{"id":513327,"date":"2022-10-30T11:58:31","date_gmt":"2022-10-30T10:58:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=513327"},"modified":"2022-10-30T11:58:31","modified_gmt":"2022-10-30T10:58:31","slug":"le-swing-engage-quand-lethique-prevaut-sur-lesthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/sport\/le-swing-engage-quand-lethique-prevaut-sur-lesthetique\/","title":{"rendered":"Le swing engag\u00e9, quand l\u2019\u00e9thique pr\u00e9vaut sur l\u2019esth\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>L\u2019irrigation des <em>greens<\/em> sur les domaines golfiques est au c\u0153ur d\u2019un vif d\u00e9bat en France et en Grande-Bretagne, sur fond de p\u00e9nuries d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9conomies d\u2019eau. Face aux vandales, les golf-clubs de toute l\u2019Europe prennent leurs pr\u00e9cautions. Ils assurent lutter, \u00e0 leur mani\u00e8re, contre le gaspillage des ressources. A Crans-sur-Sierre, en Valais, on a convoqu\u00e9 la presse un jeudi matin. Mais pour quelles annonces?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more Lire le reportage (abonn\u00e9s)-->\n\n\n\n<p>La voie en direction de Crans-sur-Sierre est, comme de nombreuses routes de montagne, particuli\u00e8rement sinueuse. Crans-sur-Sierre n\u2019est pas une localit\u00e9 \u00e0 proprement parler. Certains consid\u00e8rent le lieu comme un petit village o\u00f9 l\u2019herbe ne pourrait jamais \u00eatre plus verte ailleurs. D\u2019autres l\u2019\u00e9l\u00e8vent en institution o\u00f9 les r\u00e8gles sont claires et ne r\u00e9gissent qu\u2019au sein des d\u00e9limitations du p\u00e9rim\u00e8tre. Beaucoup le visitent pour ses attractions, d\u2019aucuns pour son silence plomb\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout le monde se distingue de quelque mani\u00e8re, dans son gant blanc en cuir de mouton Cabretta ou derri\u00e8re ses postures corset\u00e9es. La d\u00e9licatesse avec laquelle la plupart des protagonistes manipule la patte de bouttonage dit beaucoup de cette ambiance raffin\u00e9e qui s\u2019\u00e9tend le long du parcours.<\/p>\n\n\n\n<p>Au loin, on aper\u00e7oit une silhouette noire, un club brillant sous les rayons du soleil, puis un \u00e9l\u00e9gant balancier. La technique de putting s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e ma\u00eetris\u00e9e quand, malgr\u00e9 la distance, nous avons \u00e9t\u00e9 en mesure de voir la balle s\u2019approcher au plus pr\u00e8s du trou num\u00e9ro 10. C\u2019\u00e9tait un matin d\u2019ao\u00fbt, assez t\u00f4t; la pelouse s\u2019illuminait de filaments de soleil toujours plus larges et toujours plus per\u00e7ants \u00e0 travers les branches des sapins qui, bient\u00f4t, ne parviendraient plus \u00e0 maintenir l\u2019herbe \u00e0 l\u2019ombre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/golfclub_006.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/golfclub_006-1024x683.jpg\" alt=\"golf engag\u00e9\" class=\"wp-image-513342\"\/><\/a><figcaption><strong>Crans-sur-Sierre, un lieu de privil\u00e8ge o\u00f9 l\u2019herbe peut tout \u00e0 fait \u00eatre plus verte ailleurs.<\/strong> \u00a9 leMultimedia.info \/ Oreste Di Cristino [Crans-Montana]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>En maintenant le regard en direction de cette silhouette, on finit par reconna\u00eetre Pascal Schmalen, dans un habit de pi\u00e8ces fortes. Sans nous approcher de lui, nous devinons, sous son air s\u00e9rieux et son regard per\u00e7ant, une certaine tension. De nature assez calme, il sait qu\u2019\u00e0 cet instant, tout doit \u00eatre parfait. Surtout, tout doit \u00eatre pr\u00eat. En ce jeudi matin, Crans-sur-Sierre vit ses premi\u00e8res heures d\u2019effervescence; d\u00e8s 7h40 d\u00e9bute le premier tour de l\u2019Omega European Masters qui a lieu chaque ann\u00e9e, d\u00e9but septembre, depuis 1939.