{"id":517660,"date":"2023-04-21T08:30:00","date_gmt":"2023-04-21T06:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=517660"},"modified":"2023-04-21T08:30:00","modified_gmt":"2023-04-21T06:30:00","slug":"le-rwanda-toujours-plus-sur-la-carte-de-lafrique-grace-au-judo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/sport\/le-rwanda-toujours-plus-sur-la-carte-de-lafrique-grace-au-judo\/","title":{"rendered":"Le Rwanda toujours plus sur la carte de l\u2019Afrique, gr\u00e2ce au judo"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>A 21 ans, Rukundo Sala est d\u00e9j\u00e0 fortement d\u00e9positaire de l\u2019image du Rwanda \u00e0 l\u2019international. Directeur du d\u00e9veloppement aupr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration rwandaise de judo, il arpente les plus grands tournois du continent afin de voir s\u2019y hisser l\u2019\u00e9tendard de son p<\/strong><strong>ays.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more LIRE LE REPORTAGE (ABONN\u00c9S)-->\n\n\n\n<p>L\u00e9on Rukundo Sala, dans son judogi bleu, donne une impression de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 au moment de s\u2019avancer sur le tatami. Son adversaire, Mohamed Touil, un Tunisien de 22 ans, donne des signaux contraires. Dans ce combat de rep\u00eachage au Tunis African Open, l\u2019issue du r\u00e9sultat est certes d\u00e9terminante pour le reste de la comp\u00e9tition, mais pour L\u00e9on, il rev\u00eat surtout une toute autre importance. Pour la troisi\u00e8me fois de sa carri\u00e8re, en match officiel, il ne repr\u00e9sente plus un club, mais une nation : le Rwanda. Sa victoire par ippon apr\u00e8s un peu plus d\u2019une minute \u2013 consid\u00e9r\u00e9e meilleure action de la journ\u00e9e par l\u2019Union africaine de judo \u2013 permettra d\u2019ailleurs au jeune homme de cueillir la cinqui\u00e8me place dans la cat\u00e9gorie des -66 kg, une r\u00e9ussite qui se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s encourageante pour le judo rwandais.<\/p>\n\n\n\n<p>Rukundo Sala aspire aujourd\u2019hui, par ses convictions, \u00e0 insuffler une dynamique sportive positive au sein de son pays, en r\u00e9alit\u00e9 celui de sa m\u00e8re. Depuis plusieurs ann\u00e9es, le jeune homme met son engagement passionn\u00e9 pour le judo au service des autres, et surtout de ceux qui n\u2019ont pas les moyens techniques ni mat\u00e9riels d\u2019exister dans un monde d\u2019apparence s\u00e9lectif. Or, si le giron mondial des arts martiaux, et du judo a fortiori, est un cercle bien s\u00fbr tr\u00e8s \u00e9troit, y entrer n\u2019est jamais impossible. Sous r\u00e9serve d\u2019y respecter les valeurs morales, il est m\u00eame g\u00e9n\u00e9ralement facile de s\u2019y int\u00e9grer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans certaines r\u00e9gions du monde, et sp\u00e9cialement dans les plus petits pays de l\u2019Afrique noire, ce cercle a curieusement \u2013 et de plus en plus \u2013 tendance \u00e0 \u00e9voluer en silo. Certainement pas pour des raisons d\u2019appr\u00e9ciation personnelle, mais plut\u00f4t par inertie. Dans la r\u00e9alit\u00e9 rwandaise, peu nombreuses sont les structures adapt\u00e9es \u00e0 la pratique d\u2019un art martial; le mat\u00e9riel de base n\u2019est souvent pas adapt\u00e9 \u00e0 certains standards internationaux et les athl\u00e8tes qui le pratiquent sont par cons\u00e9quent peu l\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9sultat: dans les plus grandes comp\u00e9titions africaines, de m\u00eame que dans les dojos am\u00e9nag\u00e9s pour les Jeux olympiques, l\u2019\u00e9tendard du Rwanda n\u2019y figurait plus depuis les Jeux de Londres 2012. Une situation difficile \u00e0 comprendre, alors m\u00eame que des judokas talentueux qui poss\u00e8dent la nationalit\u00e9 rwandaise pourraient exister \u00e0 travers le monde, estiment les membres de la F\u00e9d\u00e9ration nationale de judo: des athl\u00e8tes binationaux qui auraient choisi de mettre leur talent au service de leur seconde nation, faute de choix possible.