{"id":512244,"date":"2022-09-15T10:52:15","date_gmt":"2022-09-15T08:52:15","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=512244"},"modified":"2022-09-15T10:52:15","modified_gmt":"2022-09-15T08:52:15","slug":"le-retour-roman-inedit-episode-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/le-retour-roman-inedit-episode-8\/","title":{"rendered":"\u00abLe retour\u00bb, roman in\u00e9dit, \u00e9pisode 8"},"content":{"rendered":"<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Chaque mois, <\/strong><strong><em>Le Regard Libre<\/em><\/strong><strong> publie le roman in\u00e9dit <\/strong><strong><em>Le retour<\/em><\/strong><strong> du jeune auteur suisse Elliot Mazzella, sous forme de quinze \u00e9pisodes. Retour \u00e0 la fiction en ces pages, retour \u00e0 la vieille tradition du roman-feuilleton.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La situation de Joseph au sein du village est toujours aussi instable. Apr\u00e8s sa rencontre avec Pierre dans la porcherie du village, il est laiss\u00e9 pour mort. Pierre, convaincu d\u2019avoir commis un crime fratricide, prend la fuite. C\u2019est Sim\u00e9on qui ram\u00e8ne le corps apparemment sans vie de Joseph, alors m\u00eame que la veille, il avait ordonn\u00e9 \u00e0 ses hommes de le chasser comme un animal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<!--more Lire l\u2019\u00e9pisode de roman (abonn\u00e9s)-->\n\n\n\n<p>Le corps de Joseph a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9. Sim\u00e9on l\u2019a port\u00e9, seul, jusqu\u2019au village. Lorsqu\u2019on l\u2019a vu arriver au loin, on aurait dit que c\u2019\u00e9tait son fils qu\u2019il portait dans ses bras. Les enfants ont accouru les premiers, fascin\u00e9s, sans le craindre, par le visage de la mort. Ce visage sale, couvert de terre et d\u2019excr\u00e9ments semblait dormir, apais\u00e9. Il ne souffrait plus. Sim\u00e9on leur a demand\u00e9 de partir gentiment, puis, comme les enfants ne l\u2019\u00e9coutaient pas, il a hurl\u00e9. Qu\u2019on le laisse seul! Qu\u2019on le laisse pleurer son fils!<\/p>\n\n\n\n<p>Le ciel ne se couvre pas, Dieu ne pleure pas la mort de Joseph. Il n\u2019y a que Sim\u00e9on, entour\u00e9 par les enfants et les chiens qui crient famine. Le cort\u00e8ge grossit au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il s\u2019enfonce dans le village. Les insultes et les crachats ont c\u00e9d\u00e9 leur place aux pleurs et aux cris. Ils se souviennent enfin\u2026 Oui, c\u2019est lui, c\u2019est le fils de St\u00e9phane et Lucie, c\u2019est Joseph et il est n\u00e9 ici. Il est des n\u00f4tres. Aux portes de leur humble demeure, se morfondent les infirmes, ceux qui l\u2019ont aim\u00e9 mais qui n\u2019ont pas voulu le reconna\u00eetre. L\u2019\u00e9quilibre \u00e9tait trop pr\u00e9caire pour cela. Il fallait un sacrifi\u00e9, il ne pouvait en aller autrement. Les dieux les auraient punis, leur soci\u00e9t\u00e9, si fragile, si humaine, se serait effondr\u00e9e comme un ch\u00e2teau de cartes. Tel est le prix \u00e0 payer. Pour les autres\u2026 Pour la communaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Ecartez-vous! Ecartez\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ses injonctions ne changeront rien, ses cris demeureront in\u00e9cout\u00e9s. C\u2019est le corps d\u2019un saint que la foule porte, que toutes ces mains veulent toucher. Ils gu\u00e9riront, ces l\u00e9preux, il suffit d\u2019entrer en contact avec lui, avant qu\u2019on ne l\u2019enterre\u2026 Car oui on l\u2019enterrera, dans le cimeti\u00e8re du village\u2009; il y aura des fun\u00e9railles dignes de ce nom, on le pleurera tous ensemble. Un proph\u00e8te ne peut \u00eatre compris dans son propre pays, c\u2019est pourquoi Joseph est parti. Il s\u2019est \u00e9gar\u00e9 dans le monde et \u00e0 son retour on ne l\u2019a pas reconnu. Son visage \u00e9tait m\u00e9connaissable, il \u00e9tait beau et nimb\u00e9 de fiert\u00e9. Qu\u2019ont-ils fait de lui? Ils l\u2019ont fatigu\u00e9 de vivre, battu et mis \u00e0 mort.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Sim\u00e9on arrive devant chez lui. Il est parvenu \u00e0 les repousser, tous ces charognards! Il franchit le pas de la porte et s\u2019enferme de l\u2019int\u00e9rieur. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, on crie, on hurle, on le r\u00e9clame. Une pluie de coups s\u2019abat sur sa maison.