{"id":47248,"date":"2022-03-27T19:02:04","date_gmt":"2022-03-27T17:02:04","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=47248"},"modified":"2022-03-27T19:02:04","modified_gmt":"2022-03-27T17:02:04","slug":"le-voyant-detampes-un-roman-wokistador","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/litterature\/le-voyant-detampes-un-roman-wokistador\/","title":{"rendered":"\u00abLe Voyant d\u2019Etampes\u00bb, un roman wokistador"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/product\/le-regard-libre-no-83\/\">Le Regard Libre N\u00b0&nbsp;83 <\/a>\u2013 <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/quentin-perissinotto\/\">Quentin Perissinotto<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/dossier-ironie\/\">Dossier \u00abIronie\u00bb<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>R\u00e9cent laur\u00e9at du prix de Flore, <em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em> est la radiographie de la fracture entre deux g\u00e9n\u00e9rations qui ne se comprennent plus, le portrait de la d\u00e9liquescence d\u2019une \u00e9poque, incapable de se confronter \u00e0 l\u2019effritement de ses illusions et de r\u00e9pondre aux nouvelles pr\u00e9occupations antiracistes. Un sujet sensible qui se r\u00e9v\u00e9lera tr\u00e8s vite br\u00fblant lorsque l\u2019id\u00e9ologie woke se chargera de son emballement m\u00e9diatique. Une dimension soci\u00e9tale qui transportait dans mon imaginaire de lecteur son escarcelle de traquenards romanesques et de craintes litt\u00e9raires. Mais comme ce roman traite du cloutage au pilori d\u2019un auteur que l\u2019on n\u2019a pas lu, il aurait \u00e9t\u00e9 cocasse que j\u2019en fasse de m\u00eame. Alors soyons r\u00e9solument dissidents, lisons-le!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more Lire l\u2019article long format (abonn\u00e9s)-->\n\n\n\n<p>Habituellement, je d\u00e9pose des bouquins dans les bo\u00eetes \u00e0 livres sans jamais rien y trouver. Je finissais tout juste d\u2019\u00e9couter un \u00e9ni\u00e8me podcast parlant du <em>Voyant d\u2019Etampes<\/em>, fra\u00eechement aur\u00e9ol\u00e9 du prix de Flore et j\u2019\u00e9tais en train de me dire qu\u2019il me tentait de plus en plus. Alors, par le plus grand des hasards, au d\u00e9tour d\u2019une rue, je suis tomb\u00e9 nez \u00e0 nez avec ce roman qui attendait sagement dans le coin d\u2019une bo\u00eete grillag\u00e9e, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un Claude Gu\u00e9ant lors des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e. Et comme le hasard fait d\u00e9cid\u00e9ment bien les choses, je venais de terminer ma lecture en cours; je n\u2019ai donc pas patient\u00e9 bien longtemps avant de commencer <em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais si je ne m\u2019\u00e9tais pas pr\u00e9cipit\u00e9 dessus en librairie, c\u2019\u00e9tait parce que je craignais que ce roman n\u2019ait rien de romanesque et ne soit en d\u00e9finitive qu\u2019un essai d\u00e9guis\u00e9, un support de d\u00e9nonciation de la soci\u00e9t\u00e9 en caricaturant ses d\u00e9rives et en les exag\u00e9rant. Ce d\u2019autant plus que les \u00abromans du r\u00e9el\u00bb pullulent ces derni\u00e8res ann\u00e9es et ne sont bien souvent que de p\u00e2les transpositions d\u2019articles journalistiques, sans vraie saveur litt\u00e9raire. C\u2019est donc avec un peu d\u2019appr\u00e9hension mais beaucoup de curiosit\u00e9 que j\u2019ai ouvert <em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une d\u00e9rive existentielle au path\u00e9tisme touchant<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Jean Roscoff est un jeune retrait\u00e9 qui tra\u00eene d\u00e9sormais ses pantoufles sur la vie, englu\u00e9 dans un quotidien sans trop de relief et solitaire depuis qu\u2019Agn\u00e8s, son ex-femme, l\u2019a quitt\u00e9. M\u00eame s\u2019il a alors sombr\u00e9 dans l\u2019alcoolisme, il n\u2019est pas pour autant un d\u00e9pressif notoire; il est simplement et irr\u00e9m\u00e9diablement coinc\u00e9 dans la torpeur d\u2019un entre-deux apathique. Une sorte de paralysie de l\u2019ordinaire. \u00abJean Roscoff \u00e9tait Jean Roscoff, universitaire rat\u00e9 et talentueux, p\u00e8re intermittent, pi\u00e8tre amoureux, \u00e9gocentrique, alcoolique.