<\/p>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9alit\u00e9 qui relance inlassablement le d\u00e9bat du v\u00e9ritable patriotisme dans le sport. Dans ce cas pr\u00e9cis, les choses pourraient cependant \u00e9voluer; un jeune athl\u00e8te de cette communaut\u00e9 d\u2019expatri\u00e9s a d\u00e9cid\u00e9, en 2022, de relancer le judo rwandais sur une trajectoire parall\u00e8le. Une voie pour l\u2019heure encore trop peu explor\u00e9e, tant elle est jalonn\u00e9e d\u2019obstacles.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/leon-rukundo-sala-est-binational-suisse-et-rwandais--ce-nest-quen-2022-quil-a-redecouvert-en-profondeur-son-pays-en-realite-celui-de-sa-mere---dr-kigali.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/leon-rukundo-sala-est-binational-suisse-et-rwandais--ce-nest-quen-2022-quil-a-redecouvert-en-profondeur-son-pays-en-realite-celui-de-sa-mere---dr-kigali-741x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-517663\"\/><\/a><figcaption>L\u00e9on Rukundo Sala est binational suisse et rwandais. Ce n\u2019est qu\u2019en 2022 qu\u2019il a red\u00e9couvert en profondeur son pays, en r\u00e9alit\u00e9 celui de sa m\u00e8re. \u00a9 DR [Kigali]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la r\u00e9gion lausannoise \u00e0 Kigali<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Rukundo Sala est binational suisse et rwandais. Il a commenc\u00e9 le judo \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 6 ans au sein du Budokwai Pully. C\u2019est en 2007 qu\u2019il rencontre Florent Bron, son premier entra\u00eeneur \u00e0 Pully \u2013 et probablement celui de toujours. Les deux hommes partagent aujourd\u2019hui une sensibilit\u00e9 et une passion commune pour le judo. A Lausanne, il a \u00e9galement longtemps travaill\u00e9 avec Ma\u00eetre Hiroshi Katanishi, l\u2019un des plus grands techniciens, tr\u00e8s populaire \u00e0 l\u2019international. Il a \u00e9galement tiss\u00e9 d\u2019\u00e9troites relations avec l\u2019exp\u00e9riment\u00e9 sense\u00ef Tatsuto Shima, 32 ans, un entra\u00eeneur et comp\u00e9titeur de renom dont le style n\u2019a cess\u00e9 d\u2019inspirer le jeune Rukundo.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En seize ans, Rukundo s\u2019est aussi forg\u00e9 sa propre personnalit\u00e9 sur les tatamis. Malgr\u00e9 son apparence fluette, les connaisseurs assurent qu\u2019il dispose d\u2019une explosivit\u00e9 pr\u00eate \u00e0 lui servir en toute circonstance. \u00abSon agilit\u00e9 et sa force de mouvement font de lui un judoka redoutable, capable de remporter des m\u00e9dailles dans la plupart des Opens en Afrique\u00bb, assure son entra\u00eeneur Florent Bron. Des talents av\u00e9r\u00e9s pour le combat qui l\u2019ont n\u00e9anmoins disput\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 un manque de perspective. Si L\u00e9on Rukundo Sala a beaucoup d\u00e9vou\u00e9 sa vie pour le judo, jamais il n\u2019aurait pens\u00e9 en faire un plan de carri\u00e8re professionnelle.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abJe n\u2019aurais jamais entrepris de combattre professionnellement \u00e0 l\u2019international si ce n\u2019\u00e9tait dans le cadre de mon travail de promotion pour le Rwanda, explique-t-il. Combattre pour ma propre pomme ne m\u2019int\u00e9resse pas. En revanche, revoir le drapeau du Rwanda s\u2019\u00e9venter aux c\u00f4t\u00e9s des autres nations africaines me conforte \u00e0 chaque fois dans ma conviction que le judo peut prosp\u00e9rer, m\u00eame \u00e0 Kigali.