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Marie! Marie-H\u00e9l\u00e8ne! Viens m\u2019aider! Vite!\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>A deux, ils arrivent \u00e0 peine \u00e0 hisser le corps sur le palier. Le plancher craque, on a peur qu\u2019il ne c\u00e8de. Ils tra\u00eenent le corps jusque dans leur chambre. L\u00e0, ils le d\u00e9v\u00eatent respectueusement. Ils vont l\u2019embaumer pour \u00e9viter qu\u2019il ne meure une seconde fois. L\u00e0-haut, il trouvera peut-\u00eatre sa place, on le reconna\u00eetra \u00e0 sa juste valeur, on l\u2019acceptera.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Qu\u2019est-ce qui se passe dehors? Papa, mam\u2026 Non\u2026 Non! Non!!\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Ce n\u2019est pas ce que tu crois\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Tu l\u2019as tu\u00e9! Tu l\u2019as tu\u00e9!! Tu l\u2019as tu\u00e9!!! C\u2019\u00e9tait pour \u00e7a alors? Tu m\u2019as interdit de le revoir parce que tu voulais t\u2019en d\u00e9barrasser? C\u2019est \u00e7a? R\u00e9ponds-moi! R\u00e9ponds-moi\u2026 Papa, papa\u2026 dis-moi la v\u00e9rit\u00e9 maintenant!<\/p>\n\n\n\n<p>Sim\u00e9on la prend dans ses bras pour \u00e9touffer ses cris. Sa culpabilit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Il ne faut pas pleurer. Il ne faut pas pleurer dans les bras de sa fille, non. Pas pleurer, Sim\u00e9on. On est p\u00e8re, tout de m\u00eame\u2026 Elle ne doit pas t\u2019entendre, que ton c\u0153ur qui bat normalement, normalement\u2026 Enfin, tu le sais comme elle. Tout \u00e7a, c\u2019est de ta faute, n\u2019est-ce pas? Ta faute \u00e0 toi et rien qu\u2019\u00e0 toi? Parce que c\u2019est toi qui prends les d\u00e9cisions, c\u2019est toi le chef, l\u2019homme qu\u2019on \u00e9coute? Pourquoi toi? Au fond t\u2019en sais rien, foutrement rien, Sim\u00e9on\u2026 C\u2019aurait pu \u00eatre un autre, \u00e7\u2019aurait peut-\u00eatre d\u00fb\u2026 Quelqu\u2019un comme St\u00e9phane, ou comme son fils que tu as tu\u00e9\u2026 Maintenant, regarde. Tu l\u2019as, ta v\u00e9rit\u00e9 de malheur, elle est entre tes mains. Regarde!<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Laisse-moi le regarder. Une derni\u00e8re fois\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sortent.<\/p>\n\n\n\n<p>Leila reste seule avec Joseph. Comme autrefois, elle \u00e9carte ses cheveux pour mieux admirer son visage. Elle aimerait soulever ses paupi\u00e8res pour revoir ces yeux dans lesquels elle aimait tant s\u2019ab\u00eemer; oui, elle s\u2019y perdait comme dans un labyrinthe. Ils \u00e9taient les seules portes qui la s\u00e9paraient de la vie r\u00eav\u00e9e\u2026 Partir pour une destination inconnue, fouler les terres de l\u2019ailleurs, courir nus aux bords de la mer, tout cela \u00e9tait possible\u2026 il suffisait de le regarder dans les yeux sous la lumi\u00e8re du soleil d\u00e9clinant, dans un cr\u00e9puscule plein de promesses.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le vide qu\u2019il a laiss\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 combl\u00e9. Et lorsqu\u2019il revient, on lui interdit de le voir, sous pr\u00e9texte que c\u2019est un autre, qu\u2019il n\u2019est plus le Joseph que l\u2019on connaissait. Tout \u00e7a pour quoi? Pour le tuer dans l\u2019ombre, sans que leur regard se soit jamais crois\u00e9. Et maintenant c\u2019est trop tard, il ne les ouvrira plus, ses yeux plein d\u2019espoirs, de mondes encore inexplor\u00e9s qu\u2019il avait gard\u00e9s pour elle et rien que pour elle. Elle va devoir se marier avec Pierre, lui donner un fils si possible, plusieurs ce serait mieux\u2026 et si elle lui donne une fille, eh bien elle se fanera quand elle deviendra belle, Leila fl\u00e9trira quand sa fille caressera l\u2019espoir de quitter le village, de contourner les montagnes et d\u2019aller voir la mer\u2026 ou quand elle se plongera dans les yeux de son amant et qu\u2019il lui promettra ce que Joseph lui a promis \u00e0 elle, qu\u2019ensemble ils fuiront, qu\u2019il l\u2019emm\u00e8nera et qu\u2019ils ne remettront jamais les pieds dans ce trou perdu. Elle aura encore le temps de pleurer avec sa fille au coin du feu, car elles auront compris qu\u2019aucun amant ne tient ses promesses, encore le temps d\u2019\u00eatre battue par son mari ivre, car il se sera d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 de sa beaut\u00e9, et qu\u2019il lui faudra bien trouver le moyen de lui