{"id":512647,"date":"2022-10-01T06:00:00","date_gmt":"2022-10-01T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=512647"},"modified":"2022-10-01T06:00:00","modified_gmt":"2022-10-01T04:00:00","slug":"du-baiser-entier-au-coeur-du-poeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/du-baiser-entier-au-coeur-du-poeme\/","title":{"rendered":"Du baiser entier au c\u0153ur du po\u00e8me\ufffc"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>A partir du baiser, voici une attention particuli\u00e8re accord\u00e9e au po\u00e8me li\u00e9 \u00e0 la chair. Il pourrait avoir trois fonctions. Il emp\u00eacherait le souvenir de mourir. Il pourrait se faire t\u00e9moin du grave et, n\u2019\u00e9tant pas commercial, il ne serait pas en mesure d\u2019\u00eatre pornographique.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more LIRE L\u2019ANALYSE (ABONN\u00c9S)-->\n\n\n\n<p>Ne me dites pas que vous n\u2019avez jamais embrass\u00e9? Rouler un patin ou fait une fricass\u00e9e de votre museau? Embrasser, en fran\u00e7ais, signifie prendre entre ses bras en serrant contre soi. Mais nous savons que c\u2019est bien plus. Que ce soit au d\u00e9tour d\u2019une rue, sur un canap\u00e9, ou n\u2019importe o\u00f9, ne me dites pas que vous n\u2019avez jamais tendu les l\u00e8vres, baissant le front vers la personne d\u00e9sir\u00e9e et qui vous d\u00e9sire, en retour de flamme. Les yeux ferm\u00e9s, la paupi\u00e8re clignotante, elle attend votre baiser comme une allumette attend le feu qui la pince. La sentez-vous? La caresse de sa main sur votre nuque et votre main sur la sienne, puis les mains brusquement sur les joues, ou ailleurs, imaginez ce que vous voulez, on croirait que le temps s\u2019arr\u00eate. Les chiens peuvent aboyer, les voitures s\u2019accidenter, les pelleteuses excaver la terre: rien n\u2019existe autour qui n\u2019ait plus d\u2019importance que votre bouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant le baiser, sous la pression des l\u00e8vres et des langues devenues piston \u00e0 double effet, les autres peuvent mourir, puisque votre c\u0153ur est en train de c\u00e9der. On pourrait qualifier cela de non-assistance \u00e0 personne en danger. Votre motif? La m\u00e9canique du plaisir. Elle fonctionnerait \u00e0 la salive, \u00e0 la sueur et au lait d\u2019amande. Mais passons. Pulsant \u00e9trangement \u00e0 cause d\u2019une puissance venue du fond de la nuit des temps, qui ne s\u2019arr\u00eatera pas demain la veille d\u2019\u00e9clairer la face de ceux qui se d\u00e9vorent, votre c\u0153ur a donc c\u00e9d\u00e9. Il s\u2019est abandonn\u00e9 \u00e0 l\u2019autre. Cette puissance, qui est l\u2019amour, j\u2019ai toujours pens\u00e9 que m\u00eame le plus beau des po\u00e8mes, c\u2019est-\u00e0-dire le moins civilis\u00e9, le plus inutile et le plus imm\u00e9diat, ne rattraperait jamais l\u2019\u00e9motion forte du baiser, pas plus qu\u2019il ne rattraperait le dernier marathonien qui court dans votre sang lors de cet instant sublime. Il en r\u00e9sulte que pour moi, l\u2019acte de vivre rendait, dans cet \u00e9tat d\u2019esprit na\u00eff, automatiquement le po\u00e8me \u00e9crit sur un tel moment intense v\u00e9cu, ici un baiser, vous l\u2019aurez compris, forc\u00e9ment inf\u00e9rieur, pour ne pas dire abject, m\u00e9prisable, exsangue, p\u00e2le copie d\u2019une exp\u00e9rience qu\u2019on relit dans le but de ressentir \u00e0 nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne croyais pas qu\u2019il \u00e9tait possible, \u00e0 partir de fragments, de po\u00e8mes r\u00e9sidus de la vie, de revivre la vie. L\u2019\u00e9tendue de mon erreur est grande. Mais l\u2019erreur est humaine. Pardonnez-moi. Maintenant que le morceau a \u00e9t\u00e9 crach\u00e9, voici en quoi le po\u00e8me, peut-\u00eatre particuli\u00e8rement le po\u00e8me li\u00e9 \u00e0 la chair et \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de nos chairs, de nos peaux, de nos bouches et de nos mains, nous sauvera du temps qui passe, prolongeant notre pr\u00e9sence sur terre de quelques pr\u00e9cieuses secondes. Les exemples sont nombreux. En ce qui concerne la