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u00e9on, de son nom usuel, a combattu en Suisse jusqu\u2019\u00e0 ses 13 ans, avant de d\u00e9cider de se retirer presque d\u00e9finitivement de la comp\u00e9tition. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ce premier dan assistait r\u00e9guli\u00e8rement son entra\u00eeneur pour la dispense des cours de judo aux plus jeunes dans les hauteurs de Pully. Ce n\u2019est qu\u2019en 2022 que ses choix bifurquent; en voyage \u00e0 Kigali, la capitale du Rwanda, il met sa curiosit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La capitale du Rwanda est un lieu \u00e0 part; tourn\u00e9e vers l\u2019avenir sans ne jamais renier son pass\u00e9, elle se fait la vitrine d\u2019un pays en plein essor. Surplomb\u00e9es par des collines verdoyantes, ses avenues sont, par la grande s\u00e9rie de boutiques color\u00e9es qu\u2019elles abritent, parmi les plus chamarr\u00e9es du pays. C\u2019est dans ce d\u00e9cor que Rukundo part \u00e0 la recherche d\u2019un dojo pour s\u2019y entra\u00eener. Il y d\u00e9couvre, apr\u00e8s quelques recherches dans un quartier un peu excentr\u00e9 du centre-ville, un groupe de combattants en kimono foulant un tapis jug\u00e9 beaucoup trop dur pour les nage waza \u2013 autrement dit les attaques en projection, en japonais. En un \u00e9t\u00e9, il saisit alors la port\u00e9e de la situation. Les conditions ne sont pas r\u00e9unies pour esp\u00e9rer y cr\u00e9er une grande communaut\u00e9 de judokas.<\/p>\n\n\n\n<p>De retour \u00e0 intervalles r\u00e9guliers au pays, L\u00e9on tisse alors des relations \u00e9troites avec le pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration rwandaise de judo, Christian Bishyika. Ensemble, ils tirent un bilan interm\u00e9diaire de la situation. \u00abA ma connaissance, il y a tr\u00e8s peu de dojos disponibles dans tout le pays, explique-t-il. Il doit exister environ cinq clubs dans la r\u00e9gion de Kigali qui se partagent tous les quelques tatamis actuellement disponibles.\u00bb Dans ces conditions, difficile de faire croire aux gens dans la rue que le judo est un sport qui existe. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs que tr\u00e8s r\u00e9cemment que la pratique du judo a \u00e9t\u00e9 reconnue par le Minist\u00e8re du Sport du Rwanda. \u00abAvant cela, et c\u2019est d\u2019ailleurs toujours le cas, on confondait les arts martiaux entre eux, compl\u00e8te L\u00e9on. On ne saisissait pas bien \u00e0 quel point le judo est un sport noble.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9termin\u00e9, sous son nom d\u2019origine, Rukundo Sala a d\u2019abord accept\u00e9 d\u2019assumer la fonction de responsable du d\u00e9veloppement aupr\u00e8s de la f\u00e9d\u00e9ration rwandaise et donc de plancher sur une strat\u00e9gie de promotion du judo \u00e0 tr\u00e8s haute \u00e9chelle. Une activit\u00e9 qui occupe aujourd\u2019hui une grande partie de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/rukundo-sala-a-atteint-un-premier-objectif-en-une-annee-la-fondation-de-son-club-a-kigali-la-capitale-du-rwanda---dr-rwanda-1024x732.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/rukundo-sala-a-atteint-un-premier-objectif-en-une-annee-la-fondation-de-son-club-a-kigali-la-capitale-du-rwanda---dr-rwanda-1024x732.