{"id":45258,"date":"2022-01-28T06:00:00","date_gmt":"2022-01-28T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leregardlibre.com\/?p=45258"},"modified":"2022-01-28T06:00:00","modified_gmt":"2022-01-28T05:00:00","slug":"goya-ou-la-morale-dune-darne-de-saumon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/arts-visuels\/goya-ou-la-morale-dune-darne-de-saumon\/","title":{"rendered":"Goya ou la morale d\u2019une darne de saumon"},"content":{"rendered":"<p><em><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/product\/le-regard-libre-no-81\/\">Le Regard Libre N\u00b0 81<\/a> <\/em>\u2013 <em><a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/vinciane-vuilleumier\/\">Vinciane V<em>uilleumier<\/em><\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9rie\u00a0<a href=\"https:\/\/leregardlibre.sandbox-novadev.ch\/en\/tag\/hors-cadre\/\">\u00abHors cadre\u00bb<\/a>, \u00e9pisode 11<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\"><strong>Chaque mois, l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>artiste peintre Vinciane Vuilleumier explore la th\u00e9matique de notre rapport aux images et aux espaces de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>art. Que se passe-t-il en nous quand nous rencontrons un objet esth\u00e9tique? Comment comprendre cette relation qui a tout de l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>idylle secr<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>te quand elle est sinc<\/strong><strong>\u00e8<\/strong><strong>re? Adieu, p\u00e9danterie et institutionnalisme des mus\u00e9es. Bienvenue dans une folle s\u00e9rie qui donne un autre sens au titre de votre magazine, <em>Le Regard Libre<\/em>.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<!--more Lire la chronique (Abonn\u00e9s)-->\n\n\n\n<p>Octobre 2021, conf\u00e9rence de presse \u00e0 la Fondation Beyeler. La nouvelle exposition attire du monde: c\u2019est l\u2019une des trois figures du triumvirat des ma\u00eetres espagnols qui peuple les murs pour les mois \u00e0 venir \u2013 Goya, rien que \u00e7a. Quelque temps avant, c\u2019\u00e9tait <em>Close Up<\/em> qu\u2019on pr\u00e9sentait, et je m\u2019amuse un peu de la diff\u00e9rence de f\u00e9brilit\u00e9 qui anime la salle pleine de journalistes venus des quatre coins de l\u2019Europe. Le nombre d\u2019\u0153uvres expos\u00e9es est important, des huiles, des dessins, des estampes&nbsp;\u2013 toute sa production est repr\u00e9sent\u00e9e dans cette r\u00e9trospective attendue avec impatience, la situation sanitaire ayant fait peser des mois durant son \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s sur la r\u00e9alisation du projet.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"goya-et-ses-estampes\"><strong>Goya et ses estampes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Je me h\u00e2te d\u2019une salle \u00e0 l\u2019autre, la conf\u00e9rence d\u00e9bute bient\u00f4t. Un regard sur un portrait, ici une sc\u00e8ne religieuse, les <em>Majas<\/em> bien s\u00fbr accrochent mon regard, mais je me presse. Les dessins et les estampes, voil\u00e0 qui me retient plus longtemps \u2013 d\u00e9formation d\u2019une amatrice de lignes, dira-t-on \u2013 je prends ma place dans la lente file silencieuse qui se penche au plus pr\u00e8s des feuilles dans un instant suspendu \u2013 et puis la politesse nous pousse en avant, vers la feuille suivante. Et l\u00e0, soudain, voil\u00e0 que son estampe iconique me saute au visage, et je retiens de justesse le petit cri excit\u00e9 de l\u2019\u00e9tudiante en histoire de l\u2019art qui reconna\u00eet l\u2019original de ces si nombreuses reproductions rencontr\u00e9es au fil des lectures: le <em>Capricho<\/em> n\u00b0 43 \u2013 <em>El sue\u00f1o de la raz\u00f3<\/em><em>n produce monstruos<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Interpre\u0301tation-libre-du-Capricho-43-de-Goya-\u00a9-Vinciane-Vuilleumier-pour-Le-Regard-Libre.