main vivante, n\u2019est-ce pas Lucien Baker qui disait:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>La main de l\u2019homme n\u2019est vraiment vivante<br>Que quand elle s\u2019enfonce entre deux cuisses<br>pour y chercher un sexe<br>qui se laisse d\u00e9couvrir comme un fruit dans l\u2019herbe<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>Le po\u00e8me emp\u00eache le souvenir de mourir<\/em>. S\u2019engager corps et \u00e2me dans la lecture d\u2019un po\u00e8me qui relate une exp\u00e9rience sensible, de frottement par exemple, c\u2019est peut-\u00eatre \u00e9chapper \u00e0 la vanit\u00e9 de l\u2019existence, du moins quelques instants tactiles. En vous ramenant en arri\u00e8re, il vous arrache \u00e0 la mort. Se rappeler, c\u2019est alors ne pas mourir. Pour commencer par un exemple dramatique, engag\u00e9 dans la r\u00e9sistance, ce qui lui a co\u00fbt\u00e9 son arrestation le 22 f\u00e9vrier 1944 par la Gestapo, Robert Desnos, le proph\u00e8te et le Rimbaud du surr\u00e9alisme, qui \u00e9crivait pendant sa sieste, a gard\u00e9 contre lui un dernier po\u00e8me, comme seule arme de r\u00e9sistance. Mort du typhus le 8 juin 1945, au camp de concentration de Theresienstadt, en Tch\u00e9coslovaquie, tout juste alors lib\u00e9r\u00e9e, l\u2019histoire voudrait que les soldats l\u2019ayant trouv\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e8rent sur lui, ou de lui, son dernier po\u00e8me, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Yvonne Georges, qui semblait ressurgir de sa vie d\u2019avant l\u2019arrestation et la maladie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">LE DERNIER PO\u00c8ME<\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>J\u2019ai r\u00eav\u00e9 tellement fort de toi,<br>J\u2019ai tellement march\u00e9, tellement parl\u00e9,<br>Tellement aim\u00e9 ton ombre,<br>Qu\u2019il ne me reste plus rien de toi.<br>Il me reste d\u2019\u00eatre l\u2019ombre parmi les ombres,<br>D\u2019\u00eatre cent fois plus ombre que l\u2019ombre,<br>D\u2019\u00eatre l\u2019ombre qui viendra et reviendra<br>Dans ta vie ensoleill\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n.inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff{ background-color:#f5f5f5; padding:25px 20px; margin:25px auto; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-content { margin-top:13px;} .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff h4, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff span, .inf- main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff label, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff input, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-submit, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-success p a { color:#555555; font-size:14px; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff h4{ font-size:18px; margin:0px 0px 13px 0px; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff h4, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff label{ font-weight:bold; } .inf- main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input { margin-bottom:7px; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff label { display:block;} .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff input{ height:35px; color:#999999; border: 1px solid #E9E9E9; border:none; padding-left:7px; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input.inf-error label, .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input.inf-error span.inf-message{ color: #cc0033; } .inf- main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input.inf-error input{ border: 1px solid #cc0033; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input input { width:100%;} .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-input.inf-error span.inf-message { display: block; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-submit { text-align:right;} .