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-517664\"\/><\/a><figcaption>Rukundo Sala a atteint un premier objectif en une ann\u00e9e: la fondation de son club \u00e0 Kigali, la capitale du Rwanda. \u00a9 DR [Rwanda]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un besoin de reconnaissance fondamental<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 les autres ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner, L\u00e9on Rukundo Sala, avec le soutien de plusieurs autres membres de la F\u00e9d\u00e9ration, a esquiss\u00e9 un plan de d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019horizon 2030 et fond\u00e9 une strat\u00e9gie \u00e0 double volet. Gr\u00e2ce \u00e0 ses nombreux contacts dans le milieu du judo suisse et \u00e0 l\u2019impulsion insuffl\u00e9e par son p\u00e8re, le jeune homme a mont\u00e9 un dossier pour tenter de convaincre un grand nombre de clubs, associations et f\u00e9d\u00e9rations \u00e0 participer \u00e0 une collecte de judogis, ceintures et tatamis qui seront directement achemin\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 Kigali. \u00abOn a observ\u00e9 un tr\u00e8s grand \u00e9lan de solidarit\u00e9 aupr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration suisse et de l\u2019Association vaudoise de judo et ju-jitsu, pr\u00e9cise Florent Bron. L\u00e9on \u00e9tant connu dans le canton et engag\u00e9 pour le judo \u00e0 Pully et Lausanne, le soutien de ces instances fait sens.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l\u2019ensemble du mat\u00e9riel d\u00e9j\u00e0 r\u00e9colt\u00e9 (environ 700 judogis et 100 tapis de combat), L\u00e9on a atteint un premier objectif fin 2022 avec la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau club \u00e0 Kigali, dont il en est aujourd\u2019hui le pr\u00e9sident. Une particularit\u00e9 surgit toutefois: au lieu d\u2019\u00e9lire r\u00e9sidence de mani\u00e8re fixe au centre de la capitale, le jeune homme souhaite d\u00e9velopper l\u2019id\u00e9e d\u2019un dojo itin\u00e9rant, qui puisse permettre de rapprocher toujours plus le judo des jeunes des p\u00e9riph\u00e9ries plus lointaines. \u00abL\u2019id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9e sur la table et doit d\u00e9sormais \u00eatre mise en \u0153uvre. Mais le principe reste pour l\u2019heure intact\u00bb, pr\u00e9cise-t-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce nouveau club \u2013 qui arbore d\u2019ailleurs l\u2019animal totem du lion, un animal qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduit en 2015 dans le pays \u2013 souhaite non seulement augmenter le contingent de judokas dans le pays, mais vise aussi \u00e0 renforcer le niveau technique de ces nouvelles recrues et ainsi mettre en place un r\u00e9el syst\u00e8me de d\u00e9veloppement qui s\u2019av\u00e9rerait autonome. \u00abPour cela, il nous faut former des professeurs et ainsi cr\u00e9er des carri\u00e8res ind\u00e9pendantes dans le judo. Si des experts rwandais peuvent ainsi commencer \u00e0 gagner leur vie gr\u00e2ce \u00e0 leur sport, le judo deviendra un domaine de profession \u00e0 part enti\u00e8re et qui g\u00e9n\u00e9rera ses propres revenus.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9on a d\u2019ailleurs trouv\u00e9 en son entra\u00eeneur la personne de choix pour initier le chantier. Professeur de judo avec brevet f\u00e9d\u00e9ral, expert Jeunesse et Sport, titulaire d\u2019un master universitaire en gestion du sport et des loisirs, Florent Bron dispose en effet d\u2019une pr\u00e9cieuse exp\u00e9rience. Quatri\u00e8me dan, il est aussi, par son r\u00f4le d\u2019entra\u00eeneur, un fin connaisseur du tr\u00e8s d\u00e9tailleux judo suisse. Il sait d\u2019ailleurs mieux que quiconque la valeur d\u2019un dan sur sa ceinture; une distinction qui r\u00e9compense une tr\u00e8s grande connaissance de cet art martial et qui ne procure aucun pouvoir r\u00e9el, sinon celui d\u2019\u00eatre d\u00e9positaire d\u2019une voix morale. Le dan est&nbsp; donc une marque de reconnaissance t\u00e9moign\u00e9e \u00e0 ceux qui le m\u00e9ritent.