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-45335\"\/><figcaption><br><strong>Interpr\u00e9tation libre du <em>Capricho<\/em> 43 de Goya <\/strong>\u00a9 Vinciane Vuilleumier pour <em>Le Regard Libre<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas la seule \u00e0 conna\u00eetre Goya avant tout par ses estampes, parce que c\u2019est l\u2019histoire m\u00eame de sa r\u00e9ception. A Paris dans les c\u00e9nacles romantiques au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, ce sont les <em>Caprichos<\/em> et les <em>Desastres de la guerra<\/em> qui passent de main en main: bonheur de l\u2019estampe, bien s\u00fbr, qui diffuse l\u2019imaginaire bien plus vite et bien plus loin que les toiles \u00e0 l\u2019huile. Ses portraits d\u2019aristocrates et ses sc\u00e8nes religieuses, on les d\u00e9couvrira bien plus tard \u2013 alors d\u00e8s le d\u00e9but, c\u2019est sa fantasmagorie, son imaginaire sombre et percutant, ses monstres, ses sorci\u00e8res, toute la brutalit\u00e9 de la nature humaine qu\u2019on attache \u00e0 son nom. Le XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle joindra \u00e0 l\u2019\u0153uvre grav\u00e9 l\u2019\u0153uvre peint, et les critiques du d\u00e9but du si\u00e8cle en feront \u00able proph\u00e8te des modernes\u00bb et le \u00abpremier surr\u00e9aliste\u00bb \u2013 Goya continue aujourd\u2019hui \u00e0 nourrir les plaisirs de la r\u00e9ception anhistorique de sa production. Il est l\u2019artiste-pivot, dernier grand peintre de cour et pr\u00e9curseur de la libert\u00e9 artistique qu\u2019affectionneront les Modernes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"coup-de-coeur-au-bord-des-yeux\"><strong>Coup de c\u0153ur au bord des yeux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Un coup d\u2019\u0153il \u00e0 ma montre, le temps presse vraiment. Je traverse \u00e0 grand pas les salles pleines de ses coups de pinceaux, je m\u2019\u00e9lance vers l\u2019escalier qui descend au sous-sol o\u00f9 la conf\u00e9rence m\u2019attend, et en plein vol, c\u2019est le coup de foudre. Il n\u2019a fallu qu\u2019un demi-regard, m\u00eame moins, pour me couper les jambes et me faire approcher, docile et captive. Je pense aux mots si juste de Daniel Arasse: \u00abJ\u2019ai constat\u00e9 que la venue de l\u2019\u00e9motion pouvait se produire de deux fa\u00e7ons diff\u00e9rentes. Premi\u00e8rement, le choc, la surprise, l\u2019\u00e9motion pure qui ne se verbalise pas. Par exemple, ce qui m\u2019a boulevers\u00e9, dans l\u2019esquisse pour <em>La Danse<\/em> de Matisse, c\u2019\u00e9tait ce bleu, ce bleu-l\u00e0. Cette tonalit\u00e9 de bleu invent\u00e9e par Matisse m\u2019a boulevers\u00e9 au point que \u00e7a m\u2019a fait monter les larmes aux yeux et que j\u2019ai quitt\u00e9 la salle imm\u00e9diatement et ne suis pas revenu, car on ne pleure pas en public devant un tableau. (\u2026) C\u2019est donc le premier type d\u2019\u00e9motion que peut procurer la peinture, une surprise qui, en ce qui me concerne, est un choc visuel coloriste. C\u2019est le coloris qui me touche et m\u2019appelle.\u00bb (<em>Histoires de peintures<\/em>, 2004)<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a les couleurs, c\u2019est s\u00fbr, mais chez moi, apr\u00e8s des ann\u00e9es \u00e0 c\u00f4toyer les images, je me rends compte que l\u2019\u00e9motion la plus profonde est celle que me procurent les clairs-obscurs \u2013 les jeux de lumi\u00e8re de la peinture, port\u00e9s \u00e0 leur paroxysme, l\u2019\u00e9clat des extr\u00eames emport\u00e9s par la danse du pinceau, ces transitions abruptes o\u00f9 toute la profondeur sensible de la vie, sa violence m\u00eame, se d\u00e9nude et s\u2019offre au regard\u2026 Vivre le mouvement ineffable que font na\u00eetre ces m\u00e9ditations silencieuses sur la vie et la mort, la fragilit\u00e9 de l\u2019\u00eatre; vivre cette \u00e9motion dans le contraste exacerb\u00e9 des valeurs, quelle profondeur de l\u2019art, n\u2019est-ce pas? Alors oui, il a suffi d\u2019un regard \u00e0 peine amorc\u00e9, du flou vague d\u2019une p\u00e9riph\u00e9rie de l\u2019\u0153il, pour que mon \u00e2me soit captur\u00e9e \u2013 le choc provoqu\u00e9 par les <em>Steaks de saumon<\/em> me laisse encore aujourd\u2019hui tremblante, et il est l\u00e0, toujours l\u00e0 comme une onde de choc que le temps n\u2019a cess\u00e9 de nourrir, quand j\u2019ouvre le pesant catalogue et que je me perds encore et encore dans la reproduction.