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Crans-sur-Sierre, un microcosme b\u00e2ti sur le roc<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Vous l\u2019aurez compris, Crans-sur-Sierre est le nom d\u2019un golf club, perch\u00e9 sur les hauteurs de Crans-Montana. Et Pascal Schmalen, du haut de ses 35 ans, en est le directeur. Il supervise ses <em>greens<\/em> et dirige l\u2019ensemble du domaine depuis avril 2015. Ce vaste terrain, d\u2019un vert toujours plus \u00e9clatant, n\u2019a jamais vraiment chang\u00e9 depuis ses plus jeunes ann\u00e9es pass\u00e9es non loin du golf-club. C\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e2ge de huit ans que son parrain lui a offert son premier club, un fer&nbsp;7. Il a commenc\u00e9 \u00e0 jouer assez rapidement sur les <em>greens<\/em> jusqu\u2019\u00e0 finir par en faire sa profession \u2013 et sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant deux ans, il se fait engager au secr\u00e9tariat du club, avant de se faire employer par un magasin de golf, en contrebas de la vall\u00e9e, \u00e0 Sierre, o\u00f9 il fait copain copain avec Alexandre, le fils de Marius Robyr. Marius Robyr est un grand connaisseur de la r\u00e9gion, dont la r\u00e9putation de Mecque du golf est aujourd\u2019hui grav\u00e9e dans le roc. L\u2019ancien commandant de la Patrouille des Glaciers vit \u00e0 Chermignon, son village natal. Le feutr\u00e9, le traditionnel et l\u2019excellence le connaissent. Toujours port\u00e9 sur le raffinement, il est encore curieux que la route menant \u00e0 Crans ne soit pas encore pav\u00e9e de granit. Bref, cet amour du pimpant qui habille certaines sph\u00e8res de la cit\u00e9 du Soleil et sa r\u00e9gion de grands crus est transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, et d\u2019un lignage \u00e0 un autre, dans cette vall\u00e9e aux tr\u00e9sors cach\u00e9s. Pascal Schmalen a appris le rite du bon go\u00fbt, notamment gr\u00e2ce aux p\u00e8re et fils Robyr.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune Schmalen n\u2019est pas issu d\u2019une famille de golfeurs. Homme de la montagne, il tanguait m\u00eame, \u00e0 son plus jeune \u00e2ge, vers le football, un sport d\u2019apparence plus rustre et populaire que le dix-huit trous. Mais le choix s\u2019est assez vite impos\u00e9; les pieds sur le gazon soigneusement trait\u00e9, il a fond\u00e9 un r\u00eave. Il a souhait\u00e9 devenir golfeur professionnel. Aujourd\u2019hui, nul doute, le jeune homme est du s\u00e9rail. Crans-Montana est devenu \u00e0 la fois son terrain de jeu et son antre de travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Crans-sur-Sierre est un lieu de rencontre et de vill\u00e9giature pour une grande partie de l\u2019\u00e9lite internationale. Lorsque Pascal Schmalen a quitt\u00e9 le domaine pendant trois saisons, pour tenter de perfectionner son jeu \u00e0 Miami, en Floride, en 2010, il ressentait vivement les appels de Crans-Montana. Il vivait alors une vie d\u2019aspirant jonch\u00e9e d\u2019emb\u00fbches, jusqu\u2019\u00e0 parvenir \u00e0 obtenir une licence de joueur professionnel en 2013. C\u2019est alors qu\u2019il a entam\u00e9 les premi\u00e8res escales de son voyage retour \u00e0 Crans, avec une envie de pr\u00e9server le golf-club de sa jeunesse dans une classe de terrain et de comp\u00e9tition d\u2019\u00e9lite. En 2015 d\u00e9j\u00e0, lorsqu\u2019il est devenu manager du club, il assurait vouloir offrir de bons <em>greens<\/em> et des parcours en bon \u00e9tat \u00e0 ses membres. Ce d\u00e9sir de qualit\u00e9, cette \u00e9thique du vert sinople n\u2019a pas chang\u00e9 depuis. Mais les standards moraux de l\u2019\u00e9poque actuelle fait ind\u00e9niablement tourner le gazon \u00e0 la V\u00e9ron\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Revoir \u00e0 la baisse les exigences d\u2019esth\u00e9tique<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Les fortes chaleurs ont forc\u00e9 Pascal Schmalen d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 brancher les syst\u00e8mes d\u2019irrigation de son golf-club sur l\u2019alternatif. Au premier jour de comp\u00e9tition de l\u2019Omega European Master, ce jeudi matin, le d\u00e9sir d\u2019un beau golf est temporairement pass\u00e9 au second plan. La raison est assez simple: selon la fa\u00eeti\u00e8re suisse, de nombreux golf-clubs du pays n\u2019ont plus le droit d\u2019arroser leurs <em>greens<\/em> par souci de r\u00e9serve, aussi