{"id":524034,"date":"2024-06-28T06:00:00","date_gmt":"2024-06-28T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=524034"},"modified":"2024-06-28T06:00:00","modified_gmt":"2024-06-28T04:00:00","slug":"la-nuit-du-gutsch-roman-inedit-episode-5-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/la-nuit-du-gutsch-roman-inedit-episode-5-10\/","title":{"rendered":"\u00abLa nuit du G\u00fctsch\u00bb, roman in\u00e9dit (\u00e9pisode 5\/10)"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Voici la suite du nouveau roman de l\u2019\u00e9crivain suisse Andr\u00e9&nbsp;Durussel, publi\u00e9 en primeur dans&nbsp;<em>Le Regard Libre<\/em>&nbsp;durant toute l\u2019ann\u00e9e 2024.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Durant la deuxi\u00e8me semaine de janvier, la neige tomba pendant deux jours et deux nuits sur la ville, venant de l\u2019ouest, puis du nord. Aim\u00e9 se levait plus t\u00f4t et se rendait \u00e0 pied \u00e0 l\u2019usine, apr\u00e8s avoir d\u00e9gag\u00e9 l\u2019escalier et l\u2019entr\u00e9e du petit immeuble o\u00f9 il habitait.<\/p>\n\n\n\n<p>La voix des cloches \u00e9tait \u00e9touff\u00e9e et les v\u00e9hicules qui circulaient sur l\u2019Obergrundstrasse se faisaient remarquer par le cliquetis de leurs roues munies de cha\u00eenes. Seule la Reuss ne semblait pas \u00eatre concern\u00e9e. Son eau, plus verte et plus sombre qu\u2019en \u00e9t\u00e9, continuait de clapoter doucement en passant sous les piliers du Spreuerbr\u00fccke, puis vers la N\u00f6lliturm de l\u2019enceinte du Musegg. D\u2019ailleurs, toutes ces tours avaient rev\u00eatu leur coiffe blanche. On les distinguait mieux par-dessus les maisons. Un vieux tilleul du Lindengarten s\u2019\u00e9tait m\u00eame effondr\u00e9 sous le poids de la neige, endommageant dans sa chute un banc public, ainsi enseveli sous un amas de branchages.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de la Bruchstrasse, un amoncellement de neige sale emp\u00eachait les rares clients d\u2019entrer aux Drei K\u00f6nige par la porte habituelle et il fallait faire quelques pas plus loin et entrer par la porte de la r\u00e9ception de l\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n\n\n\n<p>Aim\u00e9 travaillait assid\u00fbment son cours d\u2019\u00e9lectronique industrielle par correspondance, apr\u00e8s avoir pris son repas du soir. Il s\u2019accordait parfois, le jeudi soir plus particuli\u00e8rement, une pause prolong\u00e9e, apr\u00e8s le d\u00e9part de Jakob L\u00e4tsch. En effet, Martha n\u2019avait pas beaucoup de travail, ni de clients \u00e0 servir \u00e0 cette heure-l\u00e0. Elle venait quelques fois s\u2019asseoir en face d\u2019Aim\u00e9. C\u2019\u00e9tait surtout, disait-elle, pour mieux apprendre la langue fran\u00e7aise. Il lui lisait quelques pages d\u2019une ancienne anthologie scolaire qu\u2019il avait emport\u00e9e dans ses bagages et, curieusement, il prenait autant de plaisir qu\u2019elle \u00e0 d\u00e9couvrir et red\u00e9couvrir \u00e0 haute voix ces textes d\u2019autrefois, charg\u00e9s d\u2019une saveur moralisatrice \u00e9ternelle. Ainsi cette d\u00e9licieuse page au sujet de l\u2019importance de la ponctuation, <em>ce geste de la pens\u00e9e<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, un certain Joseph Samson, com\u00e9dien et auteur dramatique fran\u00e7ais (1793-1871), voit arriver chez lui, comme nouvel \u00e9l\u00e8ve, un jeune homme qui semblait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s s\u00fbr de lui:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2013 Vous d\u00e9sirez prendre des le\u00e7ons de lecture, monsieur?<br>\u2013 Oui, monsieur.<br>\u2013 Vous \u00eates-vous d\u00e9j\u00e0 exerc\u00e9 \u00e0 lire tout haut?<br>\u2013 Oui, monsieur, j\u2019ai r\u00e9cit\u00e9 beaucoup de sc\u00e8nes de Corneille et de Moli\u00e8re.