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-submit input{ background-color:#777777; color:#ffffff; border:none; font-weight: normal; height:auto; padding:7px; } .inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff .inf-submit input.disabled{ opacity: 0.4; } .inf-btn { color: rgb(85, 85, 85); border: medium none; font-weight: normal; height: auto; padding: 7px; display: inline- block; background-color: white; box-shadow: 0px 1px 1px rgba(0, 0, 0, 0.24); border-radius: 2px; line-height: 1em; } .inf-rgpd { margin:25px 0px 15px 0px; color:#555555; }  <div class=\"inf-main_3000311ca56a1cb93397bc676c0b7fff\"> <h4>NEWSLETTER DU REGARD LIBRE<\/h4> <span>Recevez nos articles chaque dimanche.<\/span> <div class=\"inf-success\"> <h4>Votre inscription \u00e0 notre infolettre hebdomadaire a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9e avec succ\u00e8s !<\/h4> <p> <a href=\"\/en\/\" class=\"inf-btn\">\u00ab<\/a> <\/p> <\/div> <div class=\"inf-content\"> <div class=\"inf-input inf-input-text\">  <\/div> <div class=\"inf-submit\">  <\/div> <\/div> <\/div>\n\n\n\n<p>Capable de cristalliser aussi le non-dit et peut-\u00eatre de fixer du autrement-v\u00e9cu pour revivre diff\u00e9remment une exp\u00e9rience, le po\u00e8me, pour paraphraser Mona Ozouf, qui disait de la litt\u00e9rature qu\u2019elle a le pouvoir de d\u00e9multiplier l\u2019existence, d\u00e9multiplierait nos visions sur ce qui a \u00e9t\u00e9 un point d\u2019orgue. Mais le po\u00e8me peut aussi bien d\u2019autres choses. S\u2019il sait se faire tenace, r\u00e9sistant \u00e0 tout dans la situation de Robert Desnos, en gravant d\u2019une pierre blanche un amour face \u00e0 la guerre, la maladie et la mort, <em>le po\u00e8me peut se faire aussi t\u00e9moin du grave<\/em>, d\u00e9noncer, signaler et d\u00e9voiler l\u2019injustice, la pr\u00e9carit\u00e9 ou l\u2019\u00e9pouvantable. Pour ce qui est de d\u00e9voiler la chair, cela pourrait concerner la prostitution. Avis g\u00e9n\u00e9ral: autant du point de vue du client que de la prostitu\u00e9e. Car tirer sa crampette, nettoyer son verre de lampe ou tremper son biscuit, vous interpr\u00e9terez ces expressions comme bon vous semble, n\u2019est pas une chose qui se fait dans son coin, quoique si, mais ennuyant \u00e0 la longue, partons du postulat que cela se fait plut\u00f4t \u00e0 deux, ou \u00e0 plus. Et les po\u00e8tes l\u2019ont bien compris. De l\u2019exp\u00e9rience d\u2019aller aux putes, selon les phantasmes de chacun, il y aurait beaucoup \u00e0 dire. Beaucoup de choses ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dites. Chez Maupassant, un des phantasmes de l\u2019\u00e9poque \u00e9tait la femme virile, grosse et poilue, forte et visqueuse. Utilisant un \u00abje\u00bb qui lui va comme un gant dans 69, le narrateur disait:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Salut, grosse Putain [\u2026]<br>J\u2019aime tes gros t\u00e9tons, ton gros cul, ton gros ventre,<br>Ton nombril au milieu, noir et creux comme un antre<br>O\u00f9 s\u2019emmagasina la poussi\u00e8re des temps<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L\u00e9gions sont les exemples du point de vue du po\u00e8te. En 1919, encore mobilis\u00e9, Louis Aragon participe \u00e0 l\u2019occupation du territoire allemand. Son po\u00e8me \u00abBierstube Magie allemande\u00bb \u00e9voque cette p\u00e9riode \u00e9trange de sa vie et les bordels qu\u2019il fr\u00e9quentait en jeune soldat. De l\u00e0, le grand po\u00e8me, qui sera repris par plusieurs chanteurs, dont L\u00e9o Ferr\u00e9 et Bernard Lavillier, dans lequel il d\u00e9crit sa perdition, sa condition d\u2019homme paum\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019illusion amoureuse qu\u2019offre le bordel, mais aussi, et l\u00e0 est le plus important, comme contrepoids au moi moi moi, la condition d\u2019une prostitu\u00e9e, Lola, qui finira assassin\u00e9e par un client \u00e0 coups de couteau. Les exemples imageant ces filles de joies tristes sont nombreux. Elles passent de la muse \u00e0 la d\u00e9gueulasse en un claquement de doigts. Sans oublier la prol\u00e9taire travailleuse, fourmi de la soci\u00e9t\u00e9 nocturne, chez Baudelaire, dans le po\u00e8me \u00abCr\u00e9puscule du soir\u00bb et \u00abCr\u00e9puscule du matin\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>Les maisons \u00e7\u00e0 et l\u00e0 commen\u00e7aient \u00e0 fumer.