\u00bb Le seul vertige que lui offre sa vie est celui d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9 par son temps. Jean Roscoff est un \u00eatre entier de contradictions, qui ne cesse de naviguer entre deux eaux mornes sans trouver de rivage \u00e0 atteindre: il ne se d\u00e9finit pas comme nostalgique, mais n\u2019arrive \u00e0 se r\u00e9jouir qu\u2019en se rem\u00e9morant ses banals exploits pass\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a un path\u00e9tisme touchant dans la d\u00e9rive existentielle de cet ex-soixante-huitard. Lui qui collectionne les \u00e9checs, il aimerait tenter un dernier baroud d\u2019honneur pour d\u00e9montrer \u00e0 Agn\u00e8s qu\u2019il n\u2019est pas qu\u2019un bon \u00e0 rien. Jean Roscoff se met alors en t\u00eate d\u2019\u00e9crire un livre sur Robert Willow, un jazzman am\u00e9ricain doubl\u00e9 d\u2019un po\u00e8te, exil\u00e9 en France dans les ann\u00e9es 50, convaincu que son anonymat litt\u00e9raire est une grossi\u00e8re erreur \u00e0 corriger. Se sentant comme investi d\u2019une mission, Jean Roscoff regagne aux yeux de son entourage une vitalit\u00e9 perdue depuis longtemps et accouche avec ferveur d\u2019un essai po\u00e9tique, \u00e0 l\u2019\u00e9rudition presque absconse. Contre toute attente, un \u00e9diteur accepte de le publier, dans un tirage tr\u00e8s modeste.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Aux antipodes d\u2019un roman \u00e0 th\u00e8se<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Mais voil\u00e0. Alors que sa r\u00e9ception se d\u00e9roule dans une indiff\u00e9rence quasi totale, un article de blog met le feu aux poudres en arguant que tout ce qu\u2019avance Jean Roscoff sur Robert Willow est erron\u00e9 et fallacieux, pour une raison tr\u00e8s simple: il omet sciemment de consid\u00e9rer ce po\u00e8te comme un po\u00e8te noir. Partant, Jean Roscoff n\u2019aurait aucune l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 parler de la vie de cet Afro-am\u00e9ricain! Pire, cet \u00aboubli\u00bb ferait de lui un raciste. Il n\u2019en fallait pas plus pour que tous les tribunaux m\u00e9diatiques s\u2019emparent de ce qui est devenu l\u2019affaire Roscoff et que les passions se d\u00e9cha\u00eenent. Mais plus intimement, cette affaire pose une question: peut-on \u00eatre \u00e0 la fois d\u00e9pass\u00e9 par la m\u00e9diocrit\u00e9 et par le succ\u00e8s?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abQuel est le m\u00e9canisme de la pol\u00e9mique? Elle consiste \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019adversaire en ennemi, \u00e0 le simplifier par cons\u00e9quent et \u00e0 refuser de le voir. Celui que j\u2019insulte, je ne connais plus la couleur de son regard, ni s\u2019il lui arrive de sourire et de quelle mani\u00e8re. Devenus aux trois quarts aveugles par la gr\u00e2ce de la pol\u00e9mique, nous ne vivons plus parmi des hommes, mais dans un monde de silhouettes.\u00bb <em>(Albert Camus, cit\u00e9 dans <\/em>Le Voyant d\u2019Etampes<em>)<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le premier chapitre, Abel Quentin a su faire voler en \u00e9clats mes r\u00e9ticences pr\u00e9con\u00e7ues. Au cours d\u2019un traditionnel souper dominical et d\u2019une banale conversation, on est confront\u00e9 de pleine face \u00e0 ce qui sera le principal ressort narratif de ce roman: le glissement croissant entre Jean Roscoff et la soci\u00e9t\u00e9 actuelle. On est frapp\u00e9 par ce personnage que l\u2019on sent totalement d\u00e9sorient\u00e9, qui cherche \u00e0 reprendre pied en s\u2019accrochant \u00e0 des bribes de phrases qu\u2019il rab\u00e2che visiblement depuis des ann\u00e9es. Enferm\u00e9 dans un soliloque existentiel, Jean Roscoff appara\u00eet au lecteur comme un d\u00e9litement. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait de ce roman tout le contraire d\u2019un roman \u00e0 th\u00e8se: les personnages, \u00e0 commencer \u00e9videmment par Jean Roscoff, ne sont pas les porte-drapeaux d\u2019id\u00e9ologie, mais des \u00eatres p\u00e9tris d\u2019espoirs, de peurs et de doutes.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, ces protagonistes expriment leurs id\u00e9es, mais la narration ne sert pas \u00e0 exemplifier celles-ci. Plut\u00f4t que de proposer une lecture doctrinale de la soci\u00e9t\u00e9, Abel Quentin nous met en sc\u00e8ne des probl\u00e9matiques contemporaines, mais sans jamais prendre position. Il semble nous dire: \u00abVoici ce \u00e0 quoi pourrait ressembler notre quotidien. Maintenant, faites-en ce que vous voulez.