{"id":523871,"date":"2024-06-15T06:00:00","date_gmt":"2024-06-15T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=523871"},"modified":"2024-06-15T06:00:00","modified_gmt":"2024-06-15T04:00:00","slug":"le-cinema-favorise-un-autre-recit-du-conflit-au-proche-orient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cinema\/le-cinema-favorise-un-autre-recit-du-conflit-au-proche-orient\/","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma favorise un autre r\u00e9cit du conflit au Proche-Orient"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong><em>The Deer\u2019s Tooth<\/em> \u00e9tait \u00e0 l\u2019affiche du festival de Cannes cette ann\u00e9e. Son acteur principal, le Palestinien Wisam Al Jafari, d\u00e9j\u00e0 prim\u00e9 en 2019 sur la Croisette, nous raconte le Proche-Orient sans ne jamais \u00e9voquer la guerre.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p>Dans le camp de r\u00e9fugi\u00e9s de Dheisheh, \u00e0 Bethl\u00e9em, Wisam Al Jafari vit entour\u00e9 de murs de b\u00e9ton et de fils barbel\u00e9s. C\u2019est l\u00e0, parmi les appareils photo us\u00e9s et les images granuleuses, que le jeune homme d\u00e9couvre, \u00e0 15 ans, une nouvelle fa\u00e7on de voir le monde; sa passion naissante pour la photographie lui octroie le moyen de capturer la beaut\u00e9 cach\u00e9e dans les recoins les plus sombres de son quotidien. N\u00e9 en 1992 dans le camp, il grandit dans un environnement o\u00f9 l\u2019espoir d\u2019une vie meilleure est aussi celui d\u2019une plus grande dignit\u00e9. R\u00e9ussir \u00e0 transformer son quotidien, marqu\u00e9 par le bruit et la promiscuit\u00e9, en aventure: ce qui est d\u2019abord devenu une obsession s\u2019est ensuite transform\u00e9 en un v\u00e9ritable jeu d\u2019enfant. \u00abLe cin\u00e9ma, c\u2019est comme de la magie, j\u2019ai tout de suite voulu en faire mon m\u00e9tier.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Al Jafari f\u00eatera cette ann\u00e9e ses 32 ans. La vie en dehors de la Palestine, il a eu l\u2019occasion de l\u2019effleurer, de la toucher, de la sentir en un peu plus de quinze ans d\u2019activit\u00e9. Il voyage quand il le peut, lorsqu\u2019on lui d\u00e9cerne un visa de s\u00e9jour en Europe ou aux Etats-Unis. Le reste du temps, il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 la meilleure fa\u00e7on de transcrire son quotidien et celui de milliers d\u2019autres Palestiniens \u00e0 travers l\u2019image et le son.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa carri\u00e8re a d\u00e9but\u00e9 dans le camp de Dheisheh. Le camp existe depuis les premiers exils en provenance de dizaines de villages \u00e0 l\u2019ouest de J\u00e9rusalem et d\u2019H\u00e9bron en 1949. Il a \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti le long de la route principale traversant la ville de Bethl\u00e9em. Au d\u00e9part construit pour 3\u2019000 d\u00e9plac\u00e9s internes, ce camp s\u2019est progressivement transform\u00e9 en une ville dense, avec ses 15\u2019000 habitants et son ouverture au tourisme dit \u00abde guerre\u00bb. Depuis les attaques terroristes du Hamas en Isra\u00ebl le 7 octobre dernier, la r\u00e9alit\u00e9 de ce nouveau coin de vie a certes de nouveau chang\u00e9, mais le d\u00e9dale de murs de cette localit\u00e9 historique parle encore aujourd\u2019hui. Des affiches c\u00e9l\u00e8brent toujours les shahids palestiniens, des graffitis proclament encore le droit au retour des r\u00e9fugi\u00e9s vers leurs terres natales et les \u00e9trangers y ont laiss\u00e9 des traces de leur court passage sur les lieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque fa\u00e7ade de b\u00e2timent, chaque coin de rue est impr\u00e9gn\u00e9 de cette m\u00e9moire collective et de cet engagement \u00e0 large \u00e9chelle. L\u2019art y est progressivement devenu un acte de d\u00e9fiance, un cri d\u2019espoir contre l\u2019oubli. Les peintures et les mots qui habillent les murs de Dheisheh ne sont pas de simples habillages, ils manifestent la lutte en faveur d\u2019une meilleure justice. Dheisheh, en somme, est le lieu d\u2019une grande communaut\u00e9 qui refuse de dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-de-dheisheh-aux-plus-grands-festivals-internationaux\">De Dheisheh aux plus grands festivals internationaux<\/h3>\n\n\n\n<p>Wisam Al Jafari en fait partie. Sa famille, originaire d\u2019un village situ\u00e9 \u00e0 l\u2019est de J\u00e9rusalem, y a \u00e9t\u00e9 exil\u00e9e en 1948 et n\u2019a cess\u00e9 d\u2019y vivre jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Soit depuis 74 ans. N\u00e9 sur place, dans le modeste appartement de ses parents au sommet d\u2019une colline en bordure du camp, il avait l\u2019habitude de regarder le labyrinthe de b\u00e9ton form\u00e9 par les immeubles massifs alentour. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me de fin d\u2019\u00e9tudes dans un lyc\u00e9e dirig\u00e9 par l\u2019UNRWA dans le camp, le jeune homme s\u2019est inscrit \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Dar al-Kalima pour les arts et la culture de Bethl\u00e9em, o\u00f9 il a \u00e9tudi\u00e9 la production cin\u00e9matographique. Son travail de dipl\u00f4me, son court-m\u00e9trage <em>Ambiance<\/em>, tourn\u00e9 en 2019, s\u2019est retrouv\u00e9 en s\u00e9lection au festival de Cannes quelques semaines apr\u00e8s sa sortie. Cinq ans plus tard, voil\u00e0 que son nom revient \u00e0 l\u2019affiche du festival \u2013 non plus en tant que r\u00e9alisateur, mais en tant qu\u2019acteur principal du tout premier court-m\u00e9trage de son ami de toujours, Saif Hammash.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/1--ambiance-2019-de-wisam-aljafari.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/1--ambiance-2019-de-wisam-aljafari-1024x576.jpg\" alt=\"\u00a9 \u00abAmbiance\u00bb (2019) de Wisam Aljafari\" class=\"wp-image-523876\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 \u00abAmbiance\u00bb (2019) de Wisam Aljafari<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Lorsque Wisam Al Jafari avait foul\u00e9 le tapis rouge en 2019, <em><a href=\"http:\/\/mad-distribution.film\/movies\/movie1115335.php\">Ambiance<\/a><\/em> avait obtenu le troisi\u00e8me prix de la Cin\u00e9fondation. Il raconte la promiscuit\u00e9 difficile dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s dans lequel 15\u2019000 personnes vivent entass\u00e9es sur un bout de terre qui ne s\u2019\u00e9tend que sur un kilom\u00e8tre de long. Par le prisme de ses cam\u00e9ras, Wisam partage sa vie quotidienne, l\u2019impossible intimit\u00e9 des familles et le bruit constant. Il met \u00e9galement en sc\u00e8ne la grande difficult\u00e9 pour les deux protagonistes, des musiciens amateurs, de trouver un recoin calme et silencieux dans le camp; pour y enregistrer un son, une musique, ou tourner un film, impossible de se couper de l\u2019ambiance. Ils ont alors trouv\u00e9 la parade \u00e0 leur probl\u00e8me: l\u2019ambiance \u2013 le bruit des caisses, des voitures, des murs qui craquellent, des casseroles servies chaudes sur la table chez le voisin ou encore les cris des enfants dans la rue \u2013 sera leur musique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/2--ambiance-2019-de-wisam-aljafari.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/2--ambiance-2019-de-wisam-aljafari-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-523875\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 <em>Ambiance<\/em> (2019) de Wisam Aljafari<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans son film, Wisam raconte le moment o\u00f9 les habitants du camp de Dheisheh deviennent, malgr\u00e9 eux, les acteurs de cette \u0153uvre. Tout dans ses images est r\u00e9el; presque rien n\u2019est sc\u00e9naris\u00e9. Le r\u00e9fugi\u00e9 palestinien est film\u00e9 dans sa normalit\u00e9, dans son quotidien parfois difficile, dans ses habitudes bien ancr\u00e9es, dans sa simplicit\u00e9, en noir et blanc. La guerre n\u2019est jamais trait\u00e9e dans la pellicule, car l\u2019important est ailleurs. Projeter un film palestinien partout dans le monde est devenu une mani\u00e8re de montrer \u00e0 la Terre enti\u00e8re que l\u2019art, la culture et le cin\u00e9ma palestiniens existent bien \u2013 et que d\u2019une certaine mani\u00e8re, il se porte m\u00eame tr\u00e8s bien. Certaines sc\u00e8nes durant le tournage ont d\u00fb \u00eatre interrompues \u00e0 cause d\u2019attaques de l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne: c\u2019est la seule r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Tsahal que fait Wisam. Tout de suite apr\u00e8s l\u2019avoir pr\u00e9cis\u00e9, il se tait sur Isra\u00ebl.