parce que la plupart des clubs puisent leur eau dans les nappes phr\u00e9atiques. La gestion de l\u2019or bleu a toujours \u00e9t\u00e9 un point de bataille pour ce sport qui en est tr\u00e8s gourmand. A chaque \u00e9pisode de chaleur et de s\u00e9cheresse avanc\u00e9e, le d\u00e9bat sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019arroser les <em>greens<\/em> refait surface. Mais pour la centaine de clubs affili\u00e9s \u00e0 Swiss Golf et les plus de 100\u2019000 golfeurs en qu\u00eate de perfection que compte la Suisse, le dilemme reste entier. Esth\u00e9tique ou \u00e9thique? Et \u00e0 supposer les deux, quel dosage pour l\u2019un et pour l\u2019autre?<\/p>\n\n\n\n<p>Alors certes, au petit matin, \u00e0 l\u2019aube d\u2019un tournoi de port\u00e9e internationale sur le domaine de Crans-sur-Sierre, peu se seraient \u00e9lev\u00e9s, l\u00e0-haut dans la montagne, contre l\u2019irrigation des <em>greens<\/em>. Sur place, on assure que les arrosoirs automatiques sont \u00e0 l\u2019arr\u00eat et que les \u00e9quipes du club s\u2019activent \u00e0 hydrater les sols \u00e0 la main, et seulement aux endroits o\u00f9 cela est n\u00e9cessaire. Mais une voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve tout de m\u00eame. \u00abSi l\u2019objectif, pour nous, est d\u2019assurer la p\u00e9rennit\u00e9 des activit\u00e9s, il est \u00e9galement n\u00e9cessaire que nous prenions acte des circonstances actuelles.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/golfclub_001.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/golfclub_001-1024x683.jpg\" alt=\"golf engag\u00e9\" class=\"wp-image-513331\"\/><\/a><figcaption><strong>La gestion de l\u2019or bleu a toujours \u00e9t\u00e9 un point de bataille pour ce sport qui en est tr\u00e8s gourmand. A chaque \u00e9pisode de chaleur et de s\u00e9cheresse avanc\u00e9e, le d\u00e9bat sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019arroser les <em>greens<\/em> refait surface.<\/strong> \u00a9 leMultimedia.info \/ Oreste Di Cristino [Crans-Montana]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces mots ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s par Alicia Moulin, la responsable durabilit\u00e9 chez Swiss Golf, un poste cr\u00e9\u00e9 il y a peu au sein de la f\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique. Dans son discours, une promesse: l\u2019esth\u00e9tique des <em>greens<\/em> ne doit plus constituer une priorit\u00e9. \u00abNous avons vu, sur place et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, l\u2019\u00e9tat des <em>greens<\/em> du British Open cette ann\u00e9e. Tous n\u2019\u00e9taient pas 100% verts, certains \u00e9tant un peu jaunis. Cela doit provoquer une prise de conscience chez tout le monde. Les golfeurs doivent comprendre les enjeux. Cela devient un devoir de montrer \u00e0 une plus large audience des <em>greens<\/em> imparfaits et de dire que cette perfection ne sera plus garantie dans le futur. Il y a un changement et il faut que les membres le comprennent.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une question d\u2019\u00e9thique ou de morale?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Le discours ressemblait, m\u00eame si de fa\u00e7on un peu timide, \u00e0 une le\u00e7on de morale. Mais \u00e0 une \u00e9chelle qui pour l\u2019heure, et par la force des choses, reste encore restreinte. Les golf-clubs ont beau faire des efforts, le public l\u2019ignore presque compl\u00e8tement. Il y a cependant une raison \u00e0 cela. Les mauvaises pol\u00e9miques ayant souvent plus de port\u00e9e que la publicit\u00e9 des bons gestes, le public peu averti ne peut s\u2019emp\u00eacher de coller \u00e0 la peau des golfeurs le clich\u00e9 de bon chic bon genre, ais\u00e9 et un peu je-m\u2019en-foutiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, entre les <em>greens<\/em> surarros\u00e9s et ceux qui ne l\u2019\u00e9taient pas assez, soumis \u00e0 des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques souvent changeantes, beaucoup de joueurs amateurs ou professionnels n\u2019ont pu s\u2019emp\u00eacher de pestif\u00e9rer sur l\u2019image raffin\u00e9e des joueurs de golf. Ces critiques ont \u00e9t\u00e9 faites avec un caract\u00e8re qui confine, le plus souvent, \u00e0 celui d\u2019un mauvais perdant. Un joueur du dimanche, retrouv\u00e9 sur un forum de durabilit\u00e9, tonne: \u00abOn commence \u00e0 en avoir marre de ces joueurs qui jouent aux professionnels et qui ne sont pas capables d\u2019ajuster leur putting en fonction des conditions. Quand un joueur manque un coup, c\u2019est forc\u00e9ment \u00e0 cause du <em>green<\/em>.