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abEn m\u2019engageant aupr\u00e8s de L\u00e9on et de la F\u00e9d\u00e9ration rwandaise de judo, j\u2019ai personnellement d\u00e9velopp\u00e9 un plan de bataille\u00bb, explique Florent, qui s\u2019est engag\u00e9 en tant qu\u2019entra\u00eeneur national du Rwanda jusqu\u2019en 2028. La premi\u00e8re \u00e9tape est de cr\u00e9er un v\u00e9ritable centre de formation \u00e0 Kigali. Ensuite, il faudra accompagner la structure vers une meilleure reconnaissance vis-\u00e0-vis de l\u2019Union africaine de judo. \u00abUne possibilit\u00e9 de mat\u00e9rialiser cette reconnaissance serait de pouvoir d\u00e9cerner des dans au nom de la f\u00e9d\u00e9ration rwandaise et qu\u2019ils soient reconnus par l\u2019autorit\u00e9 continentale.\u00bb Mais d\u2019ici \u00e0 arriver \u00e0 pareil sc\u00e9nario, il faudra avant tout, pour les deux Vaudois, battre le terrain et rendre \u00e0 l\u2019\u00e9tendard rwandais la superbe qu\u2019il m\u00e9rite.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Voir flotter le drapeau du Rwanda: tout un symbole<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>A Tunis, l\u2019\u00e9tendard rwandais \u00e9tait accroch\u00e9 sur le porte-enseigne du centre multidisciplinaire de la cit\u00e9 olympique de Rad\u00e8s. \u00abCette action a l\u2019air de rien, mais elle est hautement symbolique, explique Florent Bron. Permettre au Rwanda de hisser \u00e0 nouveau son drapeau lors des grandes comp\u00e9titions en Afrique, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 faire montre aux autres nations que nous sommes pr\u00e9sents et que nous m\u00e9ritons notre place \u00e0 ce niveau-ci.\u00bb Cette strat\u00e9gie dite de l\u2019\u00e9tendard porte d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 ses fruits. Depuis le renouveau des comp\u00e9titions, et gr\u00e2ce aux r\u00e9sultats encourageants de son athl\u00e8te Rukundo Sala, le judo au Rwanda peut aujourd\u2019hui se permettre de r\u00eaver une participation aux prochains Jeux olympiques de Paris en 2024. Un d\u00e9fi de taille pour une f\u00e9d\u00e9ration qui n\u2019a vu le jour qu\u2019en 2013.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abCet objectif d\u2019une vie n\u2019aurait jamais \u00e9merg\u00e9 si Rukundo n\u2019avait pas mis sa d\u00e9votion au service de son pays, l\u00e2che Florent Bron. C\u2019est parce qu\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 de combattre et de favoriser la structuration du judo dans son pays que le Rwanda peut poursuivre aujourd\u2019hui son \u00e9volution de fa\u00e7on plus sereine.\u00bb Depuis l\u2019arriv\u00e9e des deux hommes au sein de la F\u00e9d\u00e9ration rwandaise de judo, et selon un pr\u00e9c\u00e9dent plan de d\u00e9veloppement d\u00e9canal qu\u2019avait \u00e9labor\u00e9 son pr\u00e9sident Christian Bishyika, le judo au Rwanda aurait gagn\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent de cinq ann\u00e9es dans son processus de structuration.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019arriver \u00e0 Tunis, le parcours de combat de Rukundo Sala \u00e9tait pass\u00e9 par Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal, le 12 novembre 2022, puis par le Grand Slam de Paris, l\u2019un des tournois les plus importants au niveau international, le 2 f\u00e9vrier dernier. La qualification olympique \u00e9tant d\u2019ailleurs en cours, une participation du Rwanda \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement a \u00e9galement compt\u00e9 pour l\u2019attribution des quotas pour