faire comprendre qui commande \u00e0 la maison. Peut-\u00eatre m\u00eame qu\u2019il la tuera sous les yeux de sa fille et qu\u2019il faudra l\u2019enterrer. Alors Leila sera jet\u00e9e dans la tombe de sa m\u00e8re qui fut celle de sa grand-m\u00e8re avant elle et celle de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re avant tout. Le temps s\u2019arr\u00eatera bient\u00f4t, et il n\u2019y aura plus d\u2019espoir. Il faudra rester l\u00e0 et pourrir, immobile sous la pluie. Il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 attendre. La boue montera et engloutira le corps de Joseph qu\u2019elle serrera de toutes ses forces car elle ne voudra pas le laisser partir. Pourtant elle sait que rien ne dure, qu\u2019il ne restera rien de son histoire, pas m\u00eame des vestiges, que tout sera oubli\u00e9, m\u00eame la nostalgie, \u00e0 la fin, Leila oubliera qu\u2019elle ne s\u2019est souvenue de rien.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Elle s\u2019enferme avec le mort. Comme autrefois, lorsque, encore timides et un peu honteux, ils se voyaient nus pour la premi\u00e8re fois. Tout devait \u00eatre parfait. Il fallait recr\u00e9er l\u2019intimit\u00e9 que le monde ext\u00e9rieur leur volait. Ils fermaient les persiennes, tiraient les rideaux, allumaient peut-\u00eatre quelques bougies. Ils se voyaient \u00e0 peine, ou si, mais pas avec les yeux. Ils se touchaient et les paysages r\u00eav\u00e9s se mat\u00e9rialisaient. L\u2019air de la mer rendait leur peau collante, ils sentaient le sel et s\u2019enfon\u00e7aient dans le sable. Au loin, les embruns effleuraient leur d\u00e9sir et leurs espoirs. Ils souhaitaient mourir apr\u00e8s l\u2019amour pour ne plus avoir \u00e0 subir les injures du monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Leila s\u2019est couch\u00e9e sur lui. Elle veut le tirer de ce sommeil \u00e9ternel, l\u2019arracher \u00e0 la mort. Elle baise ses l\u00e8vres blanches. Il ne bouge toujours pas. Elle ne d\u00e9sesp\u00e8re pas, colle son oreille contre sa poitrine, ferme les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>*<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 C\u2019est que\u2026 enfin. Tu comprends?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Est-ce que c\u2019est de ta faute? Non. Tu n\u2019y peux rien, pas plus que moi. Et puis\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 C\u2019est que j\u2019aimerais le voir encore\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Inutile. Elle a ferm\u00e9 \u00e0 cl\u00e9. Laisse-la encore un moment, Sim\u00e9on. Tu lui dois bien \u00e7a. Ce sera sa veill\u00e9e\u2026 On n\u2019a qu\u2019\u00e0 dormir dans sa chambre. Allez, viens\u2026&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Sim\u00e9on est intranquille. Le lit de sa fille est un peu \u00e9troit pour deux. Il s\u2019agite dans l\u2019ombre. Sa femme proteste en silence. Elle g\u00e9mit. Il ne trouve pas le sommeil, mais cette nuit, le sommeil le fuira.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Assez, il ne peut plus y tenir. Il se l\u00e8ve et va \u00e0 la fen\u00eatre. La lune est pleine, elle si\u00e8ge sur des nuages gorg\u00e9s de sang. Sim\u00e9on ne peut d\u00e9tourner le regard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abO\u00f9 est Pierre? Ce salaud, ce l\u00e2che! O\u00f9 est-ce qu\u2019il est all\u00e9 finir? Ah et puis\u2026 pourquoi m\u2019en faire maintenant. C\u2019est fini\u2026 fini\u2026 Pierre reviendra. Je ne me fais pas de soucis pour lui, demain il sera l\u00e0\u2026 oui\u2026 Tout est en train de rentrer dans l\u2019ordre.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Une ombre glisse sur son visage.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abJ\u2019arrive pas \u00e0 y croire. Il est mort putain\u2026 Joseph est mort\u2009! Il est mort\u2009! Calme-toi\u2009! Calme-toi Sim\u00e9on. Est-ce qu\u2019ils le savent eux au moins? Que c\u2019est bien lui? Il n\u2019y a pas d\u2019erreur possible, il n\u2019y a jamais eu d\u2019erreur\u2026 Je les mettrai au courant, ils pourront assister aux fun\u00e9railles\u2026 On fera \u00e7a proprement, dans les r\u00e8gles. Et apr\u00e8s, Sim\u00e9on, et apr\u00e8s? Apr\u00e8s, plus que des cendres, de la poussi\u00e8re! Et tout \u00e7a au ciel! Au ciel! Le vent l\u2019emportera et, et\u2026 Tout dispara\u00eetra. Mon Dieu! Tout dispara\u00eetra! Plus rien! Rien! Il ne restera rien! Tout redeviendra poussi\u00e8re, je te dis! Poussi\u00e8re! Demain d\u00e9j\u00e0\u2026 Ce sera du pass\u00e9\u2026 Je n\u2019arrive pas \u00e0 y croire! C\u2019est terrible! Ah! C\u2019est trop affreux! Mais demain, nous serons tous r\u00e9unis. Oui, tous sauf Joseph\u2026 Mais Pierre, lui, aura rappliqu\u00e9\u2026 R\u00e9unis donc, pour la tuaille. Ce sera notre mani\u00e8re de le c\u00e9l\u00e9brer\u2026 son d\u00e9part et son arriv\u00e9e d\u2019une certaine mani\u00e8re.