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-cannes-un-evenement-pour-le-camp\">Cannes, un \u00e9v\u00e9nement pour le camp<\/h3>\n\n\n\n<p>Wisam Al Jafari a d\u00e9j\u00e0 connu, il y a quatre ans, l\u2019importance de repr\u00e9senter sa communaut\u00e9 dans un grand festival de renomm\u00e9e internationale. Lui a connu le festival de Cannes et celui de Berlin. D\u2019autres r\u00e9alisateurs, comme son amie jordanienne Darin Sallam, ont, eux, d\u00e9j\u00e0 foul\u00e9 les couloirs de Toronto ou ceux de New York et Copenhague. Le film palestinien s\u2019exporte donc bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de la p\u00e9ninsule et du monde arabes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le voyage jusqu\u2019\u00e0 un festival comme celui de Cannes est un \u00e9v\u00e9nement dans le camp. \u00abD\u00e8s lors que les secrets n\u2019existent pas au sein de notre communaut\u00e9, tout le monde est rapidement mis au courant lorsque l\u2019un d\u2019entre nous parvient \u00e0 sortir des confins de la Palestine pour repr\u00e9senter notre cause ailleurs dans le monde, explique-t-il. Lorsque je suis retourn\u00e9 au camp apr\u00e8s ma petite tourn\u00e9e en Europe, toutes les personnes du camp sont venues me voir pour me demander ce qu\u2019il s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Les gens posaient beaucoup de questions sur le film et sur sa r\u00e9ception.\u00bb D\u2019autres ont juste pens\u00e9 avec nostalgie au temps qui passe, \u00e0 ces moments o\u00f9, pour la plupart, ils se sont retrouv\u00e9s malgr\u00e9 eux devant les cam\u00e9ras du jeune Wisam. \u00abSi je pouvais ajouter les noms des 15\u2019000 personnes qui vivent dans le camp dans les cr\u00e9dits de fin de film, je l\u2019aurais fait sans h\u00e9siter.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Les 15&rsquo;000 habitants de Dheisheh sont tous acteurs ou figurants du film. Al Jafari l\u2019assure: tous les habitants du camp ont toujours un r\u00f4le direct ou indirect dans ses films. Certains ont pr\u00eat\u00e9 leur maison, d\u2019autres ont partag\u00e9 de la nourriture avec la petite \u00e9quipe du film, ui ont servi du th\u00e9 ou du caf\u00e9 dans les rues, ont parfois chang\u00e9 le cours de l\u2019histoire du film. Tous ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s \u00e0 allumer leurs lumi\u00e8res la nuit pour \u00e9clairer les rues, \u00e0 braquer les chemins les plus sombres avec leur lampe de s\u00e9jour. Ces personnes offraient leur \u00e9lectricit\u00e9, pr\u00eataient leurs voitures \u2013 et m\u00eame leur visage. \u00abNous sommes all\u00e9s \u00e0 leurs mariages, explique le cin\u00e9aste. Nous sommes all\u00e9s voir des prisonniers qui ont \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9s de prison, nous sommes all\u00e9s \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie de martyrs et nous sommes all\u00e9s voir des gens en plein travail dans les rues.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Al Jafari et son \u00e9quipe sont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment entr\u00e9s dans la vie des personnes qui l\u2019ont toujours entour\u00e9 depuis sa tendre enfance. Les montrer sur un grand \u00e9cran, \u00e0 Cannes, \u00e0 Gen\u00e8ve ou ailleurs, restera, ici, sa plus grande r\u00e9ussite.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-montrer-une-palestine-vivante-heureuse-et-talentueuse\">Montrer une Palestine vivante, heureuse et talentueuse<\/h3>\n\n\n\n<p>Filmer ses voisins, ses amis, ses proches a permis d\u2019immortaliser leur sourire, leurs moments de joie et leur bonheur \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. A aucun moment, les films de Wisam Al Jafari ne d\u00e9montrent une quelconque d\u00e9solation. Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019une constante dans les courts-m\u00e9trages palestiniens: le but est de d\u00e9peindre la vraie vie en Palestine, certes dans des camps pr\u00e9caires et surpeupl\u00e9s, mais loin des bombes et du d\u00e9sespoir. \u00abLes Palestiniens ne vivent pas n\u00e9cessairement dans la pauvret\u00e9 et la mis\u00e8re, assure le r\u00e9alisateur et com\u00e9dien. Certains cherchent \u00e0 le faire croire, mais c\u2019est faux. Sur nos images, on voit des gens partir du camp pour aller vers une vie plus faste, on voit des enfants grandir, on entend de la musique s\u2019extraire des maisons et hurler dans la rue et on sent la joie de cohabiter avec ses amis et sa famille.