<br>\u2013 Devant tout le monde?<br>\u2013 Oui, monsieur.<br>\u2013 Avec succ\u00e8s?<br>\u2013 Oui, monsieur.<br>\u2013 Veuillez prendre dans ce volume de La Fontaine, la fable intitul\u00e9e <em>Le Ch\u00eane et le Roseau<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e8ve commen\u00e7a alors sa lecture:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le ch\u00eane un jour, dit au roseau\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Eh bien, monsieur, vous ne savez pas lire!<br>\u2013 Je le crois pourtant, monsieur, reprit l\u2019\u00e9l\u00e8ve un peu piqu\u00e9, puisque je viens r\u00e9clamer vos conseils, mais je ne comprends pas comment, sur un seul vers\u2026<br>\u2013 Veuillez recommencer.<\/p>\n\n\n\n<p>Il recommen\u00e7a:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le ch\u00eane un jour, dit au roseau\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 J\u2019avais bien vu que vous ne savez pas lire!<br>\u2013 Mais\u2026<br>\u2013 Mais, reprit M. Samson avec flegme, est-ce que l\u2019adverbe se joint au substantif, au lieu de se joindre au verbe? Est-ce qu\u2019il y a des ch\u00eanes qui s\u2019appellent un jour? Non? Eh bien, pourquoi lisez-vous: <em>le ch\u00eane un jour, dit au roseau<\/em>\u2026 Lisez donc: <em>le ch\u00eane, virgule, un jour dit au roseau<\/em>.<br>\u2013 C\u2019est pourtant vrai! s\u2019\u00e9cria le jeune homme stup\u00e9fait.<br>\u2013 Tellement vrai, reprit son ma\u00eetre avec la m\u00eame tranquillit\u00e9, que je viens de vous apprendre l\u2019une des r\u00e8gles les plus importantes et fondamentales de la lecture \u00e0 haute voix: c\u2019est l\u2019art de la ponctuation.<br>\u2013 Ainsi, Monsieur, on doit ponctuer en lisant?<br>\u2013 Eh oui! Sans aucun doute. Tel silence indique un point, tel demi-silence, une virgule. Tel accent, un point d\u2019interrogation. Une partie de la clart\u00e9 et de la compr\u00e9hension du r\u00e9cit d\u00e9pend pr\u00e9cis\u00e9ment de cette habile distribution des virgules et des points que le lecteur indique sans les nommer\u2026 et que l\u2019auditeur entend sans qu\u2019on les lui nomme.\u00bb (D\u2019apr\u00e8s Ernest Legouv\u00e9)<\/p>\n\n\n\n<p>Martha n\u2019avait pas compris le terme \u00absubstantif\u00bb et Aim\u00e9 lui pr\u00e9cisa qu\u2019il s\u2019agissait tout simplement d\u2019un nom: <em>un ch\u00eane<\/em>, <em>un enfant<\/em>, <em>une table<\/em>, ou <em>un manteau<\/em>\u2026 Feuilletant toujours cette m\u00eame anthologie, il \u00e9tait alors tomb\u00e9 sur ce c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me de Charles d\u2019Orl\u00e9ans, qui \u00e9voquait un manteau:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le temps a laiss\u00e9 son manteau<\/em><br><em>De vent, de froidure et de pluie,<\/em><br><em>Et s\u2019est v\u00eatu de broderie,<\/em><br><em>De soleil luisant, clair et beau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il n\u2019y a ni b\u00eate ni oiseau<\/em><br><em>Qu\u2019en son jargon ne chante ou crie:<\/em><br><em>Le temps a laiss\u00e9 son manteau<\/em><br><em>De vent, de froidure et de pluie.<\/em><br><em>Rivi\u00e8re, fontaine ou ruisseau<\/em><br><em>Portent, en livr\u00e9e jolie,<\/em><br><em>Gouttes d\u2019argent, d\u2019orf\u00e8vrerie;<\/em><br><em>Chacun s\u2019habille de nouveau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le temps a laiss\u00e9 son manteau<\/em><br><em>De vent, de froidure et de pluie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cette derni\u00e8re lecture que Martha avait \u00e9cout\u00e9e avec beaucoup d\u2019attention, elle fit remarquer \u00e0 Aim\u00e9 que le printemps chant\u00e9 par ce Monsieur d\u2019Orl\u00e9ans \u00e9tait encore fort \u00e9loign\u00e9, parce qu\u2019il faisait encore bien froid.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Pourquoi? demanda alors Aim\u00e9.