tradition"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526766","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=526766"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/526766\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=526766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=526766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=526766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}