\u00bb Son \u00e9criture n\u2019est jamais accusatoire, toujours descriptive. Et c\u2019est ce qui rend le roman profond\u00e9ment int\u00e9ressant!<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abOn ne dira jamais assez le vertige de celui qui r\u00e9alise qu\u2019il n\u2019est plus dans le coup. Quelques individus de ma g\u00e9n\u00e9ration compensaient ce vertige par le fait qu\u2019ils \u00e9taient en responsabilit\u00e9. Ils avaient encore prise sur quelque chose, un travail, une tribune, un engagement associatif. Ils \u00e9taient encore, du point de vue \u00e9conomique, du point de vue du pouvoir, dans le jeu.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une incompr\u00e9hension qui ne vire pas au ricanement<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ce roman est aussi celui d\u2019un foss\u00e9 entre deux g\u00e9n\u00e9rations qui ne semblent plus se comprendre et se d\u00e9chirent, un portrait <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/forum\/dire-ok-boomer-cest-denigrer-la-personne-pas-critiquer-ses-idees\/\">\u00abOK boomer\u00bb<\/a>. Devant la nouvelle copine f\u00e9ministe intersectionnelle de sa fille, Jean Roscoff brandit tout de suite son pass\u00e9 de militant marxiste et sa participation aux luttes de mai 68; mais plus que de se sentir impressionn\u00e9e, elle va lui renvoyer \u00e0 la figure son antiracisme \u00e0 la papa. De l\u2019eau a coul\u00e9 sous les ponts depuis la marche des beurs et si Jean Roscoff a effectivement particip\u00e9 \u00e0 cette manifestation pour l\u2019\u00e9galit\u00e9, cela ne lui conf\u00e8re pas pour autant un passe-droit pour se proclamer \u00e0 vie grand d\u00e9fenseur des droits humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus les sujets s\u2019encha\u00eenent et plus Jean Roscoff appara\u00eet compl\u00e8tement hors de propos, incapable de saisir les nouvelles mouvances de ce qui \u00e9tait, semble-t-il, ses combats d\u2019hier. Les notions d\u2019appropriation culturelle, d\u2019intersectionnalit\u00e9, de <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/wokisme\/\">wokisme<\/a> et de privil\u00e8ge blanc le laisse pantois, d\u00e9contenanc\u00e9. Comme frapp\u00e9 de s\u00e9nilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais alors que le livre pourrait vite tourner au br\u00fblot et verser dans la caricature et la facilit\u00e9, Abel Quentin lui appose un contour tout \u00e0 fait passionnant: plut\u00f4t que de faire de Jean Roscoff un persifleur et de le faire ricaner d\u2019un air satisfait face \u00e0 la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, il choisit la remise en question. Notre looser patent\u00e9 s\u2019interroge sur ce qu\u2019il est devenu (est-il d\u00e9sormais vraiment un vieux r\u00e9ac\u2019?) et sur la nature de ses anciennes convictions. Et c\u2019est l\u00e0 l\u2019un des tours de force du roman que de lui donner ainsi une hauteur de vue remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p>Il aurait \u00e9t\u00e9 facile \u2013 et tentant \u2013 de se saisir de Jean Roscoff pour d\u00e9nigrer tous ces combats \u00e9mergeants, en prenant le lecteur \u00e0 t\u00e9moin, mais Abel Quentin se sort habilement de ce pi\u00e8ge. Il ne s\u00e9pare jamais les personnes en deux camps, entre bien et mal, en expliquant au lecteur quoi penser, mais le place au c\u0153ur des questionnements. M\u00eame lorsque Jean Roscoff va se faire clouer au pilori \u00e0 la suite de la parution de son retentissant essai, jamais il ne sera question de l\u2019\u00e9riger en tant que parangon contre le wokisme et comme combattant de la cancel culture. Les diff\u00e9rents groupes, m\u00e9diatiques ou politiques, tenteront forc\u00e9ment de faire de la r\u00e9cup\u00e9ration, mais Jean Roscoff se bornera \u00e0 creuser son d\u00e9chirement social en restant dans l\u2019inaction.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une mordante ironie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00abLes lois de l\u2019indignation collective \u00e9taient peu lisibles, on pouvait certes anticiper certaines r\u00e9actions, on pouvait lire des signes mais on ne manquait jamais d\u2019\u00eatre surpris, les coups ne venaient pas du lieu exact d\u2019o\u00f9 on les attendait.