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Marie-H\u00e9l\u00e8ne l\u2019observe du coin de l\u2019\u0153il. Elle ne veut pas lui demander de dormir, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Elle ne l\u2019a jamais vu dans cet \u00e9tat. Elle non plus, n\u2019est pas tranquille\u2026 Et savoir sa fille couch\u00e9e dans le lit d\u2019un mort ne l\u2019enchante gu\u00e8re. Ses paupi\u00e8res sont lourdes, elle se rendort.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>*<\/p>\n\n\n\n<p>Les chiens hurlent \u00e0 la lune. Le vent siffle et charrie des brindilles et de petits cailloux sur le toit de t\u00f4le. Les volets claquent. Pourtant, elle en est presque s\u00fbre\u2026 oui, elle a entendu un bruit qui ne provient pas de l\u2019ext\u00e9rieur. Un battement de c\u0153ur et pas autre chose! Voil\u00e0 ce qu\u2019elle a entendu! Il est vivant! il est vivant! Et elle le savait! Pourquoi ne leur a-t-elle rien dit? Pourquoi les a-t-elle crus? Ils voulaient le voir mort! Oui, c\u2019est ce que son p\u00e8re voulait. Mais les choses devaient se passer autrement! Leila et Joseph devaient se retrouver, ils devaient reprendre les choses l\u00e0 o\u00f9 ils les avaient laiss\u00e9es! Et les voil\u00e0, enferm\u00e9s dans un caveau! Enfin r\u00e9unis!\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre qu\u2019il n\u2019est pas insensible \u00e0 ses baisers? qu\u2019il \u00e9prouve le poids de son corps en r\u00eave? Oui, tout ce qu\u2019elle dit, il l\u2019entend. Il est simplement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la vie, derri\u00e8re une cloison de silence. Et les paroles de Leila lui arrivent sous forme de symboles, de signes. Mais demain! Ah demain! C\u2019est bon de savoir qu\u2019il existe\u2009! Demain il s\u2019\u00e9veillera et elle sera \u00e0 son chevet.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pour l\u2019instant Joseph dort. Il marche sur la route de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, dans la for\u00eat du songe.<\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>La suite, le mois prochain<\/strong><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous venez de lire<\/strong>\u00a0<strong>un \u00e9pisode paru dans<\/strong>\u00a0<em><strong><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/product\/le-regard-libre-88-dossier-sexe\/\">Le Regard Libre N\u00b0 88<\/a><\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous pouvez lire\u00a0<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/le-retour-roman-inedit-epsiode-7-15\/\">l\u2019\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent<\/a><\/strong>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La situation de Joseph au sein du village est toujours aussi instable. Apr\u00e8s sa rencontre avec Pierre dans la porcherie du village, il est laiss\u00e9 pour mort. 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C\u2019est Sim\u00e9on qui ram\u00e8ne le corps apparemment sans vie de Joseph, alors m\u00eame que la veille, il avait ordonn\u00e9 \u00e0 ses hommes de le chasser comme un animal.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":531079,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[17],"tags":[50,51,52,53,54,55],"class_list":["post-512244","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-litterature","tag-le-retour","tag-litterature-francaise","tag-litterature-francophone","tag-litterature-romande","tag-roman","tag-roman-feuilleton"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/512244","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=512244"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/512244\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/531079"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=512244"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=512244"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=512244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}