<\/p>\n\n\n\n<p>Oskar Reinhart, le grand collectionneur de Winterthur, acquiert l\u2019\u0153uvre en 1937 aupr\u00e8s du galeriste parisien Paul Rosenberg \u2013 c\u2019est le premier d\u2019ailleurs \u00e0 collectionner l\u2019artiste espagnol dans un contexte suisse o\u00f9 la tradition est de remplir les mus\u00e9es avec les Ma\u00eetres anciens. Les jambes encore f\u00e9briles, la t\u00eate toute pleine de l\u2019intensit\u00e9 de cette rencontre, je ne m\u2019\u00e9tonne gu\u00e8re que, durant la conf\u00e9rence, l\u2019\u0153uvre soit mentionn\u00e9e par le directeur comme un chef-d\u2019\u0153uvre et le visage de Goya en Suisse. La premi\u00e8re exposition de l\u2019artiste sur notre territoire, d\u2019ailleurs, est mont\u00e9e par la <em>Kunsthalle<\/em> de B\u00e2le en 1953, et presque 70 ans plus tard, \u00e0 la question d\u2019un journaliste, Martin Schwander r\u00e9pond&nbsp;qu\u2019il esp\u00e8re bien que la nouvelle r\u00e9trospective de Beyeler permettra au public suisse d\u2019approfondir sa connaissance de ce peintre devenu canonique tardivement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"conflit-d-interpretations-la-morale-des-natures-mortes\"><strong>Conflit d<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>interpr\u00e9tations: la morale des natures mortes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ma relation avec les <em>Steaks de saumon<\/em> ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0 \u2013 ce sera la premi\u00e8re nature morte qui me travaillera autant. De retour chez moi, je suis curieuse de voir ce qu\u2019en disent les historiens de l\u2019art, et j\u2019ouvre le catalogue sur l\u2019article d\u00e9di\u00e9 d\u2019un sp\u00e9cialiste des natures mortes espagnoles. Ah oui, le conflit des interpr\u00e9tations, c\u2019est ce qui fait tout le sel de la discipline! Chaque paragraphe m\u2019arrache un sourire incertain, je passe fr\u00e9n\u00e9tiquement des reproductions au texte, je cherche \u00e0 lire dans l\u2019image ce que projette l\u2019auteur, je cherche fr\u00e9n\u00e9tiquement m\u00eame, j\u2019en perds le sourire, j\u2019arr\u00eate la lecture, je reprends\u2026 Ce doit \u00eatre le manque d\u2019assurance de l\u2019\u00e9tudiante devant le texte d\u2019un historien \u00e9tabli, j\u2019essaie d\u2019abord de me laisser convaincre mais non, le rejet est trop fort.<\/p>\n\n\n\n<p>Les <em>Steaks de saumon<\/em> font partie d\u2019une s\u00e9rie de natures mortes r\u00e9alis\u00e9es par Goya entre 1808 et 1812, dans le contexte politique violent et tourment\u00e9 des guerres napol\u00e9oniennes (1808-1814). L\u2019auteur y lit, en substance, la culpabilit\u00e9 du peintre devant la n\u00e9cessit\u00e9 humaine de tuer pour manger \u2013 on pourra en fait lire dans son interpr\u00e9tation les revendications tr\u00e8s contemporaines du v\u00e9ganisme. La lecture que propose l\u2019auteur d\u00e9ploie dans un vocabulaire exalt\u00e9 tous les tourments nihilistes que contiendraient les \u0153uvres et la vision du peintre: je ne suis pas contre les interpr\u00e9tations libres, tant qu\u2019elles s\u2019annoncent comme telles. Une dizaine de pages plus t\u00f4t, un autre contributeur avait d\u2019ailleurs cette formule g\u00e9niale: Goya est un peintre <em>happily despairing<\/em> \u2013 le mot de la fin fondamentalement insaisissable dans l\u2019ambivalence de ses images.