les Jeux de Paris 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>Du programme de comp\u00e9tition pr\u00e9par\u00e9 en concertation entre l\u2019athl\u00e8te et son entra\u00eeneur (un document g\u00e9n\u00e9ralement confidentiel que nous avons pu consulter), plusieurs dates symboliques ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es au calendrier. En cas de qualification, Rukundo Sala pourrait ainsi \u00eatre align\u00e9 aux Championnats du monde de judo qui auront lieu en mai \u00e0 Doha, au Qatar, mais aussi lors des prochains Jeux du Commonwealth, une comp\u00e9tition \u00e0 laquelle le judo rwandais n\u2019a encore jamais figur\u00e9. \u00abAvec le calendrier que nous avons pr\u00e9vu, L\u00e9on sera vraisemblablement, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, l\u2019un des athl\u00e8tes rwandais tous sports confondus \u00e0 avoir le plus repr\u00e9sent\u00e9 son pays \u00e0 l\u2019international\u00bb, d\u00e9taille son entra\u00eeneur. Une fiert\u00e9 partag\u00e9e au sein de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/le-centre-multidisciplinaire-de-rades-en-tunisie-a-ete-lhote-du-tunis-african-open-2023--rukundo-sala-y-a-obtenu-la-5e-place---lemultimedia-info-tunis.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/le-centre-multidisciplinaire-de-rades-en-tunisie-a-ete-lhote-du-tunis-african-open-2023--rukundo-sala-y-a-obtenu-la-5e-place---lemultimedia-info-tunis-732x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-517665\"\/><\/a><figcaption>Le centre multidisciplinaire de Rad\u00e8s, en Tunisie, a \u00e9t\u00e9 l\u2019h\u00f4te du Tunis African Open 2023. Rukundo Sala y a obtenu la 5e place. \u00a9 leMultimedia.info [Tunis]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><em><strong>Jita Kyoei<\/strong><\/em><strong>, entraide et prosp\u00e9rit\u00e9 mutuelle au judo<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Pour mieux comprendre cette logique de pr\u00e9sence dans les grands tournois mise en place par Rukundo Sala, c\u2019est avant tout dans la salle d\u2019\u00e9chauffement qu\u2019il faut jeter un \u0153il. Dans toutes les comp\u00e9titions sportives, les chambres d\u2019appel sont souvent l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on se toise sans dire mot. Au judo, et lors de comp\u00e9titions en Afrique, comme celles que nous avons pu observer \u00e0 Tunis, les choses sont un peu diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la salle d\u2019entra\u00eenement et de repos au centre sportif de Rad\u00e8s, Rukundo fait la connaissance de Karim Adarvez, 26 ans, un Argentin qui a tr\u00e8s peu combattu en dehors des terres sud-am\u00e9ricaines. Sur le circuit professionnel depuis mars 2019, il a obtenu \u00e0 deux reprises une m\u00e9daille, \u00e0 chaque fois le bronze \u00e0 Lima et chez lui en Patagonie, \u00e0 San Carlos de Bariloche en 2020. Pourtant, la pr\u00e9sence sur le circuit depuis plusieurs ann\u00e9es ne cr\u00e9e pas, \u00e0 elle seule, une forte exp\u00e9rience de la comp\u00e9tition. Pass\u00e9 par le Portugal en janvier et par Paris en f\u00e9vrier, le jeune Argentin est venu d\u00e9couvrir, pour la premi\u00e8re fois, d\u00e9but mars, le judo africain \u2013 atypique et tr\u00e8s puissant. Sur ce sujet, s\u2019est donc naturellement engag\u00e9e une conversation entre Rukundo et lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Pas tr\u00e8s loin d\u2019eux, Judith Gonzalez, une Chilienne de 29 ans, bien plus exp\u00e9riment\u00e9e du circuit mondial, \u00e9coute d\u2019une oreille fine la discussion. Judith et Karim se sont souvent crois\u00e9s sur les routes des diff\u00e9rentes comp\u00e9titions continentales, entre Bogot\u00e1 et les rives du Rio Negro. A eux deux, ils partagent une vision commune, vue d\u2019Am\u00e9rique, de la comp\u00e9tition internationale. \u00abCes \u00e9changes sont tr\u00e8s importants pour un athl\u00e8te, d\u00e9taille Florent Bron. Elles permettent de humer, de sentir ce que cela signifie d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9 dans un tel giron. La construction, dans le futur, d\u2019une forte d\u00e9l\u00e9gation rwandaise passe aussi par les contacts que L\u00e9on peut se faire dans les couloirs des plus grandes comp\u00e9titions.