<br>Les femmes de plaisir, la paupi\u00e8re livide,<br>Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide;<br>Les pauvresses, tra\u00eenant leurs seins maigres et froids,<br>Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Sans cette condition d\u00e9plorable, la maladie et la peine, cette pauvret\u00e9 du quotidien se rapprocherait, disons-le, peut-\u00eatre, de la fragilit\u00e9 du po\u00e8me et de son d\u00e9nuement radical. Je m\u2019explique. Un po\u00e8me n\u2019est pas \u00e9crit pour se vendre. Il n\u2019est pas mon\u00e9tisable, chiffrable, que ce soit en francs suisses ou en bitcoins. Le po\u00e8me est invendable, converti brusquement par son auteur selon un CAC 40 intime, rythm\u00e9 par le rapport de sa propre course avec l\u2019expansion du monde. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui le rend riche, d\u2019\u00eatre pauvre. Pardonnez-moi la formule facile. Et je ne parle pas de la richesse du po\u00e8me dans sa diff\u00e9rence, de l\u2019autre lexique utilis\u00e9, de l\u2019autre forme que font les mots, de l\u2019autre appr\u00e9hension de l\u2019existence qui nous change des mots standardis\u00e9s du quotidien. Quand j\u2019entends le mot \u00abpo\u00e8me\u00bb, je n\u2019ouvre pas mon carnet de ch\u00e8que. En revanche, j\u2019ouvre mon c\u0153ur, car il est la possibilit\u00e9 d\u2019une rencontre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le cadre de la chair, il peut s\u2019agir de rencontres en sueurs. Le po\u00e8me \u00e9rotique, ce sont des images qui ne sont pas commercialis\u00e9es. A l\u2019inverse de la pornographie, par exemple. Comme le disait Henri Lefebre, la pornographie est la consommation commercialis\u00e9e des signes du plaisir. <em>Le po\u00e8me n\u2019est pas commercial, en cela il ne peut \u00eatre pornographique.<\/em> Le po\u00e8me peut \u00eatre \u00e9rotique, sensuel, une preuve \u00e9crite de la facult\u00e9 de nos sens \u00e0 s\u2019entrelacer avec un autre, ou des autres. Il est dans un rapport d\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Robert Desnos disait qu\u2019il n\u2019est pas de mensonge possible en litt\u00e9rature \u00e9rotique. Exigeant peut-\u00eatre seulement de v\u00e9rit\u00e9 par la rencontre, dans notre cas du baiser, gr\u00e2ce au contact physique qui passe par le toucher et la salive, l\u2019odeur, le po\u00e8me \u00e9crit sur un baiser serait la couleur locale de nos sentiments, \u00e0 ce moment-l\u00e0. Il en serait l\u2019essence. Et cela sans th\u00e9or\u00e8me, s\u2019il vous pla\u00eet. Osons nous passer de th\u00e9orie, pour une fois. Osons embrasser sans citer \u00e0 tour de bras Platon, Saint Thomas d\u2019Aquin ou Schopenhauer, les bouches jumel\u00e9es. Osons partir du c\u0153ur entier pour aller au c\u0153ur du po\u00e8me, car \u00abil n\u2019y a pas de th\u00e9or\u00e8me du d\u00e9sir, pas plus qu\u2019il n\u2019y a de th\u00e9or\u00e8me de la saveur d\u2019une eau de montagne\u00bb, comme le dit si bien Jean-Pierre Sim\u00e9on dans son recueil ironiquement intitul\u00e9 <em>Une th\u00e9orie de l\u2019amour<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteur:&nbsp;<a href=\"mailto:arthur.billerey@leregardlibre.com\">arthur.billerey@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dit photo:&nbsp;\u00a9 Pixabay<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous venez de lire un \u00e9clairage tir\u00e9 de notre dossier th\u00e9matique&nbsp;<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/dossier-sexe\/\">\u00abLe sexe sans complexe\u00bb<\/a>, publi\u00e9 dans<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/product\/le-regard-libre-no-87-dossier-europe\/\">&nbsp;<\/a><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/product\/le-regard-libre-88-dossier-sexe\/\"><em>Le Regard Libre<\/em>&nbsp;N\u00b088<\/a>.<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER \u00abLE SEXE, SANS COMPLEXE\u00bb | A partir du baiser, voici une attention particuli\u00e8re accord\u00e9e au po\u00e8me li\u00e9 \u00e0 la chair. 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