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/leregardlibre.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Copie-dapre\u0300s-les-Salmon-Steaks-de-Goya-\u00a9-Vinciane-Vuilleumier-pour-Le-Regard-Libre.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-45337\"\/><figcaption><br><strong>Copie d\u2019apr\u00e8s les <em>Salmon Steaks<\/em> de Goya <\/strong>\u00a9 Vinciane Vuilleumier pour <em>Le Regard Libre<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00abAfter studying Goya\u2019s <em>Salmon Steaks<\/em>, it is difficult to see any meaning in life. Goya\u2019s interpretation of human existence leads to despair and the extinction of hope.\u00bb (Catalogue Goya, p. 251) La lecture est si extr\u00eame qu\u2019elle me fait froid dans le dos, et il est un point qui me laisse perplexe: l\u2019auteur raconte que Goya \u00e9tait un grand fervent de chasse, et qu\u2019il vantait ses prises dans les lettres \u00e0 ses amis. Pour expliquer le renversement dans l\u2019esprit de Goya, d\u2019un grand chasseur \u00e0 un homme battu par les remords devant la cruaut\u00e9 faite aux animaux, l\u2019auteur mentionne simplement les 30 ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es entre les lettres cit\u00e9es et la s\u00e9rie des natures mortes \u2013 est-ce un v\u00e9ritable argument?<\/p>\n\n\n\n<p>Je refuse la projection d\u2019un souci tr\u00e8s contemporain, mais je reconnais le lien tr\u00e8s fort que les natures mortes peuvent entretenir avec le contexte politique: en regardant la s\u00e9rie d\u2019estampes <em>Les d\u00e9sastres de la guerre<\/em>, on ne s\u2019\u00e9tonne pas de reconna\u00eetre une parent\u00e9 indubitable entre les cadavres entass\u00e9s, seraient-ils humains ou animaux. La m\u00e9taphore cyn\u00e9g\u00e9tique des massacres humains dont Goya est t\u00e9moin est une lecture assur\u00e9e, et ces fonds sombres sur lesquels se d\u00e9tachent les cadavres bruts ou les corps d\u00e9pec\u00e9s participent d\u00e9cid\u00e9ment \u00e0 cr\u00e9er une atmosph\u00e8re inqui\u00e9tante, o\u00f9 la mort et le sang tiennent le devant de la sc\u00e8ne. Le malaise, voil\u00e0 ce que ces tableaux cherchent \u00e0 susciter\u2026 Oserai-je cependant me rem\u00e9morer cette premi\u00e8re rencontre, o\u00f9 ni le sang, ni la mort, ni l\u2019inqui\u00e9tante p\u00e9nombre ne faisaient pour moi partie du tableau?<\/p>\n\n\n\n<p>Innocente, je voyais ces couleurs vibrantes, ce contraste profond, les charmes simples d\u2019un sujet rendu par la touche d\u2019un ma\u00eetre \u2013 et la lecture d\u2019un sp\u00e9cialiste n\u2019a rien terni \u00e0 la beaut\u00e9 silencieuse que j\u2019ai trouv\u00e9e dans ce dialogue avec l\u2019\u0153uvre. Le conflit des interpr\u00e9tations, en voil\u00e0 un sujet qui m\u00e9rite discussion. Le seul conseil qu\u2019on pourrait donner, c\u2019est de toujours se laisser le temps avant d\u2019\u00e9couter les autres \u2013 il n\u2019y a que les historiens qui doivent jurer parfaite fid\u00e9lit\u00e9, pour tous les autres regardeurs, comme disait Duchamp, il s\u2019agit de <em>faire le tableau<\/em>. Ceux qui honorent la nourriture que nous offre la Terre, s\u00fbrement, verront dans ces natures mortes \u00e9nigmatiques les gr\u00e2ces rendues \u00e0 Dieu\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ecrire \u00e0 l\u2019auteure: <em><a href=\"mailto:vinciane.vuilleumier@leregardlibre.com\">vinciane.vuilleumier@leregardlibre.com<\/a><\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9dit photo: \u00a9 Alban Gilbert<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Regard Libre N\u00b0 81 \u2013 Vinciane Vuilleumier S\u00e9rie\u00a0\u00abHors cadre\u00bb, \u00e9pisode 11 Chaque mois, l\u2019artiste peintre Vinciane Vuilleumier explore la th\u00e9matique de notre rapport aux images et aux espaces de l\u2019art. 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