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette forme de solidarit\u00e9 internationale est fr\u00e9quente dans les dojos; elle est m\u00eame inscrite dans le code moral et la philosophie autrefois appliqu\u00e9e par le fondateur du judo. Par l\u2019expression <em>Jita Kyoei<\/em>, Jigor\u014d Kan\u014d appelait les judokas \u00e0 appliquer le principe d\u2019entraide, d\u2019enseignement et de prosp\u00e9rit\u00e9 mutuelle. \u00abD\u00e9velopper l\u2019amiti\u00e9 et la solidarit\u00e9 entre les diff\u00e9rentes d\u00e9l\u00e9gations est au c\u0153ur de mon engagement, en tant que judoka, mais aussi en tant que responsable du d\u00e9veloppement de la f\u00e9d\u00e9ration, compl\u00e8te Rukundo Sala. Gr\u00e2ce \u00e0 ces contacts, on peut toujours imaginer faire des stages dans d\u2019autres pays.\u00bb\u00abUn principe de base du judo veut que l\u2019on ouvre toujours la porte de nos propres dojos pour s\u2019entra\u00eener, reprend Florent. Tisser des liens avec les meilleures nations est d\u00e8s lors fondamental.\u00bb A Dakar, Rukundo avait d\u00e9j\u00e0 fait la connaissance de Pedro Edmilson, le champion d\u2019Afrique en titre dans sa cat\u00e9gorie (-66kg). A Tunis, en plus d\u2019avoir recrois\u00e9 la route de l\u2019Angolais et d\u2019y avoir \u00e9chang\u00e9 quelques mots, il a \u00e9galement pu faire la connaissance d\u2019une forte d\u00e9l\u00e9gation d\u2019Alg\u00e9riens, pour certains intrigu\u00e9s de revoir un combattant rwandais sur les routes. Cela tombe bien: au moment de nous quitter, L\u00e9on Rukundo Sala prenait d\u00e9j\u00e0 la direction d\u2019Alger, \u00e0 800 kilom\u00e8tres plus \u00e0 l\u2019ouest, pour sa prochaine comp\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteur:&nbsp;<a href=\"mailto:yves.dicristino@leregardlibre.com\">yves.dicristino@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous venez de lire un reportage tir\u00e9 de notre \u00e9dition papier (<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cpt-editions\/le-regard-libre-n95-dossier-wokisme\/\"><em>Le Regard Libre<\/em>&nbsp;N\u00b095<\/a>).<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A 21 ans, Rukundo Sala est d\u00e9j\u00e0 fortement d\u00e9positaire de l\u2019image du Rwanda \u00e0 l\u2019international. Directeur du d\u00e9veloppement aupr\u00e8s de la F\u00e9d\u00e9ration rwandaise de judo, il arpente les plus grands tournois du continent afin de voir s\u2019y hisser l\u2019\u00e9tendard de son pays.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":517661,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[194],"tags":[513,778],"class_list":["post-517660","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-sport","tag-reportage","tag-rwanda"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/517660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=517660"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/517660\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=517660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=517660"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=517660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}