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Casser les st\u00e9r\u00e9otypes convenus, changer le visage de la Palestine et du conflit au Proche-Orient, \u00eatre vrai \u2013 raconter la v\u00e9rit\u00e9 (th\u00e8me principal du pr\u00e9sent num\u00e9ro) \u2013 est la mission \u00e0 laquelle s\u2019obligent les r\u00e9alisateurs sur la bande de Gaza et en Cisjordanie. \u00abIl y a beaucoup de gens talentueux qui exercent leur art chez nous, \u00e0 Dheisheh et ailleurs, raconte Al Jafari. Les habitants innovent et certains vivent de leur art dans ce tr\u00e8s petit espace. Le montrer et le prouver, c\u2019est justement le pouvoir d\u2019un court-m\u00e9trage et du cin\u00e9ma.\u00bb Faire du cin\u00e9ma, c\u2019est comme faire de la magie: Wisam Al Jafari en a fait son m\u00e9tier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-quand-militer-consiste-a-montrer-la-verite\">Quand militer consiste \u00e0 montrer la v\u00e9rit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>COMMENTAIRE. Dire la v\u00e9rit\u00e9, la d\u00e9montrer, la prouver, la restaurer\u2009: qu\u2019importe le sujet ou la personne, aucune de ces actions ne pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un acte de militantisme. Car, par essence, raconter la v\u00e9rit\u00e9 est un acte pur, noble et compl\u00e8tement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9. Si la dire est un devoir moral, la restaurer, dans des circonstances donn\u00e9es, est en revanche une mission citoyenne. La litt\u00e9rature, le cin\u00e9ma et les arts le comprennent g\u00e9n\u00e9ralement bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma palestinien respecte cette r\u00e8gle tacite\u2009: raconter la Palestine avec des images tir\u00e9es de sc\u00e8nes r\u00e9elles de la vie quotidienne, sans tomber dans le r\u00e9cit de guerre, reste une fa\u00e7on d\u2019exister sans offrir \u00e0 la critique la possibilit\u00e9 de les d\u00e9cr\u00e9dibiliser. A Cannes, comme dans tous les autres festivals auxquels ils ont un jour particip\u00e9, Wisam Aljafari, Ibrahim Handal, Kamal Aljafari, Saif Hammash, Darin Sallam ou encore Iyad Alasttal, ont pr\u00e9sent\u00e9 des \u0153uvres destin\u00e9es \u00e0 montrer la vie quotidienne dans la bande de Gaza et dans les territoires occup\u00e9s de mani\u00e8re la plus brute possible. Jamais ces r\u00e9alisateurs n\u2019ont daign\u00e9 inclure la figure d\u2019Isra\u00ebl ou de Tsahal dans les sc\u00e9narios \u2013 parce que ce n\u2019est pas le sujet et parce qu\u2019on ne peut jamais \u00e9voquer objectivement l\u2019autre camp.<\/p>\n\n\n\n<p>Rester le plus vrai, le plus juste, le plus honn\u00eate et le plus humble possible, c\u2019est la volont\u00e9 affich\u00e9e des r\u00e9alisateurs palestiniens quand ils quittent leur territoire natal. S\u2019ils le peuvent vraiment. La derni\u00e8re fois que Wisam Aljafari a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 \u00e0 Cannes, il s\u2019\u00e9tait vu refuser son droit de visa par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises. M\u00eame m\u00e9saventure quelques mois plus tard au Caire, en Egypte. D\u00e9fendre ses id\u00e9es par les arts reste de loin la meilleure mani\u00e8re de mener un combat.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteur:&nbsp;<a href=\"mailto:yves.dicristino@leregardlibre.com\">yves.dicristino@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-vous-venez-de-lire-un-article-nbsp-tire-de-notre-edition-papier-le-regard-libre-nbsp-n-107\">Vous venez de lire un article&nbsp;tir\u00e9 de notre \u00e9dition papier (<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cpt-editions\/le-regard-libre-n107-dossier-verite\/\"><em>Le Regard Libre<\/em>&nbsp;N\u00b0107<\/a>).<\/h6>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abThe Deer\u2019s Tooth\u00bb \u00e9tait \u00e0 l\u2019affiche du festival de Cannes cette ann\u00e9e. 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