<br>\u2013 Parce qu\u2019avant lui, v\u00eatu aussi de broderies, il y a, au mois de f\u00e9vrier, les trois jours de folie du <em>Fasnacht<\/em>, r\u00e9pondit Martha. C\u2019est un formidable \u00e9brouement collectif, un v\u00e9ritable raz-de-mar\u00e9e qui chasse l\u2019hiver.<br>\u2013 Une sorte de carnaval?<br>\u2013 Oui! C\u2019est m\u00eame le plus grand \u00e9v\u00e9nement de l\u2019ann\u00e9e pour nous, toutes g\u00e9n\u00e9rations confondues, r\u00e9pondit Martha. Mais je vous expliquerai tout cela une autre fois, car il est bien tard\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une derni\u00e8re question, si vous me le permettez: qu\u2019est-ce qu\u2019une <em>froidure<\/em>?<\/p>\n\n\n\n<p>Aim\u00e9 lui indiqua alors qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un froid, d\u2019une <em>K\u00e4lte<\/em> qui dure. C\u2019est \u00e0 la suite de ce plaisant jeu de mots qu\u2019ils se quitt\u00e8rent, se souhaitant r\u00e9ciproquement une bonne nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant cette m\u00eame saison, il y eut aussi deux nouveaux \u00abColloques\u00bb au Waldst\u00e4tterhof, comme les d\u00e9signait Aim\u00e9 avec un brin d\u2019ironie. Lors du premier, le s\u00e9minariste Barti, qui \u00e9tait maintenant en troisi\u00e8me ann\u00e9e de second cycle, \u00e9tait accompagn\u00e9 d\u2019un stagiaire africain, qui venait du Grand S\u00e9minaire Saint-Augustin \u00e0 Bamako, au Mali. Lors de cette rencontre, il avait beaucoup \u00e9t\u00e9 question de l\u2019avenir de l\u2019\u00c9glise dans ce grand pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest en pleine mutation. Aim\u00e9 avait surtout \u00e9cout\u00e9, posant parfois une question au sujet du parc national de cette ville, ainsi qu\u2019au sujet de la fourniture du courant \u00e9lectrique \u00e0 Bamako. Il avait ainsi appris, par exemple, qu\u2019un grand barrage hydro\u00e9lectrique existait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 S\u00e9lingu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du deuxi\u00e8me colloque, Barti \u00e9tait venu seul. Il s\u2019\u00e9tait montr\u00e9 fort int\u00e9ress\u00e9 par la profession de son ami. Comment ce dernier vivait-il cela en usine, dans ce monde ouvrier qu\u2019il ne connaissait pas lui-m\u00eame? Cet int\u00e9r\u00eat manifest\u00e9 pour son travail de tous les jours fit certes plaisir \u00e0 Aim\u00e9. Mais pourquoi ici, et maintenant? Barti lui avait alors expliqu\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait actuellement plong\u00e9 dans l\u2019histoire des pr\u00eatres-ouvriers en France, le plus grand tournant dans le monde religieux apr\u00e8s la R\u00e9volution fran\u00e7aise, ceci en vue d\u2019un travail qu\u2019il devait r\u00e9diger avant les vacances d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les pionniers qui, en 1942, avaient lanc\u00e9 le mouvement, il y avait un pr\u00eatre dominicain, nomm\u00e9 Jacques Loew. Il avait travaill\u00e9 comme docker au port de Marseille durant les ann\u00e9es 1941 \u00e0 1944. Cet \u00e9lan avait brusquement \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9 par le Vatican en 1954, alors que S.S le pape Pie XII \u00e9tait le chef supr\u00eame de l\u2019Eglise.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette m\u00eame th\u00e9matique, Barti avait aussi mentionn\u00e9 le nom d\u2019une grande intellectuelle et mystique<\/p>\n\n\n\n<p>fran\u00e7aise d\u2019origine juive nomm\u00e9e Simone Weil. Elle avait probablement contribu\u00e9 aussi \u00e0 l\u2019\u00e9closion de ce mouvement des pr\u00eatres-ouvriers, ayant travaill\u00e9 comme man\u0153uvre sur machine aupr\u00e8s de l\u2019entreprise Alsthom, puis chez Renault entre 1934 et 1935.