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En 2013, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 cause d\u2019\u00e9pisodes ravageurs de s\u00e9cheresse \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, plusieurs joueurs s\u2019\u00e9taient emport\u00e9s contre les conditions de jeu difficiles lors du premier round du British Open. Phil Mickelson, alors 43 ans et champion am\u00e9ricain de San Diego, faisait partie de ceux qui s\u2019en \u00e9taient pris \u00e0 la qualit\u00e9 du parcours de Gullane, en Ecosse. \u00abLes <em>greens<\/em> sont en train de mourir, par cons\u00e9quent les trous sont plac\u00e9s sur des bords de pente qui ne permettent pas de pratiquer du bon golf\u00bb, avait-il martel\u00e9. Si tous acceptent que les conditions changeantes de la m\u00e9t\u00e9o puissent favoriser certains joueurs, avait-il laiss\u00e9 entendre, la plupart ne sont pas d\u2019accord quand cela advient \u00e0 cause de parcours mal entretenus. Un arrosage g\u00e9n\u00e9reux \u00e9tait alors en discussion jusqu\u2019\u00e0 ce que la pluie se charge, tout naturellement, d\u2019apaiser les esprits.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/cransmontana-003.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/cransmontana-003-1024x683.jpg\" alt=\"golf engag\u00e9\" class=\"wp-image-513339\"\/><\/a><figcaption><strong>Du 25 au 28 ao\u00fbt a eu lieu l\u2019Omega European Masters \u00e0 Crans-Montana. La comp\u00e9tition a vu le jour la toute premi\u00e8re fois en 1939.<\/strong> \u00a9 leMultimedia.info \/ Oreste Di Cristino [Crans-Montana]<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une r\u00e9action qui n\u2019avait pas manqu\u00e9 de provoquer un tir de barrage de la part de certains concurrents. \u00abJe ne suis pas en train de dire que je ne me suis pas plaint ou que je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 contrari\u00e9 par le terrain, mais je ne suis pas tr\u00e8s fan des gens qui se plaignent sans cesse\u2009\u00bb, avait r\u00e9pliqu\u00e9 Mark O\u2019Meara (56 ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque), l\u2019Am\u00e9ricain natif de Southern Highlands dans le Nevada. \u00ab\u2009Il n\u2019y pas de raison, de nos jours, que la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration se complaigne des conditions de jeu. Ils sont talentueux et jouent pour beaucoup d\u2019argent.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourtant ici que l\u2019\u00e9thique entre en collision avec la morale de la fa\u00e7on la plus visible. Comprenez plut\u00f4t: le philosophe et \u00e9crivain Robert Redeker s\u00e9parait les deux notions de mani\u00e8re simple. La morale est le souci de l\u2019autre, l\u2019\u00e9thique le souci de soi. La morale est celle de tous, l\u2019\u00e9thique le code de quelques-uns ou d\u2019un seul, \u00e9crivait-il en 2016. Pendant longtemps, l\u2019\u00e9thique des golfeurs est pass\u00e9 avant la morale des autres. Aujourd\u2019hui, la tendance devrait s\u2019inverser quelque peu. \u00abQue nous soyons clairs\u2009: conserver une exigence de jouabilit\u00e9 est un crit\u00e8re indispensable pour nous, explique alors Pascal Schmalen. Il est en m\u00eame temps n\u00e9cessaire de revoir \u00e0 la baisse nos exigences en mati\u00e8re d\u2019esth\u00e9tique, qui ne rel\u00e8ve que d\u2019une sensibilit\u00e9 personnelle.