\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Bien que cet antih\u00e9ros ait des airs de personnage houellebecquien, le rapprochement entre les deux auteurs s\u2019arr\u00eate l\u00e0. L\u00e0 o\u00f9 il y a une forme de contestation et de critique assum\u00e9e chez Michel Houellebecq, il n\u2019y a chez Abel Quentin qu\u2019une ironie mordante \u2013 quant au reste, c\u2019est au lecteur de se faire son avis. Mais si <em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em> est un roman dense, intelligent et qui brasse beaucoup de th\u00e9matiques, il y a encore une chose pr\u00e9pond\u00e9rante \u00e0 pr\u00e9ciser: quel plaisir de lecture! Cela peut sembler trivial de le dire, cependant combien de livres int\u00e9ressants se r\u00e9v\u00e8lent finalement confus, voire herm\u00e9tiques? Rien de tout cela ici, <em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em> est port\u00e9 par un souffle romanesque saisissant et l\u2019\u00e9criture incisive rend l\u2019ensemble jubilatoire! Le ton tr\u00e8s caustique d\u2019Abel Quentin, sans jamais \u00eatre ni sup\u00e9rieur ni suffisant, fait souvent rire aux \u00e9clats.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A lire aussi | <a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/cinema\/rire-au-cinema-encore-un-acte-contestataire\/\">Rire au cin\u00e9ma: encore un acte contestataire?<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Roman ing\u00e9nieux qui plonge le lecteur tout entier dans les questionnements de son temps et le met face \u00e0 ses contradictions, <em>Le Voyant d\u2019Etampes <\/em>\u00e9vite astucieusement tous les pi\u00e8ges qui auraient pu le transformer en livre dont les journalistes se servent pour r\u00e9gler des comptes et \u00e9tayer leur id\u00e9ologie. Apr\u00e8s la lecture de ce livre, on peut affirmer sans sourciller qu\u2019Abel Quentin a r\u00e9ussi le pari de composer un roman soci\u00e9tal sans verser dans la sociologie de comptoir. Un roman qui \u00e9reinte les derni\u00e8res illusions pour glisser vers un d\u00e9senchantement conscient, un roman plein de vitalit\u00e9 qui traite pourtant de d\u00e9r\u00e9liction, un roman moderne sans forcer le trait, un roman avec du suspens et une r\u00e9v\u00e9lation finale inattendue, en somme un roman qu\u2019on lit avec bonheur, un sourire gris\u00e9 de malice au coin des l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais surtout, ce roman a le m\u00e9rite de clamer haut et fort ce que je m\u2019\u00e9chine \u00e0 dire depuis plus de vingt ans: Quentin est un pur g\u00e9nie.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteur: <a href=\"mailto:quentin.perisssinotto@leregardlibre.com\">quentin.perisssinotto@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:32% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Le-Voyant-dEtampes.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-47253 size-full\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><strong>Abel Quentin<\/strong><br><strong><em>Le Voyant d\u2019Etampes<\/em><\/strong><br><strong>Editions de l\u2019Observatoire<\/strong><br><strong>2021<\/strong><br><strong>384 pages<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link\" href=\"https:\/\/www.payot.ch\/Dynamics\/Detail?ean=9791032909294\">Commander le livre<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DOSSIER IRONIE, Quentin Perissinotto | \u00abR\u00e9cent laur\u00e9at du prix de Flore, \u00ab\u00a0Le Voyant d\u2019Etampes\u00a0\u00bb est la radiographie de la fracture entre deux g\u00e9n\u00e9rations qui ne se comprennent plus, le portrait de la d\u00e9liquescence d\u2019une \u00e9poque, incapable de se confronter \u00e0 l\u2019effritement de ses illusions et de r\u00e9pondre aux nouvelles pr\u00e9occupations antiracistes. Un sujet sensible qui se r\u00e9v\u00e9lera tr\u00e8s vite br\u00fblant lorsque l\u2019id\u00e9ologie woke se chargera de son emballement m\u00e9diatique. Une dimension soci\u00e9tale qui transportait dans mon imaginaire de lecteur son escarcelle de traquenards romanesques et de craintes litt\u00e9raires. Mais comme ce roman traite du cloutage au pilori d\u2019un auteur que l\u2019on n\u2019a pas lu, il aurait \u00e9t\u00e9 cocasse que j\u2019en fasse de m\u00eame. 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