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Tu devrais lire \u00e0 ce sujet son <em>Journal d\u2019usine<\/em>, toi qui chaque jour assistes ces ouvri\u00e8res et ouvriers sur des machines-outils dont je ne connais m\u00eame pas le nom. C\u2019est absolument passionnant!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Effectivement, cela pourrait m\u2019int\u00e9resser, r\u00e9pondit Aim\u00e9, bien que les technologies et les machines aient beaucoup \u00e9volu\u00e9 durant ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es, les \u00abTrente glorieuses\u00bb, comme on les nomme.<\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 peut-on obtenir cet ouvrage? demanda-t-il encore \u00e0 Barti.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 chez Gallimard en 1951, mais je viens de l\u2019acheter dans la c\u00e9l\u00e8bre collection \u00abId\u00e9es\u00bb en livre de poche, avec une couverture rouge, pr\u00e9cisa Barti. Il rassemble d\u2019autres \u00e9crits de cette Simone, attir\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t par les mouvements r\u00e9volutionnaires, sous le titre <em>La condition ouvri\u00e8re<\/em>. C\u2019est un immense pav\u00e9, une le\u00e7on d\u2019ob\u00e9issance \u00e0 l\u2019ordre du monde, mais aussi de fraternit\u00e9, ajouta-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Il pr\u00e9cisa encore \u00e0 Aim\u00e9 que la librairie de la Bundesplatz poss\u00e9dait presque tous les titres de cette collection \u00abId\u00e9es\u00bb dans ses rayonnages: des Camus, des Sartre, ainsi que les c\u00e9l\u00e8bres <em>Dix-huit le\u00e7ons sur la soci\u00e9t\u00e9 industrielle<\/em>, par Raymond Aron.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces rencontres au cours desquelles on ne parlait gu\u00e8re de la pluie ou du beau temps, mais o\u00f9 l\u2019on abordait des th\u00e8mes essentiels pour la compr\u00e9hension du monde et de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui, impressionnaient toujours Aim\u00e9. Les connaissances intellectuelles de son ami et futur pr\u00eatre, m\u00eame si elles \u00e9taient encore essentiellement livresques, compl\u00e9taient chez lui ce que la pratique lui avait enseign\u00e9 jusque-l\u00e0, l\u2019ouvrant \u00e0 d\u2019autres dimensions de la pens\u00e9e. Quant \u00e0 lire un jour l\u2019histoire de la soci\u00e9t\u00e9 industrielle de Raymond Aron, Aim\u00e9 n\u2019en voyait absolument pas la n\u00e9cessit\u00e9 pour le moment.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-la-suite-dans-la-prochaine-edition-du-nbsp-regard-libre\">La suite dans la prochaine \u00e9dition du&nbsp;<em>Regard Libre<\/em>.<\/h6>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/la-nuit-du-gutsch-roman-inedit-3-10\/\">Vers le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9pisode<\/a><\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici la suite du nouveau roman de l\u2019\u00e9crivain suisse Andr\u00e9\u00a0Durussel, publi\u00e9 en primeur dans\u00a0Le Regard Libre\u00a0durant toute l\u2019ann\u00e9e 2024.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":522613,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[972,52,53,561,973,54,55],"class_list":["post-524034","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","tag-la-nuit-du-gutsch","tag-litterature-francophone","tag-litterature-romande","tag-litterature-suisse","tag-lucerne","tag-roman","tag-roman-feuilleton"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/524034","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=524034"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/524034\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=524034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=524034"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=524034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}