\u00bb Ethique des uns, morale de tous semblent ici mieux cohabiter, tant que les paroles se joignent aux actes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un plan de durabilit\u00e9 d\u00e9voil\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La voie en direction de Crans-sur-Sierre est toujours, comme toute route de montagne, aussi sinueuse. Seulement, la plupart des pensionnaires du golf-club consid\u00e8re d\u00e9sormais le lieu comme un petit village o\u00f9 l\u2019herbe peut tout \u00e0 fait \u00eatre plus verte ailleurs. Et cela ne change pas grand-chose dans les esprits. Depuis quelques ann\u00e9es, Pascal Schmalen a entrepris plusieurs r\u00e9formes pour verdir les structures de son club. Il a, par exemple, r\u00e9nov\u00e9 tous les syst\u00e8mes d\u2019irrigation du domaine. \u00abLa quantit\u00e9 d\u2019eau utilis\u00e9e a r\u00e9duit de 35 \u00e0 40\u2009% depuis 2014, explique-t-il. M\u00eame cette ann\u00e9e, on est au-dessous des mesures habituelles.\u00bb Un travail qui a valu au club sis dans les hauteurs de Sierre d\u2019\u00eatre certifi\u00e9 par l\u2019\u00e9colabel GEO, d\u00e9livr\u00e9 par la Golf Environment Organization, reconnue internationalement. Seuls 26 parcours de golf en Suisse ont, pour l\u2019heure, re\u00e7u le pr\u00e9cieux s\u00e9same et 30 seraient encore en attente. Mais Pascal Schmalen n\u2019en a pas encore fini. Selon lui, le club a mis sur pied un plan triennal pour favoriser toujours plus la durabilit\u00e9 sur son domaine.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, au-del\u00e0 de l\u2019eau, un terrain de golf a un potentiel de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration important. Pr\u00e9sent \u00e0 la conf\u00e9rence de presse qui s\u2019est tenue dans le centre des m\u00e9dias \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019European Masters, Neil Beecroft, ancien responsable de la durabilit\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019UEFA et de l\u2019Euro 2016, explique: \u00abQuand on parle de durabilit\u00e9 et de biodiversit\u00e9, on parle aussi de renaturation, ce qui est possible pour les petits ruisseaux et les lacs sur les parcours de golf. Contrairement aux terrains de football ou aux courts de tennis, les terrains de golf peuvent se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer dans ce domaine.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cela impliquerait de cr\u00e9er des zones de compl\u00e8te revitalisation \u00e0 m\u00eame le parcours. \u00abNous pensons \u00e0 l\u2019installation de nichoirs pour pr\u00e9server la faune pr\u00e9sente sur le terrain, explique Pascal Schmalen. Il n\u2019y a pas longtemps, nous avons trouv\u00e9 des \u00e9crevisses \u00e0 pattes blanches ici m\u00eame, sur notre domaine. Nous n\u2019ignorons pas que la nature conserve ses droits \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des golfeurs.\u00bb La certification GEO qu\u2019a re\u00e7ue le Golf-Club Crans-sur-Sierre n\u2019est qu\u2019une premi\u00e8re \u00e9tape, d\u2019autres pourraient suivre ces prochaines ann\u00e9es. \u00abAujourd\u2019hui, nous avons tous nos responsabilit\u00e9s vis-\u00e0-vis de l\u2019environnement, l\u00e2che Pascal Schmalen. Notre processus d\u2019am\u00e9lioration est continu.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteur: <a href=\"mailto:yves.dicristino@leregardlibre.com\">yves.dicristino@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Image d\u2019en-t\u00eate: A l\u2019entr\u00e9e du Golf-Club Crans-sur-Sierre, on distingue, sur le domaine, des zones de traitement diversifi\u00e9 de l\u2019herbe. Une partie de cette pelouse un peu jaunie l\u2019est sans doute aussi \u00e0 cause des tribunes dispos\u00e9es quelques jours plus t\u00f4t \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Omega European Masters. \u00a9 leMultimedia.info \/ Oreste Di Cristino&nbsp; [Crans-Montana]<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019irrigation des greens sur les domaines golfiques est au c\u0153ur d\u2019un vif d\u00e9bat en France et en Grande-Bretagne, sur fond de p\u00e9nuries d\u2019\u00e9nergie et d\u2019\u00e9conomies d\u2019eau. Face aux vandales, les golf-clubs de toute l\u2019Europe prennent leurs pr\u00e9cautions. Ils assurent lutter, \u00e0 leur mani\u00e8re, contre le gaspillage des ressources. A Crans-sur-Sierre, en Valais, on a convoqu\u00e9 la presse un jeudi matin. 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